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Amitié judéo-chrétienne

Du 12 au 17 juillet 2016, juifs et chrétiens, jeunes et moins jeunes, se sont retrouvés à Paray pour une session de rencontre et de dialogue sur le thème de la miséricorde.
Mgr Rivière évoque cet événement

Interviews

MCEFgr Benoît Rivière, évêque d’Autun, Chalon et Mâcon, évoque sa joie d’être à la tête d’un diocèse fier de son passé et confiant dans l’avenir.

Interview mise en ligne sur le site de la Conférence des évêques de France

 


Le nouvel élan missionnaire de l’Eglise
Monseigneur Rivière évoque l’anniversaire du texte conciliaire « Ad Gentes »


A l’invitation de l’association « Foi et Culture », Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, a donné le 8 mars 2016 à l’évêché une conférence sur le thème « un nouvel élan missionnaire, comment ouvrir une porte à la foi dans un monde qui bouge ? » il a développé cet élan en évoquant« Ad Gentes », l’un des grands textes du Concile Vatican II sur ce sujet, 50 ans après sa promulgation.


Comment décririez-vous ce nouvel élan missionnaire donné par le Concile Vatican II ?
Nos schémas de pensée sont souvent ceux d’une économie de marché, mais l’Eglise n’est pas une entreprise ordinaire qui chercherait à gagner des parts de marché, en augmentant le nombre de paroisses dans le monde. Les Pères du Concile ont voulu se dire à eux-mêmes et à ceux qui les entendraient que la joie de l’expérience chrétienne pousse toujours au loin pour servir les autres avec l’élan qui est celui de Jésus lui-même. Cet élan n’impose rien. Il est comme la diffusion d’amour qui sauve vraiment de la mort. C’est une expérience approfondie de la foi qui pousse à l’annoncer par sympathie avec tous les hommes.

50 ans après, cet élan est-il toujours d’actualité ?
Oui, bien sûr. Je dirai qu’il y a un double élan. Un élan intérieur à l’Eglise qui s’est manifesté par le renouveau de la prière, par des initiatives communautaires à grande échelle, par l’appel de nombreux laïcs à se former davantage. Et un élan très beau pour que l’Evangile, dans les cultures variées de la terre, ne soit pas plaqué mais inculturé. De jeunes Eglises très vivantes ont pu se déployer grâce au Concile, comme en Corée du sud, et dans des pays d’Afrique ou d’Amérique du sud.

Le pape François parle pour l’Eglise d’un « état permanent de mission ». Qu’est-ce que cela signifie ?
Le Pape parle souvent d’une Eglise qui se risque en campagne et sort continuellement parce qu’Elle est saisie par l’amour. Elle se rend accessible pour guérir, panser les plaies visibles et invisibles de tant de nos frères humains. Il la voit comme un hôpital de campagne qui va en priorité vers les grands blessés de la vie.


Propos recueillis par Anne Jacquemot



Session des prêtres - Paray le Monial - Octobre 2015

Durant la session de formation à Paray, 170 prêtres heureux de vivre ensemble la charité pastorale

« Ce que je retiendrai de cette session, c’est ce trésor de l’Amour de Dieu vers ce monde, porté par des hommes conscients de leur fragilité ».
C’est ainsi que le Père André Guimet résume trois jours d’intense travail au côté de ses frères prêtres.

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Messages

Message de Carême du Conseil Permanent CEF
de la Conférence des Évêques de France

"Grandir dans la vérité,
grandir dans l'espérance''


Chers frères et sœurs baptisés, fidèles de l’Église catholique présente en France,

Réunis comme tous les mois, évêques membres du Conseil permanent, nous souhaitons vous adresser un message au début de ce temps de carême qui est un temps de conversion. Le jour du mercredi des Cendres, en nous marquant le célébrant nous a dit : « Convertis-toi et crois à l’Évangile. »

Nous sommes, ensemble, très affectés et troublés par les révélations faites au sujet des actes parfois criminels commis par ministres ordonnés ou des consacrés sur des mineurs ou même des adultes dans l’Église universelle et chez nous aussi. Ces comportements immoraux nous scandalisent et atteignent notre confiance dans l’Église, dans ceux et celles qui pourtant ont consacré leur vie à Dieu. Des personnes victimes, souvent membres de nos communautés, ont révélé ce qu’elles ont subi et leur profonde blessure qu’elle soit psychologique, spirituelle ou corporelle. Nous les remercions d’avoir osé parler. Grâce à leur témoignage, une profonde prise de conscience s’est réalisée. Une grande opération-vérité s’est ouverte. Dans notre foi, la parole du Christ « La vérité vous rendra libres » (Jn 8,32) est à l’œuvre. C’est douloureux car le mal est profond. Avec le Pape François, nous disons qu’il s’agit d’abus de pouvoir, de conscience et d’abus sexuels.

Nous savions que l’Église est sainte de la sainteté de Dieu, mais qu’en elle se trouvent aussi des hommes et des femmes pécheurs, appelés pourtant par Dieu à être cette communauté qui, dans le temps de l’histoire, porte l’espérance des hommes et rend témoignage à sa bonté. Il est à l’origine de toute vie et par son Fils Jésus Il nous sauve du mensonge de nos vies et nous libère du poids du péché, de celui de la violence faite aux autres. Nous avons confiance en Lui et en son Église.

La fête de l’appel des catéchumènes, ce premier dimanche de carême, nous a fait vivre la fécondité de l’Église. Elle a accompagné l’œuvre de l’Esprit dans le cœur d’hommes et de femmes qui ont reconnu sa présence et se sont tournés vers elle pour être accompagnés dans leur expérience nouvelle. Les communautés chrétiennes les ont accueillis et guidés. De nombreux prêtres, des diacres, des consacrés, des fidèles laïcs leur ont donné le meilleur d’eux-mêmes, c’est-à-dire la Parole de Dieu, le témoignage sur Jésus, la vie en communauté, le souci des petits et des pauvres et encore la manière de trouver Dieu dans la prière du cœur et dans l’assemblée chrétienne !

Le message de Pâques déjà nous éclaire : « Ne craignez pas, c’est moi. La Paix soit avec vous ! ». Nous ne sommes pas abandonnés, nous sommes purifiés. Nous sommes remis devant notre vocation de baptisés !

Poursuivons notre mission de porteurs d’espérance. Nous allons continuer notre effort de conversion dans les domaines où certains ont péché. Nous allons poursuivre notre écoute des personnes victimes et travailler avec elles. Nous aurons besoin de chacun pour être des acteurs de vérité, pour apporter ses compétences pour rendre notre Église plus sainte dans la vie de tous ses membres et dans sa manière de vivre.

Oui, chers Frères et Sœurs, le Seigneur nous aime. Il nous renouvelle dans notre mission de baptisés. Entendons son appel : « Vous donc vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5, 48).

Bon Carême, bonne montée vers Pâques à la suite du Christ-Sauveur.


Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Mgr Michel AUPETIT, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre BATUT, Évêque de Blois
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise
Mgr Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun
Mgr Pascal WINTZER, Archevêque de Poitiers




Autun, le 27 mars 2018

Message de Pâques aux habitants de Saône-et-Loireeveque 2018 01 600px

A Pâques, Dieu dépasse nos peurs

Le premier dimanche d’avril est, pour les chrétiens, la grande fête de Pâques. C’est la fête de la vie qui triomphe de la mort. C’est la fête de l’amour qui s’offre librement et gratuitement à tous. Au matin de ce lumineux dimanche, les chrétiens affirment dans la joie que le Christ qui dormait dans son tombeau après sa crucifixion se réveille, se lève et sort inaugurer un monde nouveau !

En Jésus, la mort vaincue donne un sens à la vie. A Dieu, il est possible de dire à la fois ses désirs et ses souffrances. Nous croyons que Dieu peut faire toute chose nouvelle, qu’il peut transformer une existence. Avec Lui, aucune crainte ne peut avoir le dernier mot, même si les circonstances visibles montrent le contraire. Dieu dépasse nos peurs.

De belles figures de la foi sont pour nous de véritables modèles de vie consacrée à l’amour. Je pense plus particulièrement, après ce récent attentat dans le sud de la France, à celle du père Maximilien Kolbe. C’est un « modèle d’amour et de solidarité pour le monde d’aujourd’hui », rappelait le pape Saint Jean Paul II. Pourquoi ? Parce que Maximilien, par le don de sa vie, montre jusqu’où peut aller l’amour fraternel et l’esprit de solidarité.

Le geste de cet homme, décidé et accompli en quelques secondes, n’est cependant pas spontané. Il intervient après un chemin personnel qui le dépasse et l’invite à embrasser la cause de l’autre comme la sienne. Maximilien Kolbe reste un phare pour notre temps difficile, comme le Christ est notre roc d’espérance par tous les temps.

A chacun en Saône-et-Loire, je pose ces questions : quelle sera la porte qui vous fera entrevoir un avenir, une espérance, un peu d’affection partagée ? Notre urgence du quotidien n’est-elle pas celle de l’amour, du dialogue et de la vérité confiante ?

En ce jour de Pâques, toujours nouveau et sans cesse renouvelé, les catholiques prient pour que chaque femme et chaque homme soient transformés par l’espérance.

Bonne fête de Pâques, par la joie de Jésus le Christ ressuscité !

+ Benoît Rivière
Evêque d’Autun, Chalon et Mâcon



MESSAGE DE MGR RIVIERE AUX JEUNES 2018 image5


Le pape François vient d’envoyer une très belle lettre aux jeunes du monde entier(*). Je vous encourage à la lire. Elle aborde de front une réalité humaine, celle de nos peurs. Quelles peurs nous habitent ? Qu’est-ce qui nous préoccupe le plus ?

En ces jours de préparation à Pâques, j’aime penser à une jeune fille juive de 15 ans, devenant mère de Jésus et affrontant elle aussi une peur : serai-je à la hauteur de ce qui m’est demandé ? La souffrance ne va-t-elle pas tout anéantir dans la vie de l’enfant qui naîtra ? Cette jeune fille, Marie, a reçu pleinement cette parole venant de la part du Dieu bon et ami des hommes : « ne crains pas ! » Avec elle, je vous souhaite d’entendre vous aussi : tu es aimé au-delà de tous tes rêves par Dieu qui t’entraîne dans sa joie et dans sa relation vivante avec les autres.

La plus belle réussite de la vie, c’est évidemment celle de l’amour. Mais nous nous interrogeons : qui m’aidera à aimer durant toute ma vie ? Saurai-je faire toujours du bien à ceux qui ont confiance en moi ? Qui m’aidera à faire les bons choix ? Aurai-je une place et un travail dans la société, car je voudrais aussi servir le bonheur des autres ?

A l’approche de Pâques, je vous invite à participer aux prières qui auront lieu dans les églises ces jours prochains. L’Eglise attend de vous écouter et de vous donner toute votre place dans sa mission. Des jeunes du monde entier sont réunis autour du pape ces jours-ci. Vous-mêmes, n’ayez pas peur de prendre la parole pour dire vos désirs et aussi vos souffrances. Je vous souhaite de trouver des personnes de confiance pouvant vous écouter et vous accompagner dans votre recherche d’une existence entièrement bonne.


+ Benoît RIVIERE
Donné aux jeunes à Taizé le 25 mars 2018


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(*) MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS À L'OCCASION DES XXXIIIèmes JOURNÉES MONDIALES DE LA JEUNESSE
« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu » (Lc 1, 30).


Message de Noël aux habitants de Saône-et-Loire

 

MGR RIVIERE 26 11 2017 terAutun, le 18 décembre 2017

Espérance, bienveillance, audace !

Quelles sont les aspirations les plus profondes de ceux et celles avec qui nous vivons et nous travaillons en Saône-et-Loire ? Les enfants l’expriment avec la sincérité spontanée qu’on leur connaît : c’est de bien s’entendre avec les autres. Enfants et adultes, nous désirons cette relation bonne avec tous, et nous désirons apporter notre petite pierre à l’édifice de la maison commune dans laquelle nous habitons tous sur cette terre.

Et comment avancer vers cette terre solidaire, quand nous éprouvons tant d’inquiétudes touchant l’avenir des sociétés humaines : inquiétudes « écologiques », « politiques » à certains endroits du monde, « affectives » pour nos proches et pour nous-mêmes, « économiques » liées aux imprévisibles des « marchés financiers » ?

Les jours de Noël sont, pour certains d’entre nous, des jours de retrouvailles familiales et des jours réconfortants ; pour d’autres, ce sont des jours de plus grande solitude et des jours (je pense à ceux qui habitent des lieux troublés par les guerres et les graves dysfonctionnements de l’économie) où l’on peut éprouver du même coup ce que dit un passage de la Bible : qui nous fera voir des jours heureux ? Qui nous fera voir le bonheur ?
Message de Noël aux habitants de Saône-et-Loire

 

En ce moment où nous peinons à voir venir de nouvelles alliances durables entre des peuples opposés, que faut-il souhaiter ?
Je veux adresser trois vœux aux habitants de la Saône-et-Loire :

1. Croyez à l’avenir de chaque personne humaine aujourd’hui et demain ! Le signe auquel les chrétiens reconnaissent l’avenir que Dieu ouvre au monde, c’est le signe de la simplicité fragile d’un enfant, amoureusement accueilli par son père et sa mère. La crèche n’est pas pour nous un simple objet d’attendrissement enfantin, elle est la signature d’un Dieu vivant qui arrache à la tristesse et à la mort.

2. Laissez-vous à nouveau réjouir par la bienveillance et par la générosité des plus humbles. Rien ne détourne en effet aussi efficacement du mal et des étroitesses d’esprit, que le visage et la confiance d’un enfant.

3. Osez entreprendre à plusieurs, en dépassant les égoïsmes et les peurs. L’être humain a une formidable capacité pour se renouveler et renouveler les conditions d’habitat et de travail, en s’adaptant à des situations inédites. Il est beau et réjouissant de voir ce que produit la collaboration humaine en vue du bien commun.

Je vous souhaite l’espérance, la bienveillance et l’audace !

+ Benoît RIVIERE
Evêque d’Autun, Chalon et Mâcon



La flamme de la résistance ne doit pas s’éteindre

Les mots de Monseigneur Rivière au Challenge Michelet 2017

Dans le cadre de la 45e édition du Challenge Michelet, organisée par la Direction interrégionale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun était invité vendredi 19 mai dernier à prononcer une allocution lors d’une cérémonie d’hommage au monument aux morts de Dijon. Plus de 300 jeunes étaient réunis, venus de la région Grand-Centre, à l’issue d’une semaine de compétions sportives et culturelles sur le thème de La Résistance. Le résistant que fut monsieur Edmond Michelet, grand-père de Monseigneur Rivière était à l’honneur.


Chers amis du Challenge Michelet,

Je suis très ému de prendre la parole maintenant devant vous, et je suis fier de me sentir avec vous dans le même esprit, l’esprit du Challenge Michelet. Vous m’avez merveilleusement accueilli mercredi matin au Stade Colette Besson, et je vous en remercie beaucoup.

Dans ce stade, vous les jeunes, vous étiez heureux d’être ensemble, dans une ambiance de respect les uns des autres, dans une sorte de « famille » fraternellement unie, dans une joie communicative, et dans l’effort sportif pour être au meilleur de vous-même. Vous vous souviendrez longtemps de ces journées à Dijon, et vous pourrez vous souvenir longtemps de l’esprit du Challenge Michelet.

Edmond Michelet était mon grand-père. Nous l’appelions affectueusement « Papamond ». Il aimait beaucoup sa famille. A vrai dire, il était un homme fait pour aimer, et pour vivre en fraternité avec les autres, même ceux qui ne partageaient pas ses idées. C’était cela son esprit : un esprit ouvert et généreux, qui refusait de se laisser vaincre par la haine et par le découragement.

Et Dieu sait si Edmond Michelet, comme beaucoup d’autres, ont eu à RESISTER contre la haine et le découragement dans les années du milieu du XXème siècle et plus tard encore. Quand le nazisme poussait à dénoncer les juifs comme des gens inférieurs, quand le nazisme poussait les français à se dénoncer les uns les autres, quand le nazisme pratiquait des expériences infâmes sur le corps des infirmes, des malades et des vieillards, quand il entraînait des millions d’innocents dans les camps de déportation et d’extermination, il fallait des hommes comme Michelet pour rester debout, pour choisir la VIE au lieu de l’esclavage que les nazis voulaient imposer au monde. Il fallait espérer et se battre toujours pour vivre et pour aimer. Choisir la VIE, c’est le secret de la victoire ! C’est le secret de l’acte sur lequel, cette année, vous avez voulu réfléchir : RESISTER.

Pour RESISTER, il faut un cœur enthousiaste, il faut un cœur qui batte pour de grandes choses, il faut un cœur qui accueille les autres comme des frères, il faut un cœur réconcilié...

Chers amis du Challenge Michelet, laissez-moi vous raconter juste deux exemples de ce que le mot RESISTER voulait dire pour mon grand-père. Vous savez qu’il était père de 7 enfants, qu’il avait été arrêté sur dénonciation à 7 heures moins 10 le 25 février 1943 dans sa maison de Brive et qu’il avait été emmené au camp de concentration de Dachau. Entre les deux, on l’a interrogé brutalement pour qu’il se dénonce comme résistant, et il a tenu bon en pensant à sa femme, Marie, et à ses enfants. Il a pu faire passer clandestinement des messages à sa femme. Je voudrais vous en lire un extrait : « Amour, je te demande d’abord de ne parler à personne des gens de Brive qui m’ont envoyé ici. Je leur pardonne de tout mon cœur et je te supplie d’en faire autant – et moi je vous dis aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous maltraitent -. N’oublions pas que c’est à un travail de RECONCILIATION que nous sommes appelés. N’élargissons pas les fossés. Je compte bien sur toi pour cela. »

Et quelques mois plus tard, dans l’horreur du camp de Dachau, étaient arrêtés avec lui et internés avec lui des résistants, mais aussi des hommes ayant commis de vols ou des meurtres. Et bien, aux yeux de mon grand-père, tous ces français conduits au camp de concentration par les nazis, devaient se montrer dignes de leur identité de français. Ils étaient soudés entre eux dans la même épreuve. Ils devaient se traiter tous comme des frères et manifester leur unité aux yeux des bourreaux. Edmond Michelet a réussi ce tour de force de faire de cette bande de pauvres bougres, une sorte de groupe de compagnons qui se serraient les coudes ensemble dans la misère, justement pour RESISTER ensemble, justement pour choisir ensemble de ne pas se laisser gagner par l’égoïsme et par la haine. REFUSER la haine, RESISTER à laisser la haine gagner notre cœur, c’est AIMER en profondeur le présent et l’avenir de l’humanité.

Chers amis du Challenge Michelet, choisissez chaque jour l’appel à la vie, qui est exigence, réconciliation et confiance.

Bonne route dans l’esprit du Challenge Michelet !

+ Benoît RIVIERE
Evêque d’Autun



Message de Pâques de Mgr Rivière

MGR 2017 04Choisir d’espérer et d’aimer !

En cette période de préparation à des élections importantes pour notre pays, le désir est grand de réussir à nous entendre les uns et les autres. Mais y-a-t’il en France un socle sur lequel nous appuyer tous ensemble ? La parole humaine est chargée d’unir, disait un humble curé, proche de chez nous. Elle n’est pas faite pour stigmatiser et pour opposer. Elle jaillit de la confiance et de la recherche de ce qui est vrai et bon. Nous savons, en effet, que la confiance dans la parole donnée permet de déployer la vie en société, à commencer par la vie familiale. La parole permet aux hommes de se dire les uns aux autres ce qui a du prix pour eux (Cf. le document du conseil permanent des évêques de France sur le sens du politique).

Les chrétiens ne sont pas en dehors de la société française bien évidemment. En ce temps de Pâques marqué par la mémoire heureuse de la mort et de la résurrection du Christ, ils veulent communiquer leur immense confiance dans le Christ, en qui la liberté de Dieu et la liberté de l’homme sont inséparablement et définitivement liées. Nous puisons dans les célébrations de Pâques la force de préférer le dialogue à la violence, l’espérance à la dérision systématique, l’humilité joyeuse à l’orgueil aveugle.

Tant de jeunes et d’enfants attendent non seulement une place dans le monde adulte, mais que leur soit montrée la vie qui a vaincu la mort ! Voilà cette vie que nous voulons sans cesse déployer et que nous voulons recevoir mieux nous-mêmes ! Je souhaite de tout cœur à ceux qui habitent dans notre belle Saône-et-Loire de se laisser entraîner par la joie de Pâques. Je leur souhaite de goûter la joie de la réconciliation profonde qui nous est offerte.

+ Benoît RIVIERE

 


Lettre de Mgr Rivière aux jeunes de Saône-et-Loire

 

JDJ2017

"A tous les jeunes de Saône-et-Loire

Bonjour,

C’est toujours important pour moi de vous rencontrer, vous les jeunes. Dans ma vie d’évêque, cela m’arrive de temps en temps ; vous avez beaucoup d’attentes et beaucoup de questions, et c’est cela qui fait que les rencontres avec vous sont passionnantes. Quand je vous rencontre, j’ai le sentiment que vous vous attendez à être regardés au meilleur de vous-mêmes. (...)"

Lire la lettre en entier

 


Communiqué de Monseigneur Benoît Rivière
Autun, le 2 avril 2017

Après l’accident de la route de Montcenis

Monseigneur Rivière, informé ce matin par les médias du drame qui s’est déroulé cette nuit en Saône-et-Loire, s’associe à la douleur des parents et grands-parents des victimes, de leurs frères et sœurs, des membres de leurs familles, de leurs proches, amis, camarades, collègues, enseignants et éducateurs, voisins. Il veut leur adresser une parole de réconfort et de soutien.

Il salue le travail des pompiers et des secouristes, des soignants qui ont agi dans le meilleur de leur professionnalisme durant de longues heures dans l’espoir de sauver ces jeunes vies.

Le décès de ces jeunes, la violence du choc, atteignent profondément non seulement les personnes qui les connaissaient, mais la population dans son ensemble. La mort d’un jeune sur la route est toujours une mort de trop.

Ceci nous rappelle à nos responsabilités quotidiennes sur la route. Notre département comporte des axes traversants extrêmement fréquentés. Cette configuration doit inciter chacun à la plus grande des vigilances et les pouvoirs publics à continuer sans relâche les travaux indispensables à l’amélioration de la sécurité.

Monseigneur Rivière encourage les catholiques à prier pour les victimes et leurs proches. Il souhaite que les personnes concernées ne restent pas isolées dans leur épreuve.

Que la figure de la Vierge Marie, si aimée par les croyants des religions monothéistes, puisse devenir celle de la consolation et de la douceur pour les mères et les pères aujourd’hui dans la peine.

+ Monseigneur Benoît Rivière
Evêque d’Autun









MESSAGE NOL 2016 MONSEIGNEUR RIVIERE


Paris, le 14 décembre 2016

DÉCLARATION DU CONSEIL PERMANENT de la conférence des Evêques de France

Alep : qui dira qu’il ne savait pas ?

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France exprime sa très vive inquiétude face à la situation que connait la population d’Alep aujourd’hui ; une situation que connaissent d’autres villes ou pays depuis des mois ou des années.

Alors que la communauté internationale en reste à des déclarations d’indignation, le jeu stratégique des puissances en présence ignore toute dimension humaine. Les personnes sont écrasées sous les bombes, poussées à l’exode, exécutées. Aujourd’hui, elles manquent de tout : la situation humanitaire est terrible.

Avec le pape François, la Conférence des évêques de France appelle « à s’engager de toutes ses forces pour la protection des civils... c’est une obligation impérative et urgente ! ».

Par ailleurs, cette situation nous remet tous, élus, responsables et citoyens, devant nos responsabilités vis-à-vis de l’accueil des migrants et des étrangers. Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur la situation des personnes réfugiées chez nous. Nous devons les accueillir et les accompagner dans la durée. Pour des milliers de personnes, cette situation est souvent indigne, en particulier en Ile-de-France où, sous couvert de les prendre en charge, on se contente de les déplacer de quelques kilomètres.

À l’approche de Noël, nous appelons tous nos concitoyens à ne pas baisser les bras et à se montrer solidaires de ceux qui souffrent, proches et lointains.


Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Cardinal André VINGT-TROIS, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre BATUT, Évêque de Blois
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise,
Mgr Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun
Mgr Pascal WINTZER, Archevêque de Poitiers


Toussaint 2016 porte


Il y a certaines choses auxquelles nous pensons assez rarement. Et même si nous savons que ce sont des choses essentielles, nous y pensons peu. Je me pose cette question : est-ce que je pense quelquefois un peu sérieusement à Dieu, et à la vie avec Dieu un jour pour toujours ?

Le ciel, c’est Dieu, disait un poète ! Et je crois que c’est cela auquel nous pourrions penser un petit peu, à la veille de penser à nos défunts. A la veille de faire mémoire des morts, si nous pensions un peu à notre propre destinée.

Où me conduit ma vie humaine en relation actuelle avec les autres ? Et qui me dira un peu sérieusement : tu n’es pas promis à la mort éternelle ? Qui me montrera une porte d’espérance sur la vie enfin entièrement bonne, enfin entièrement réconciliée, enfin entièrement dans un amour personnel et infini avec Dieu, et avec toutes les autres créatures humaines ?

Avec le Christ, la porte d’espérance peut s’ouvrir, ou s’entrouvrir, pour chacun qui ose une relation personnelle avec Dieu.

C’est simplement cette brèche de pure lumière dans la mi-clarté de ce monde, qui nous est montrée, et même qui nous réchauffe et nous réconforte, au jour de la Toussaint.

Bonne fête de la Toussaint ! Remplie d’espérance pour le monde !

+ Benoît RIVIERE


Autun, le 26 juillet 2016

Après l’attentat à Saint-Etienne-du-Rouvray

Pour Monseigneur Rivière,
Un acte qui choque profondément la conscience humaine

pere jacques hamel

Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, est actuellement en Pologne où il participe aux JMJ avec les jeunes de Saône-et-Loire. C’est donc à Cracovie qu’il a appris cette terrible nouvelle de l’attentat à Saint-Etienne-du-Rouvray. Il adresse le message suivant aux habitants de Saône-et-Loire.

« Nous sommes atterrés par le caractère odieux d’un tel acte ; ainsi est porté atteinte à ce qu’il y a de plus sacré dans la vie humaine : cet attentat s’en prend violemment à la vie d’hommes et de femmes en train de poser un geste religieux et pacifique. C’est extrêmement grave, cela blesse vraiment toute l’humanité. J’appelle donc à ce grand sursaut de conscience que le bien est vainqueur du mal.

Nous sommes particulièrement invités à ne pas nous laisser aller au découragement et ne pas en rester au seul premier mouvement de la colère. C’est le bien qui aura le dernier mot, et en aucun cas, la vengeance. L’événement horrible de ce matin nous appelle à un profond ressaisissement, à témoigner par un acte de foi indéracinable que le Christ met en nos cœurs : on ne combat pas le mal par le mal. Ceci concerne chaque être humain : c’est uniquement par le bien que les œuvres mauvaises reculeront.

Chacun est invité à prier. Plus spécialement, je convie les personnes qui le veulent à rejoindre les messes du 15 août, en la fête de la Vierge Marie, afin d’adresser une prière de supplication pour que les cœurs s’ouvrent à la paix et à l’espérance du bien.

Toutes les célébrations du 15 août pourront être dédiées à ces intentions, en les élargissant à la prière pour toutes les victimes de tels actes dans le monde. Je serai moi-même en pèlerinage à l’oratoire de Notre Dame de Varange, au-dessus de Givry, où je présiderai la messe de l’Assomption ».


+ Benoît Rivière, avec les jeunes de Saône-et-Loire, réunis pour les JMJ depuis Cracovie, le 26 juillet 2016


 


logo petitAutun, le 2 juin 2016



Message de Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun,
aux Musulmans qui vivent en Saône-et-Loire

Le jeûne pour la pauvreté du cœur devant Dieu


A l’occasion de l’entrée en Ramadan, Monseigneur Rivière vient d’envoyer le message ci-dessous aux communautés musulmanes du département :

« Les relations de respect et d’amitié qui lient les humains entre eux sont si importantes, et aussi tellement fragiles ! En ces jours où vous entrez dans la période du Ramadan, je veux de tout mon cœur vous souhaiter la paix qui vient de Dieu, et je veux vous exprimer ma conviction : le jeûne a pour moi un but précis, c’est de retrouver la pauvreté du cœur devant Dieu et devant tous mes frères humains. C’est de connaître ce que Dieu aime et qui nous sera pleinement montré un jour au ciel.

Que la bénédiction divine vous procure la paix, et mette entre tous la douceur de l’amitié et du respect ! »


+ Benoît Rivière
Evêque d’Autun




MESSAGE DE PAIX A TOUS LES HABITANTS DE SAONE-ET-LOIRE

« La vie, la mort : quelle espérance ? »mazille1



Depuis 10 ans, les représentants des différentes religions présentes en Saône-et-Loire, bouddhistes, juifs, chrétiens et musulmans, se réunissent au Carmel de la Paix à Mazille. L'évolution de notre monde nous invite plus que jamais à poursuivre ensemble ce chemin de dialogue, de fraternité, d'amitié et de paix.
Pour la sixième rencontre, nous avons choisi d'échanger et de prier autour du thème : « La vie, la mort, quelle espérance ? »

La vie et la mort, ce sont les questions de tous les hommes et femmes de la terre.

Nous éprouvons chacun une précarité face à la mort. Nous sommes confrontés à la mort des autres, des vies sont brisées beaucoup trop tôt de manière brutale, violente, d'autres s'achèvent au bout d'une longue agonie dans la solitude d'une nuit d'hôpital... Nous expérimentons nous-mêmes les fluctuations de notre existence, la maladie, le vieillissement, les séparations, les deuils, comme des morsures de la mort au cœur de notre vie. La mort est pour nous tous un grand mystère : nos croyances et convictions nous relient à cette immense inquiétude de chaque être.

Et pourtant nous affirmons que la mort même peut être vécue, préparée, habitée d'une espérance forte. Car au cœur de notre vie aussi, nous faisons l'expérience d'instants qui sont comme des brèches ouvertes sur une réalité pressentie qui nous permet d'affirmer que la vie humaine conduit vers plus grand qu'elle. Expériences de beauté, de rencontre vraie, d’œuvre de paix... Et quand l'un de nos proches disparaît, nous savons l'entourer, l'honorer par des rites, divers selon nos religions, qui accompagnent sa dépouille et rassemblent autour de lui proches et amis, signifiant ainsi que ce « mort » demeure une personne à continuer à aimer, que son âme, ce qu'il y a d'unique en lui, est pour toujours vivante.

Notre message à tous les habitants de Saône-et-Loire est celui de chercheurs et de questionneurs de ces mystères de la vie et de la mort, qui affirmons avec force que l'existence humaine a un Sens, que notre finitude, reconnue et acceptée, n'est pas le dernier mot de notre condition : la mort est « un passage », notre vraie destinée est la plénitude de la Vie.

"La mort n'est plus la clôture sur laquelle vient buter toute espérance, mais le seuil d'une vie nouvelle, plus juste, plus forte, plus vraie". (Pierre Claverie)

Croyant cela, nous pouvons tracer ensemble des chemins pacifiés, illuminés d'espérance, vers tous nos frères et sœurs en humanité.

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tounesolsAutun, le 30 mai 2016


A monsieur Damien Lemière
Président des Jeunes Agriculteurs de Saône-et-Loire



Cher monsieur,

Le congrès des Jeunes Agriculteurs que vous accueillez cette année à Mâcon me donne l’occasion de vous exprimer ma solidarité avec tous ceux et toutes celles qui travaillent dans les métiers de l’agriculture. Je me sens solidaire de celles et ceux qui, respectueux de la nature, permettent aux autres et à eux-mêmes, de se nourrir chaque jour. Et quoi de plus beau que de se retrouver en famille et avec des amis pour un repas convivial.

L’avenir du bien-être des hommes en société est directement lié à l’avenir de l’agriculture et, plus généralement, à l’avenir des métiers attachés à l’alimentation et à l’entretien de l’environnement.

Permettez-moi de vous féliciter tout spécialement pour vos efforts favorisant une formation adaptée et un accompagnement des jeunes qui décident de se lancer dans les métiers de l’agriculture. Qu’ils soient sûrs de l’estime et du soutien de ceux qui ne veulent pas désespérer de l’avenir.

Je vous souhaite un très bon congrès ces jours-ci à Mâcon.


+ Benoît Rivière
Evêque d’Autun, Chalon, Mâcon


 

Message de Pâques de Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun, à tous les habitants de Saône-et-Loire : ici

 



Message de Mgr Benoît Rivière aux jeunes de Saône et Loire à l'occasion de la Journée Diocésaine de la Jeunesse : ici



Autun, le 22 décembre 2015

EVEQUE EVECHE


Message de Noël
de Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun,
aux habitants de Saône-et-Loire



Recevoir et partager la sérénité


Où faisons-nous le mieux l’expérience des joies les plus pures ? Où apprenons-nous le mieux à grandir dans le respect des autres, et à nous accueillir mutuellement sans en rester à ressasser les querelles du passé ? Je pense aux familles. C’est dans les familles que nous apprenons à aimer, à nous respecter avec nos différences, à prendre confiance en nous-mêmes, à goûter la patience du temps et le réconfort des pardons reçus et donnés. Aussi, je me tourne vers les familles qui vivent en Saône-et-Loire, de toutes tailles et de toutes origines, pour leur souhaiter du fond du coeur, et du fond du coeur de l’Eglise, un Noël de vraie sérénité !

En famille, nous apprenons à recevoir cette chose si essentielle : nous ne vivons jamais bien en nous isolant des autres, et nous perdons la joie quand nous piétinons les différences. Bref, nous apprenons le mieux dans les temps et les lieux familiaux la grâce de l’existence des frères, des soeurs et des parents plus âgés. Nous apprenons à écouter et à rire, à jouer et à travailler, à parler et à nous taire, à pleurer et à consoler, à nous reposer et à sortir au loin, à nous rendre service aux uns et aux autres, en protégeant les plus faibles... Et dans les familles où s’exprime en gestes et en paroles la foi au Dieu vivant et vrai, nous apprenons la paix de la prière familiale.

Noël est pour beaucoup un temps de retrouvailles familiales et d’échange de gestes gracieux. Je souhaite aux familles dans l’épreuve et le doute, je souhaite aux familles qui se divisent, et aux familles en paix, de risquer toujours à nouveau des pas de miséricorde, de risquer une confiance renouvelée, de risquer de se pardonner simplement les uns aux autres. Je souhaite à toute famille vivant en Saône-et-Loire de goûter une vraie sérénité, celle de la famille de Joseph, de Marie et de Jésus. Cette sérénité vient comme une surprenante et bienfaisante surprise, surtout lorsque nous osons regarder sans peur et avec amour le visage oublié de Dieu qui se laisse approcher dans le visage du frère.

Pour un pays qui ne doute pas de lui-même ni des autres


Notre pays de France est chahuté de tant de façons actuellement et nous voulons l’aimer aujourd’hui et demain. Nous l’aimerons en nous donnant davantage à l’accueil et au service du plus grand nombre ; et nous ne le défendrons pas seulement en le protégeant des peurs, mais en vivant davantage sa grâce propre de pays des droits de l’homme, de pays de la justice, et de pays éprouvé dans une histoire de sainteté et de service de l’humanité à partir de la vie et de l’exemple du Christ. Nous voulons un pays qui ne doute pas de lui-même ni des autres, ni de l’avenir, et qui innove de nouveaux chantiers pour le plus grand nombre, un pays qui ne se replie pas égoïstement sur lui-même. La foi chrétienne nous pousse à toujours repartir de l’avant, oubliant les offenses passées, reçues ou commises, appuyés sur la joie que Dieu a communiquée en premier aux humbles et aux petits.

Que ce Noël 2015, qui marque l’actualité profonde et humble de la naissance de Jésus sauveur, pauvre parmi les pauvres, apporte à tous un surcroît de sérénité !
Et que les personnes isolées ou malades, connaissent le réconfort de gestes de vraie compassion !

+ Benoît Rivière
Evêque d’Autun


Après les attentats à Paris 


Samedi 14 novembre 2015
Au tout début de l’Assemblée synodale



L’assemblée synodale que nous formons ensemble, et qui se réunit pour la première fois aujourd’hui, est profondément atteinte par ce qui s’est passé cette nuit à Paris.
Les attentats kamikazes, qui ont fait plus de 120 morts et de nombreux blessés, sont des actes qui manifestent l’horreur du mal. Nous pensons aux victimes et nous prions pour elles et pour leurs familles. Nous nous demandons : pourquoi ? Pourquoi ce mal dans son expression radicale de violence insensée, dirigée pour tuer au maximum et pour supprimer sauvagement la vie ?
Nous prenons un instant pour nous recueillir, debout, en silence, en demandant que soit cherchée et trouvée partout la paix, et en priant pour les personnes qui ont été tuées cette nuit


MGR BENOIT RIVIERE


Autun, le 30 octobre 2015

Message aux habitants de Saône-et-Loire
de Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun,
pour la Toussaint

 

POUR ECOUTER L’INVITATION AU BONHEUR


Quand nous pensons à nos morts, et quand nous prenons le temps de nous arrêter pour honorer la mémoire d’un défunt, par un moment de recueillement ou de visite sur sa tombe, quel amour nous anime ? Nous faisons ces gestes en raison de l’affection qui nous unit à nos proches défunts. Et nous les faisons aussi parce que nous nous sentons solidaires de tous. La vie humaine n’est-elle pas pour tous « blessée » par la cruauté de la mort ? Comment expliquer sinon notre solidarité et notre révolte, notamment face aux décès qui auraient pu être évités ?
La fragilité du monde et de notre propre corps sont justement, je pense, le lieu de la véritable aspiration au bonheur. J’aspire à la belle relation avec les autres et avec Dieu. J’aspire à la réconciliation des peuples et des familles. J’aspire à voir des jours où régneront la justice et la paix.
Nous ne rêvons pas à l’horizon d’un monde installé dans le simple confort. Les croyants ne rêvent pas d’un ciel style « club méd » amélioré. Nous aspirons au bonheur, et c’est tout autre chose ! Et nous osons même espérer le bonheur et la paix pour nos morts ! En ces jours de Toussaint et de mémoire, je souhaite à tous les habitants de Saône-et-Loire d’écouter la petite musique d’espérance qui n’a pas dit son dernier mot dans le coeur humain.
Belle fête de Toussaint à chacun et à chacune !

+ Benoît RIVIERE
Evêque d’Autun


Message de Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun,
aux Musulmans de Saône-et-Loire à l’occasion de l’entrée en Ramadan


Chers amis,

En ce début de Ramadan qui commence pour vos communautés de Saône-et-Loire, c’est avec beaucoup d’amitié et de respect que je vous écris aujourd’hui ce message d’encouragement et de prière.
Je souhaite que chaque musulman et chaque musulmane puissent vivre ce temps privilégié consacré à Dieu dans la sérénité personnelle et la joie de se retrouver ensemble.
Avec vous, frères musulmans, nous dialoguons régulièrement, sur les questions pressantes qui se posent à notre société. La violence, le racisme, nous les condamnons sans cesse, ensemble. La protection des faibles, le soutien aux plus démunis, l’accueil de l’étranger, nous les portons, ensemble.

Au lendemain de la parution de la Lettre encyclique du Pape François sur l’écologie, la solidarité universelle pour la protection de la terre constitue un appel urgent qui concerne l’humanité entière. Pour nous, croyants, nous voyons dans la nature ce surcroît de sens lié à sa création par Dieu. Cette préoccupation de « sauvegarde de la maison commune », nous la partageons donc aussi, ensemble.
Vous allez vivre un mois pour Dieu et pour votre communauté : que ces jours constituent, pour chacun de vous, ressourcement spirituel et approfondissement de foi.

Que la paix soit avec vous.
Je vous renouvelle mes salutations les plus fraternelles.

+ Benoît Rivière
Evêque d’Autun


Règlement préparatoire du synode diocésain 2015- 2017

"Ancrés dans la vie, à l'écoute du Seigneur, aller au coeur des frères"


Le réglement préparatoire du synode du diocèse d'Autun 2015-2017 a été promulgué par Monseigneur Rivière à Autun, en la fête de l’Ascension, le 14 mai 2015.


A Montceau une centaine de jeunes de 16 à 35 ans s'est rassemblée. AFFICHE JDJ15 213x300



Le Pape invite en effet chaque année tous les diocèses du monde à vivre une Journée Mondiale de la Jeunesse lors de la Fête des Rameaux. Elle est déclinée en alternance, soit en rassemblement mondial, comme l’an prochain en Pologne à Cracovie, soit au niveau diocésain, comme cette année. Les Pères Grégoire Drouot, délégué épiscopal à la Pastorale des Jeunes, Nicolas Berthier, vicaire à Macon et Christine Clerc, laïque en mission, sont récemment allés en « repérage » à Cracovie pour la préparation des JMJ de 2016 autour du pape François.


Ta vie, un projet d’amour !

Tu voudrais réussir quelque chose de bien dans ta vie ; plus encore, tu voudrais faire de toute ta vie quelque chose de beau, mais tu te demandes si c’est possible et comment t’y prendre. A l’approche de Pâques, je t’adresse ce message, pour te partager quelques repères que je trouve très utiles pour ne pas passer à côté de la joie. La question qui me semble la plus importante quand nous entrons dans l’âge adulte, c’est celle-ci : pourrai-je vraiment aimer toujours ? Et si je peux affirmer que c’est possible, alors la joie grandira.

Je commence donc ce message en empruntant une image écologique, celle de l’atmosphère que nous respirons. J’ai trouvé cette image dans une lettre que le pape François a écrite aux jeunes du monde entier pour le dimanche des Rameaux de cette année. Il se demande où nous pouvons trouver l’air pur du cœur, où nous pouvons respirer un air qui ne soit pas pollué. Et il répond ceci : « veille sur les choses les plus précieuses ». Quelles sont ces choses les plus précieuses ? « Le cœur et les relations », dit-il.

Je te propose de bien regarder ces deux choses, un peu comme un jardin secret à cultiver : le cœur et les relations. Si je me laisse aller à n’importe quoi, c’est comme si je disais à mon cœur : « tais-toi, je ne veux entendre et suivre que mon envie du moment ! » Mais mon cœur, sauf accident, ne s’arrête pas de battre et me dit, même dans les traversées de la nuit et des angoisses : tu es créé pour la liberté, pour faire vivre, pour aimer et être aimé. C’est si important d’écouter ton cœur ! Reviens à ton cœur ! Dieu le connaît et il en est le véritable ami, un ami qui ouvre à la liberté et qui donne d’être vraiment soi même et non pas une ombre de soi même.

Tu sais bien que tu ne peux pas être heureux, ni rendre les autres heureux si tu restes seul dans ton coin. Tu découvres le mieux qui tu es, et qui tu peux devenir, lorsque tu donnes ton temps et tes qualités pour aider et pour rendre service. Tu sais combien tes amis comptent sur toi, plus que tu ne le penses parfois, et que tu peux toujours offrir ton amitié et ta joie à ceux qui l’attendent. Tu sais que les peines et les angoisses qui font mal commencent à guérir sur le chemin qui passe par le cœur d’un ami, d’un père ou d’une mère.

Remercie Dieu pour les belles relations qu’il a rendues possibles dans ta vie. Prie pour tes amis et ceux que tu ne voudrais pas perdre. Prie aussi pour ceux avec qui les relations ont été abîmées, et ceux avec qui les relations ont été rompues pour diverses raisons. En entrant dans l’âge adulte, tu as déjà appris que la jalousie, l’amertume et la haine étaient des poisons qui polluent le cœur et empêchent les relations. Laisse tomber sans regret les moindres particules de jalousie, d’amertume et de haine ; et tu sentiras venir un air rajeuni à l’intérieur de ton cœur.

Veille chaque matin et chaque soir sur ton cœur, sois honnête et vrai avec lui, et soit reconnaissant pour les belles relations que tu connais dans ta vie. Alors tu respireras sans danger, tu aimeras de mieux en mieux, tu regarderas l’avenir avec confiance sans fuir le présent.

D’où vient cet air pur que tu peux respirer à plein poumon ? C’est encore dans la lettre du pape François aux jeunes, que j’ai trouvé la réponse. Il dit que l’air pur vient des choses belles, de l’amour vrai, et de la vie avec Dieu. Sur ce dernier point – la vie avec Dieu – le pape parle de la sainteté, et je pense que c’est plus facile de comprendre la sainteté en l’envisageant comme la vie avec Dieu ; c’est quelque chose de si important de vivre avec quelqu’un qu’on aime pour toujours. Les choses belles, tu les vois quand ton cœur est simple, c'est-à-dire unifié et ouvert. L’amour vrai, tu l’éprouves quand tu n’as plus besoin de prouver quelque chose, mais seulement d’être au meilleur de toi-même dans le regard de quelqu’un qui te laisse entièrement libre et qui t’aime. La vie avec Dieu, tu la goûtes déjà dans le pardon donné et reçu, dans le oui des engagements pour la justice, dans le tressaillement de joie devant la merveille de la vie humaine naissante, et dans la délicatesse de compassion face aux souffrances et même face à la mort. Ces sources de bon air, tu les trouveras toujours, et ne te manqueront jamais. Garde les yeux ouverts sur la beauté des amitiés et sur le projet de Dieu qui veut t’entraîner dans son amour.

Je te remercie d’avoir lu ce message, et je te souhaite, à l’approche des fêtes de Pâques, de vivre et d’aimer vraiment toujours.

+ Benoît Rivière

Evêque d’Autun


Le Message de Pâques de Monseigneur Benoît Rivière

En ces jours où les Chrétiens fêtent la résurrection du Christ, Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun, s’adresse à tous les habitants de Saône-et-Loire.
A Pâques, la beauté d’un commencement
Des forces de mort laminent le monde et nos propres existences personnelles : enchaînements des conflits, épidémies diverses et variées, pollution qui ruine les santés et les équilibres naturels, mensonges, méfiance, haines, cruautés, vengeances, égoïsmes de tous ordres... La victoire de la mort, brutale ou insidieuse, inéluctable ou inattendue paraît plus évidente que sa défaite !
Les chrétiens savent cela fort bien, autant que les autres. Et pourtant, ils s’exclament : « le Christ est ressuscité, par sa mort, il a vaincu la mort ! » Quel paradoxe ! Quelle chose inimaginable ! Oui, nous l’affirmons : « Elle est finie ta victoire, ô mort ! »

Pour les quelques 3000 nouveaux adultes baptisés en France cette année, dont une dizaine en Saône-et-Loire, Pâques est le commencement à partir duquel désormais leur vie est neuve, enfin orientée. Ils ont une espérance certaine, et cela change en profondeur l’orientation de leur liberté. Désormais, ils connaissent l’amour de Dieu qui rend libre et qui tourne vers les autres un regard nouveau, jamais enfermant.

Ces adultes ont cheminé depuis plusieurs années dans le « catéchuménat », c'est-à-dire avec quelques membres de l’Eglise qui se rendent proches d’eux, en recevant leurs attentes, et en les aidant sur leur chemin. Les lettres qu’ils m’écrivent sont bouleversantes. Elles expriment comment Dieu travaille à l’intime de leur cœur.

Tout récemment, lors d’une marche à Montceau avec des jeunes de notre département, une lycéenne de 15 ans a fait part de son expérience d’un repas partagé à Mâcon, entre jeunes catholiques et jeunes musulmans. « Nous sentions avec joie » a-t-elle dit, « combien Dieu était présent à cette rencontre, et à quel point Il nous pousse au dialogue ».

Pour ma part, je crois dans les insondables possibilités de faire le bien, inscrites au creux des libertés de chacun. Je crois en la beauté des commencements et des recommencements pour dialoguer, pour construire à plusieurs de belles entreprises, et pour entraîner les jeunes vers un avenir ouvert. Pâques est ce commencement radical de la communion et du pardon entre tous les humains.

Bonne fête de Pâques à tous,

+ Benoît Rivière

Evêque d’Autun


La porte-parole

Mme Anne JACQUEMOT logo porte parole

06 07 77 03 51

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71407 AUTUN cedex

Interviews sonores

Dieu court avec nouslivre mgr couverture

Mgr Rivière parle de son nouveau livre sur Radio Notre Dame
Ecouter cette interview du 08 février 2017 : ici


Interview au sujet des réfugiés

Suite à l'appel du Pape François, notre Evêque parle au sujet des réfugiés.
Ecouter l'interview du 06 septembre 2015 sur Radio Vatican : ici

 

Le chancelier, les registres, les archives, le bureau des mariages

Le chancelier :
P. Jérôme MELLANGE
03 85 86 97 35 - 03 85 52 84 03
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Notaire de la Chancellerie :
Agathe PAJOR
03 85 86 97 32
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Registres et archives de catholicité :
Agathe PAJOR
03 85 86 97 32
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71407 AUTUN CEDEX

Bureau des mariages (Dispenses, Nihil Obstat) :
Père Gérard Dufour
03 85 86 97 20 - 03 85 52 22 54
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Le vicaire général

Père André GUIMET

03 85 86 97 34
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1 place du Cardinal Perraud
71407 AUTUN Cedex

Historique du diocèse d'Autun

« Un diocèse est une portion du peuple de Dieu confiée à un évêque pour qu'à l'aide de son presbyterium, il en soit le pasteur : ainsi le diocèse, lié à son pasteur et par lui rassemblé dans le Saint Esprit, par l'Evangile et l'Eucharistie, constitue une église parti­culière en laquelle est vraiment présente et agissante l'Eglise du Christ, une, sainte, catholique et apostolique ».
                                                                                 (Vatican II : Décret sur la charge pastorale des évêques n° 11).

carte historique
Carte des anciens diocèses d'Autun, Chalon et Mâcon

Le diocèse d'Autun est l'un des plus anciens de France.

Dès la fin du 3e siècle, le pays autunois forme une église constituée, avec son évêque. Le premier dont on ait conservé le nom est S. Rhétice (v. 300-330).
Le diocèse de Chalon en a été détaché vers le milieu du 5° siècle. Son premier évêque connu est S. Paul (v. 450).
Le diocèse de Mâcon a été formé au 6e siècle, de territoires apparte­nant tant au diocèse d'Autun qu'à celui de Lyon. Son premier évêque connu est S. Placide (v. 538 - v. 552).
C'est seulement après la Révolution de 1789 qu'a été constitué le nou­veau diocèse d'Autun, Chalon et Maçon, dont les limites sont celles du département de Saône-et-Loire.

 

Un livre, un site, mémoire du diocèse. 50ans d'histoire des personnes qui ont fait notre Eglise.

                                          LOGO VISAGES D EGLISE

 

Homélies

Homélie pour les obsèques du Cardinal PanafieuCARDINAL1bis

Vendredi 17 novembre 2017

Jean 21, 15-17

Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »

La vie du Cardinal PANAFIEU s’éclaire dans ce dialogue avec Jésus au bord du lac. C’est l’évangile de la mission que Simon-Pierre reçoit de Jésus ressuscité. L’unique berger divin, Jésus, confie sa mission à un homme qui connaissait bien lui-même ses propres limites : « Sois le berger des mes brebis ! » Et il lui confie cette mission à l’intérieur d’une relation d’amour personnel : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » A nous aussi, cet après-midi, Jésus demande si nous l’aimons vraiment. Et à l’intérieur de cette relation avec Jésus, nous recevons notre place et notre mission dans le monde : « sois un guide et un frère plein de tendresse et de miséricorde auprès de tous. »

Photo : Le Cardinal Panafieu et Mgr Rivière à Rome en 2003

Le Cardinal PANAFIEU n’a pas seulement entendu cette parole le jour de son ordination sacerdotale (22 avril 1956), ni même seulement le jour de son ordination épiscopale (9 juin 1974) ou quand le pape Jean-Paul II lui a passé au doigt l’anneau du pêcheur, au jour du cardinalat (21 octobre 2003). Il a cherché à voir et entendre Jésus jusqu’à la fin ; et il a cherché à se situer vis-à-vis des autres, auprès de ceux vers qui sa mission le portait, en les servant en vue des choses du Royaume de Dieu. Il a cherché simplement à vivre à la manière de Jean-Baptiste, c'est-à-dire en voulant montrer qu’il n’était pas le sauveur lui-même ; il a cherché à montrer l’unique sauveur : « je ne suis pas le Christ ! Mais regardons-le, lui, l’Agneau de Dieu, qui livre l’Esprit-Saint aux petits et aux humbles. Regardons-le et suivons-le. »

Porté par le regard de Jésus, le Cardinal PANAFIEU a voulu remplir avec persévérance, délicatesse, et intelligence, la mission de montrer à tous, proches ou lointains, que la vie dans le monde trouve son orientation dans le rayonnement de l’amour de Dieu. Nous connaissons en particulier le travail patient que le Cardinal PANAFIEU a mené en faveur du dialogue interreligieux, et le soutien aux responsables de la cité terrestre dans leur volonté de paix sociale.

Pour faire voir le Christ, pour ne pas éloigner les autres de l’amour dans lequel le Christ nous entraîne, encore faut-il être vrai, être vrai dans l’identité nouvelle que le baptême a inscrite dans notre chair. Répondant à la question d’un jeune pendant les JMJ de 1997 à Paris, question qui concernait le doute et la foi, Mgr PANAFIEU avait répondu ceci : « j’ai connu beaucoup d’interrogations dans ma vie. A travers un certain nombre d’événements qui m’ont frappé personnellement, ou qui ont frappés des amis autour de moi, je me suis senti bousculé et questionné… Mon plus beau titre de gloire, savez-vous ce que c’est ? C’est d’être baptisé et confirmé. C’est cela qui compte. Quand je serai reçu par le Seigneur, ce n’est pas d’abord l’archevêque de Marseille qui sera reçu, c’est le baptisé que je suis. C’est la grâce de Dieu reçu dans mon baptême et ma confirmation qui me fait tenir bon dans la foi. Je suis fragile, comme vous. Mais comme vous, je suis habité par la force de l’Esprit et par l’amour du Christ qui me permettent de tenir ferme dans la foi. »

Et à un autre jeune qui l’interrogeait sur le scandale de la souffrance et le mystère de la Croix, il avait dit : « c’est une conviction très forte qui doit nous habiter : nous sommes des êtres qui devons vivre le mystère de la Pâque. Nous passons par la Croix, mais c’est pour vivre dans la lumière… Il faut accepter de traverser des tunnels pour aller au bout du chemin. »

Aller au bout du chemin ! Voilà, peut-être, le fil d’or de la vie du Cardinal Bernard PANAFIEU. Aller au bout du chemin sans quitter des yeux le Christ. Le Christ prend sur lui absolument toutes les souffrances, il vibre à toutes nos joies et il ne nous rejette pas… il va nous chercher jusque dans le fond de nos tunnels.

Comment le Cardinal PANAFIEU s’est-il situé devant la lente et inexorable avancée de la maladie dans son corps, maladie qui durera près de 20 ans ? Quand il a su qu’il avait été touché par la maladie, il a pris, dans la plus grande discrétion qui soit, la décision de rester à son poste, dans son travail d’archevêque de Marseille, et donc de ne pas démissionner. Il a, je pense, renouveler à plusieurs autres moments ensuite, cette décision de rester à sa place de veilleur et de père pour le peuple de Marseille qui lui avait été confié.

Dans cette longue épreuve, il a montré le moins possible aux autres les désagréments de plus en plus cruels que le mal lui imposait. D’où lui venait cette persévérance ? Il recevait chaque jour, dans la célébration de l’Eucharistie, dans les temps réguliers de prière à l’oratoire, et de travail à son bureau, le pain qui donne la Paix, Jésus dans son abaissement et son élévation : Jésus, dans l’immense tendresse de Dieu nous le donnant, pour être notre vie véritable, plus forte que les abandons et la mort elle-même.

Il faut dire que le ministère d’évêque qu’il a rempli était, à ses yeux, un service total rendu au peuple de Dieu dans le monde actuel, un service qui engage le plus profond de soi uni à la volonté inouïe qu’a Dieu de retirer du monde le mal et la mort. Voilà quelle fut la belle et unique passion du Cardinal PANAFIEU. Et il a aimé, oui, il a beaucoup aimé le peuple qui lui était confié !

Il s’agissait pour lui d’être ôté à lui-même pour être totalement à Dieu et donné par Dieu au peuple. Pour l’ancien évêque auxiliaire d’Annecy, à l’exemple de Saint François de Sales, il s’agissait de ne plus s’appartenir, de se considérer en tout comme le serviteur donné par Dieu pour conforter les autres à travers les sacrements et la parole. Et être donné au peuple signifiait pour lui : écouter, et donner humblement les grâces dont Dieu seul est la source. Il s’agissait de ne pas être un obstacle entre Dieu et le peuple, mais d’être uniquement indication pour les autres, comme un doigt tendu vers le Christ.

Cher Père PANAFIEU, vous nous avez incités sans cesse, par votre exemple, à obéir à l’Esprit-Saint qui fait la beauté de l’Eglise. Cette beauté n’apparaît certes pas tout de suite, mais elle est certaine, comme est certaine la lueur du matin de Pâque éclairant toute réalité. Vous nous avez conduits au respect profond des consciences. Vous nous avez montrés la délicatesse et la discrétion qui n’imposent rien mais qui veulent encourager. Vous avez, au fil des jours, réveillé le meilleur en nous. Vous avez voulu par-dessus tout être un disciple de Jésus et un missionnaire de son amour auprès de chacun de ceux qui croisaient votre route.

Frères et soeurs, en nous éveillant au jour de notre véritable naissance, Dieu continue de tisser entre nous des relations qui font vivre, et qui aident à reprendre avec courage le chemin. Dans la joie de l’Eglise, nous apprenons à discerner la voix qui se fait entendre au milieu de la nuit, et que la liturgie de dimanche dernier nous donnait à méditer : « voici l’époux qui vient, sortez à sa rencontre ! »

Jésus est le véritable ami de l’humanité. Il est la raison d’être et de vivre du Cardinal Bernard PANAFIEU avec qui et pour qui nous prions. En lui Jésus, tous peuvent recevoir la joie d’être rassasiés dans leur soif de justice, de réconfort et d’amour. « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » En répondant à la demande du Christ de nous entraîner à l’aimer lui-même, chacun de nous peut redire en cette heure son oui personnel. Il peut renouveler son engagement dans la responsabilité chrétienne. Appuyés sur l’exemple de ceux qui nous ont précédés, nous pouvons répondre nous aussi au Christ : « oui, Seigneur Jésus, toi, tu le sais, je t’aime. »

Amen

+ Benoît RIVIERE


Homélie dans la basilique de Paray-le-Monial, dimanche 10 septembre 2017 lors de la 4ème session de l'Assemblée synodale


« Quand deux ou trois sont réunis... »  (Mt 18, 20)


Chers frères et sœurs,

A l’issue de ces deux journées d’assemblée synodale à Paray-le-Monial, nous goûtons le beau repos de la prière, et le réconfort de la Parole de Dieu.

Les passages de l’Ecriture qui sont lus en ce 23ème dimanche du Temps Ordinaire, débutent par un dialogue entre Dieu et le rugueux prophète Ezéchiel. Rappelons nous qu’Ezéchiel veut dire « Dieu rend fort ». Après la terrible destruction de Jérusalem en 587 et la déportation du peuple à Babylone, cet homme sans complexes et sans nuance, était devenu le témoin courageux du salut que Dieu seul peut donner. Il a été appelé à crier la parole du salut, au milieu d’un peuple traumatisé par la violence. Il ne s’est pas préoccupé seulement de quelques-uns, mais de chaque membre de la communauté des fils d’Israël, qu’il soit juste ou injuste, et il ne s’est pas occupé de mettre du crépi sur un mur lézardé, mais il s’est franchement occupé de guérir du péché. Et quel était ce péché ? C’était essentiellement l’idolâtrie et l’orgueil. L’idolâtrie brouille le regard : il fait prendre pour Dieu lui-même la créature. Et l’orgueil isole dans la domination. Le véritable prophète se reconnait dans la responsabilité qu’il veut porter devant Dieu lui-même, de se pencher sur les justes comme sur les injustes, de se préoccuper du frère, où qu’il se trouve. De ne pas craindre d’aimer jusqu’au bout au point que le frère injuste ne restera jamais quelqu’un qui indifférera, mais, comme dira beaucoup plus tard saint Paul, « ce frère pour qui le Christ est mort ».

C’est pourquoi le prophète Ezéchiel comprend que sa responsabilité n’est pas de dénoncer de haut la méchanceté, mais d’aller trouver le méchant, et c’est tout autre chose. Pourquoi ? Parce que la dénonciation publique éloigne de la réconciliation ; et le chemin vers le frère pour le retrouver ouvre à la joie de Dieu. Le prophète lui-même est uni par le même sang sauveur que celui du frère perdu. La mort du méchant qui n’a pas été rejoint par le témoin du Dieu de Miséricorde, c’est la mort du prophète lui-même. On te demandera compte du sang de ce frère que tu n’auras pas rejoint dans la vérité et la bonté. Si nous sommes saisis par le feu de l’amour divin, plus jamais désormais aucun être humain ne nous sera indifférent, serait-il enfoncé dans la plus noire méchanceté. Il sera un frère à « gagner », pour la vie du Royaume à venir.

Ezéchiel était un homme rugueux et sans complexes, qui tranchait sans hésitation. Dieu a en fait un témoin indispensable pour veiller sur son peuple. Simon-Pierre n’était pas non plus un tendre, ni quelqu’un qui doutait de lui-même, surtout au début de son entrée dans la communauté des disciples de Jésus. Et c’est à lui que Jésus a confié les clés du Royaume des cieux. « Ce que tu auras lié sur la terre... » Simon-Pierre reçoit cette responsabilité en vue du salut, et c’est pour que tous la reçoivent aussi avec lui. C’est bel et bien à l’ensemble des disciples aussi que cette parole est adressée : « tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel... »

En appelant à être avec lui des hommes ordinaires, Jésus a voulu les faire participer intimement à sa mission. Il a voulu édifier sur la foi de l’un d’entre eux le fondement d’unité de son Eglise jusqu’à la fin des temps. Et ce qu’il a confié à Pierre, c’est pour que tous y participent. Nous ne formons pas l’Eglise à partir de nos idées, ou de nos préférences liées à nos expériences spirituelles, nous sommes formés, par participation à l’unique mission du Christ Jésus, à être son Eglise aujourd’hui, appuyés les uns sur les autres humblement. Et cela est à la fois profondément humain et profondément divin, tout comme dans le Christ, l’homme et Dieu sont unis avec amour dans une seule et même personne.

C’est dans la belle conscience d’être appelés par pure grâce de Dieu à être l’Eglise de Son Fils aujourd’hui, ici en Saône-et-Loire, que nous voulons dans cette eucharistie, remettre dans l’action de grâce du Christ nos travaux de cette avant dernière assemblée synodale. Et nous voulons nous offrir dans l’action de grâce du Christ, nous voulons nous unir à son mystère de mort et de résurrection. La prière que nous avions faite au début de notre synode diocésain, nous pouvons encore, ce soir, en redire quelques expressions :
« Seigneur de Tendresse et de pardon, voici ton Eglise en Saône-et-Loire,
Qui veut t’écouter et te suivre joyeusement,44 MESSE
Qui veut aimer davantage tous les hommes de Saône-et-Loire.
Tu aimes l’Eglise et tu t’es livré pour elle...
Ouvre-nous à la joie du Serviteur,
Qui œuvre avec bonheur au respect des plus faibles,
Qui écoute les signes des temps sur nos terres bourguignonnes,
Et qui offre en prière quotidienne ce qu’il reçoit. »

« Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul... »
Comme c’est beau, cela, et tellement meilleur que la dénonciation publique à la cantonade...
Cantonade, c’est presque pareil que canonnade !

Il nous arrive hélas, sans souvent même nous en rendre compte, de donner plus facilement des leçons aux autres, que nous n’acceptons d’en recevoir. Mais précisément, dans ces lectures du 23ème dimanche, il ne s’agit pas du tout de faire la leçon à qui que ce soit. Il s’agit bien plutôt de nous demander : suis-je conscient de ma responsabilité comme membre du Christ lui-même ? Ma vie reflète-t-elle cette appartenance au Christ ? Est-ce que j’accorde avec empressement mon indulgence à celui qui pèche contre moi ? Notre hâte devient celle d’un compagnon allant vers son compagnon, et non pas celle d’un offusqué qui prend tout le monde à témoin qu’il a été offensé. Un ancien chalonnais, Saint Césaire d’Arles, parle de deux sortes d’aumône qu’il nous faut pratiquer : « celle qui fait donner du pain à ceux qui ont faim, et celle d’accorder notre indulgence à ceux qui pèchent contre nous. » Saint Césaire va loin, avec des accents prophétiques qui nous rappellent Ezéchiel : « si tu négliges ce commandement du Seigneur (d’accorder ta parole et ton indulgence en allant voir le frère coupable seul à seul, pour ne pas lui faire honte devant les autres), si tu ne fais pas cela (en méprisant ton frère, et en le tenant éloigné de toi sous prétexte qu’il t’a offensé), tu es plus mauvais que ton adversaire : car lui, il t’a fait du tort, et en te faisant du tort, il s’est blessé lui-même, gravement. Tu négliges la blessure de ton frère ? Tu vois qu’il meurt ou qu’il va mourir, et tu ne bouges pas ? Tu es pire en te taisant que lui en t’offensant. »

Peut-être pouvons-nous – et j’en finirai par là – retrouver dans des expériences comme celles d’un synode diocésain, une réconciliation à laquelle nous n’avions pas songé : la réconciliation avec nous-mêmes et avec l’histoire de notre diocèse ; notre découverte émerveillée que nous sommes du coup bien plus frère et sœur avec les autres que nous ne l’imaginions.

+ Benoît RIVIERE





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Homélie pour l’ordination diaconale de David BONNETAIN
Le dimanche 3 septembre 2017 en l’église de Varennes le Grand

LE COMMENCEMENT D’UN SERVICE QUI UNIT A JESUS
(Sur l’évangile du jour, Mt 16, 21-27)

Chers frères et sœurs,

L’ordination d’un nouveau diacre marque un commencement. Quelque chose de l’ordre de l’initiative de Dieu survient pour l’Eglise tout entière, lorsque l’un des baptisés reçoit l’imposition des mains. Dans ce geste liturgique très ancien et toujours actuel, qui ordonne David à la fonction de diacre, c’est nous tous, et lui bien évidemment, qui accueillons quelque chose que Dieu donne, pour le bénéfice de tous et à commencer par les plus nécessiteux. Ce qui a eu lieu à Jérusalem dans les débuts de l’Eglise, cela a lieu aujourd’hui pour l’Eglise qui vit son pèlerinage sur la terre, ici en Saône-et-Loire. La prière diaconale l’exprime ainsi : les apôtres de Jésus choisissent sous l’action de l’Esprit-Saint des hommes estimés de tous, qui les aideront dans le service quotidien. David devient diacre pour cette aide au service quotidien exercé par les apôtres, c'est-à-dire la prière, l’annonce du mystère du Christ et l’humble répartition des choses nécessaires à la vie des personnes démunies, répartitions que les actes des apôtres appellent « le service des tables ».

Que lisons-nous dans l’évangile d’aujourd’hui ? Et à quel changement de vie sommes-nous conduits ? Nous lisons qu’après avoir proclamé le premier, au nom des autres, que Jésus est vraiment le Christ, le Fils du Dieu vivant, Pierre et les autres sont entraînés par Jésus dans un itinéraire de vie sans retour en arrière. Et cet itinéraire est tout sauf un voyage d’agrément destination Club Med ! « Il faut partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup, être tué, et le troisième jour ressusciter ! » Il s’agit ni plus ni moins de donner entièrement sa vie, sans se récupérer... perdre sa vie, dit Jésus, à cause de Lui, et trouver alors la vie véritable. C’est quelque chose que nous ne pouvons pas envisager du seul point de vue humain naturellement, en nous accrochant à nos idées et à nos conforts personnels ; mais c’est quelque chose qui est donné par Dieu à l’Eglise, de communier intimement à la mort et à la résurrection de Jésus par amour pour tous les hommes, à commencer par les plus démunis et les plus éloignés.
ui, comme Pierre et les autres, nous-mêmes aujourd’hui, disciples du Christ par grâce et par appel de Dieu, nous sommes entraînés dans un nouveau commencement : nous ne partons plus de nous-mêmes, en nous faisant le centre des autres et de nos préoccupations. Nous passons au contraire vers la suite d’un autre que nous-mêmes, le Christ, qui sera toujours parmi nous dans les démunis et les petits de ce monde. Nous quittons l’auto-centrement, pour suivre entièrement le Christ, qui nous entraîne à sa suite là où nous n’aurions pas voulu aller.
Cher David, chers frères et sœurs, les disciples qui avaient commencé à suivre Jésus aimaient l’entendre et étaient saisis d’admiration par ses gestes qui guérissaient les malades ; et à un moment de cette fréquentation de Jésus, il leur a été montré qu’il leur fallait non seulement voir et écouter, mais être transformés eux-mêmes, pour que leur vie devienne entièrement une vie de don et de service avec Jésus.

Servir, c’est être véritablement en mouvement dans les pas de Jésus, derrière lui qui ouvre la route. Ce n’est pas seulement faire quelques bonnes actions qui satisfont notre conscience et gagnent l’admiration de la galerie, c’est changer de centre, c’est changer de boussole intérieure : c’est suivre l’esprit de douceur et de force que Dieu donne aux cœurs simples et droits. Et il n’est pas de situation, heureuse ou douloureuse, dans laquelle cet esprit ne puisse être répandu.

Pierre s’est offusqué de ce programme, et il s’est élancé à un moment en voulant protéger son maître, lui dire que ce n’était pas possible de marcher ainsi vers le lieu de la souffrance de la croix. Pierre s’est peut-être surpris lui-même, en se faisant (généreusement pensait-il) le défenseur et le porte-parole de Dieu, rien de moins : « Dieu t’en préserve », a-t-il dit à Jésus ! « J’ai, moi, Pierre, une vision plus soft de la destinée du Christ ! Et je m’autorise à me mettre en avant pour te protéger. »

En pensant les choses de cette manière, Pierre était un obstacle et un adversaire pour l’évangile. Jésus le lui a signifié très nettement. Il quittait la place du disciple à l’école du Christ pour prendre la première place, valorisante, celle de celui qui sait et qui veut protéger. Il devenait Satan, au lieu de demeurer disciple. Dans une homélie, Saint Augustin avait bien fait comprendre cela : « Parce que le Seigneur parlait de sa Passion future, Pierre voulut barrer le chemin du Seigneur : il voulut lui donner un conseil, comme pour le sauver – un malade, conseillant son médecin ! Et que dit-il au Seigneur ? « Loin de toi, Seigneur. Cela ne sera pas ! » Il voulait marcher devant et que le Seigneur suive. Mais que dit le Seigneur ? – « Passe derrière moi, adversaire ! » En marchant devant, tu m’es un adversaire ; en me suivant, tu seras un disciple. »

Ainsi pouvons-nous reconnaître quel est le feu intérieur qui nous brûle le cœur, au point de nous faire aimer comme Jésus, dans la douceur et l’humilité, renonçant à nous-mêmes, pour n’être pas un obstacle à la marche de l’évangile. Quittons franchement les apparences, pour devenir vraiment serviteur et disciple, avec Jésus, et non pas seulement devant ! Demandons de savoir discerner toujours entre la posture de l’adversaire et la place du disciple serviteur et n’abandonnons pas la route ; elle devient la route pascale, celle du mystère de mort de résurrection avec le Christ.

+ Benoît RIVIERE



Homélie de l’ordination de Pierre DHAUSSY
Dimanche 25 juin 2017 en la cathédrale Saint Vincent à Mâcon

Chers frères et sœurs,

Tout récemment, le pape François a donné quelques conseils forts précieux à l’attention de ceux qui débutent leur vie de prêtres dans l’Eglise. Ces conseils évidemment sont précieux pour Pierre qui devient prêtre aujourd’hui, mais ils sont précieux aussi pour nous tous, quelque soit notre fonction dans l’Eglise :
- C’est le conseil de prier sans se lasser,
- C’est le conseil de marcher toujours,
- Et c’est le conseil de partager avec le cœur.

L’apôtre Pierre a un jour supplié le Seigneur de le sauver de la noyade totale, et le Seigneur lui a saisi la main pour l’empêcher de périr. Il a pu devenir l’apôtre sur lequel les autres se sont appuyés, parce qu’il est resté le disciple que le Seigneur relève par sa force et sa tendresse. Le pécheur d’hommes est d’abord et toujours quelqu’un qui éprouve qu’il est « repêché» par la tendresse du Seigneur.

Nous lisons aujourd’hui dans les actes des Apôtres que Pierre était emprisonné par Hérode. Et nous lisons que « l’Eglise priait Dieu pour lui avec insistance. » Cher Pierre, et chers frères et sœurs, nous sommes portés véritablement par la tendresse et la force de la prière de l’Eglise. Quand nous éprouvons des difficultés, ne restons pas isolés à nous lamenter, mais éprouvons plutôt le réconfort de la prière de l’Eglise. L’insistance de la prière de l’Eglise soutient notre faiblesse et nous arrache à nos peurs. « Pierre, lève-toi vite, lui dit l’ange, mets ta ceinture et chausse tes sandales... »

L’ange qui a fait sauter les verrous de la prison d’Hérode, c’est l’ange de l’Eucharistie qui nous fait passer des ténèbres à l’admirable lumière de la foi et de la charité. Voici à quoi nous sommes appelés : vivre avec le Christ qui libère, dans la belle communion de toute l’Eglise, marcher dans la force de l’Esprit-Saint, et visiter ceux qui attendent de recevoir la paix et le salut que Dieu donne. La prière de l’Eglise, c’est ce que nous éprouvons à chaque fois que nous sommes réunis comme aujourd’hui pour l’Eucharistie, c’est ce que nous éprouvons chaque fois que nous quittons notre auto-centrement pour écouter ce que l’Esprit-Saint chante, et pour voir ce que l’Esprit-Saint montre. « Notre vocation, dit le pape François, a commencé quand, ayant abandonné la terre de notre individualisme et de nos projets personnels, nous nous sommes mis en route pour le « saint voyage », en nous remettant entièrement à cet Amour qui nous a cherché dans la nuit. »

Pierre, en te mettant en route pour servir comme prêtre le peuple sacerdotal, et annoncer avec lui l’évangile à tous, tu fais et tu feras l’expérience du priant qui dit dans le psaume : « je cherche le Seigneur, il me répond ; il me délivre de toutes mes angoisses ». Et avec l’Eglise en prière et en pèlerinage sur la terre, tu pourras dire du fond du cœur : « j’ai goûté, j’ai vu, combien le Seigneur est bon ! Heureux celui qui trouve en lui son refuge. » Dans la célébration de la prière et des sacrements, c’est comme si le vase de parfum se brisait pour laisser se répandre le souffle recréateur et pacifiant de l’Esprit-Saint. Les sacrements du salut répandent la joie et l’odeur de la délivrance. Paul, dans la deuxième lecture de cette messe d’ordination, dit : « j’ai été arraché à la gueule du lion ; le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me suivre. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. »

Ce Royaume, c’est Jésus lui-même, que nous ne rencontrons pas dans un ailleurs imaginaire. Quand il a introduit ces apôtres dans une nouvelle relation avec lui, c’est au carrefour des nations du monde, qu’il leur a demandé : « pour vous qui suis-je ? ». Et, il leur a ouvert l’esprit à une écoute profonde des meilleures attentes humaines : « au dire des autres, qui est le fils de l’homme ? » C’est à ce carrefour que le Christ continue de nous attirer pour le connaître, l’aimer et le suivre dans l’annonce du Royaume de Dieu. A la question posée par Jésus, Pierre prend la parole au nom de tous, et il dit ce que l’Esprit-Saint lui montre. Et nous pouvons dire : «en toi, Seigneur Jésus, est la plénitude de la divinité, en toi, Seigneur Jésus, se trouvent le salut et la joie, en toi est la source de la vie, par ta lumière nous voyons la lumière, en toi est le réconfort des pauvres et des pécheurs, en toi est notre vie et notre espérance. »

Nous demandons la grâce de savoir toujours partager avec le cœur, et non pas ériger des barrières de plus ; nous demandons la grâce de recevoir la force et la tendresse de Dieu, et non de discourir de loin sur les malheurs du temps. Quel bonheur de nous laisser recréer par la joie du Christ chaque jour grandissante !

+ Benoît RIVIERE



HOMELIE DE LA MESSE CHRISMALEMGR 2017 04
LE MARDI 11 AVRIL 2017
« Le Seigneur m’a consacré et envoyé »

En ce moment de la vie de notre pays, nous pouvons nous interroger :
A quoi bon le progrès des techniques de communication, quand nous éprouvons douloureusement que nous ne parvenons pas à être au meilleur de nous-mêmes ? Reconnaissons-le : nous ne parvenons pas toujours à nous écouter avec bienveillance les uns les autres. L’histoire de notre pays a-t-elle un avenir ? Quelle sera la porte qui nous fera entrevoir un avenir, en tant que nation, dans le concert des nations du monde ? Dans le fond, nous sommes inquiets de bien des manières, et nous cherchons ce qui apportera à notre société un peu d’espérance et de bon levain, pour qu’elle ne se désagrège pas dans l’insignifiance, le cynisme et finalement la violence.

Notre pays n’a pas seulement besoin d’un peu d’huile dans son moteur, mais d’un ressaisissement plus profond. Les disciples du Christ ont une mission à remplir.
Mes frères, mes sœurs, comme le dit l’auteur de la lettre aux Hébreux : « rejetons ce qui nous alourdit, et le péché qui sait si bien nous entraver, et courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les regards fixés sur celui qui est l’initiateur de la foi et qui la mène à sa perfection, Jésus... Oui, pensez à lui qui a enduré de la part des pécheurs une telle opposition contre lui, afin de ne pas vous laisser accabler par le découragement» (He 12, 1-3).

Ne pas nous laisser aller au découragement, c’est bien d’actualité, tant nous souffrons des vents contraires et violents qui nous détournent de l’amitié avec Dieu.

Aussi est-il bon d’être ressaisis ce soir dans cette messe chrismale par l’esprit de Jésus, lui qui envoie dans le monde pour aider à la naissance, pour arracher aux tombeaux, pour soulager les cœurs et les corps meurtris, pour fortifier ceux qui chancellent, pour pardonner les péchés, pour faire goûter et connaître la vérité qui rend libre.

Comme pour le serviteur de Dieu annoncé par le prophète Isaïe, l’Eglise, une dans le cœur de Dieu, peut entendre elle-même : « L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé consoler tous ceux qui sont en deuil, mettre sur eux l’huile de joie au lieu du deuil, un habit de fête au lieu d’un esprit abattu » (Is 61, 1-3a). Et le verset qui suit exprime à merveille le caractère propre de ce peuple consacré : « vous serez appelés « prêtres du Seigneur ». On vous dira « servants de Dieu ».

Ce soir, nous éprouvons avec bonheur la force de cette consécration qui est inséparablement un nouvel envoi dans le monde. Il m’a consacré et envoyé, peut dire avec action de grâce le Christ à son Père, et nous pouvons le dire avec lui et en lui.

Au cours de cette célébration, nous prions pour toutes les personnes en train de renaître à la vie véritable en se préparant au baptême, nous prions pour les baptisés qui seront marqués de l’onction au jour de la confirmation et qui seront ainsi davantage plongés dans la joie du Christ, l’envoyé du Père dans le monde. Nous prions pour les malades et les personnes âgés qui ont tant besoin du réconfort de l’Eglise. Nous prions pour les séminaristes qui sont parmi nous et pour tous les séminaristes.

Devenir prêtre au service d’un peuple consacré à Dieu et envoyé par Dieu pour aimer, pour servir, pour donner gratuitement les dons reçus gratuitement, n’est-ce pas aujourd’hui un signe lumineux de la vérité que Dieu nous montre ? Tu n’es pas abandonné à la seule subjectivité mondaine, tu n’es pas destiné à la solitude mortifère, tu n’as pas pour vocation de juger continuellement les autres en les condamnant dans ta conscience, tu as reçu un esprit de fils adoptif de Dieu dans le Christ Jésus, et tu es créé et sauvé par grâce.

Dans un moment, ceux qui ont reçu l’imposition des mains et l’onction pour être les serviteurs du peuple saint, dans la fonction de prêtres, nos frères prêtres ici présents, vont se replonger dans le grand oui de leur ordination sacerdotale. Aussi est-il bon de nous replonger dans la foi, sans laquelle disparaît la raison divine de le servir. Le Concile Vatican II nous le redit avec vigueur : « Pris du milieu des hommes et établis en faveur des hommes, dans leurs relations avec Dieu, afin d’offrir des dons et des sacrifices pour les péchés, les prêtres vivent avec les autres hommes comme avec des frères. C’est ce qu’a fait le Seigneur Jésus : Fils de Dieu, homme envoyé aux hommes par le Père, il a demeuré parmi nous et il a voulu devenir en tout semblable à ses frères, à l’exception cependant du péché» (presbyterorum ordinis n°3). En parlant ainsi de la condition des prêtres dans le monde, les pères du Concile Vatican II ont voulu les soutenir efficacement dans leur service, et mieux s’intéresser à leur vie.

La concélébration de la messe chrismale, de manière visible et tangible, montre non seulement bien sûr l’union des prêtres entre eux et avec le peuple de Dieu, mais elle montre l’unité de leur consécration et de leur mission. Cette unité de leur consécration et de leur mission se trouve dans le Christ Jésus. La célébration de la messe chrismale donne à tout le peuple de Dieu de rendre grâce visiblement ensemble. Elle nous donne de rendre grâce, de nous offrir entièrement dans le don de nous-mêmes en réponse au don que le Seigneur Jésus a fait de lui-même jusqu’à la fin.

+ Benoît RIVIERE



Homélie Messe de rentrée du personnel
Ensemble Charles Borromée - Chalon sur Saône
Le 31 août 2016

Dans le passage de l’évangile selon Saint Luc que nous entendons ce matin, nous voyons Jésus en train de faire son travail. Et quel est son travail ? C’est un travail qui apporte aux autres la guérison. C’est un travail qui rétablit les autres dans la vie, qui remet chacun dans le mouvement de la vie. C’est un travail entièrement relationnel. C’est un travail qui comporte également la patience et qui offre son temps à ceux qui le sollicitent.

Le travail de Jésus éclaire notre propre travail d’adultes dans un établissement scolaire. En quoi ?
Vous passez toute la journée (et quelques fois les heures très matinales ou tardives de la soirée !) avec et pour des jeunes qui connaissent chacun des attentes fort différentes : l’un attend d’être calmé de ses angoisses et de ses fièvres, l’autre attend d’être encouragé à exprimer ses possibilités humaines enfouies, un troisième attend d’être libéré de ses démons intérieurs pour pouvoir entrer en relation normale avec les autres...
Certains pourront dire : « mais cela n’est pas notre travail, c’est celui des médecins, des psychologues et en premier lieu celui des parents. » Je dirais qu’un enseignant qui veut vivre dans l’esprit de Jésus, c'est-à-dire dans le chemin de l’Evangile, va faire son métier avec les mêmes sentiments que l’on trouve en Jésus.
Quand on a demandé à Jésus de venir prendre du temps près d’une femme en train de mourir, quand n lui amenait des gens blessés et malades, au corporel et au spirituel, quand il devait se confronter aux personnes prises par un fort sentiment d’être rejeté par les autres, il n’a pas dit : « je n’ai rien à voir avec ces choses. Je suis d’abord là pour enseigner la Bonne Nouvelle ! » Mais il a transmis cette bonne nouvelle par sa présence aimante et par ses mains qui n’ont pas eu peur de toucher les blessures et de retirer les saletés qui abimaient le corps et l’âme de tant de gens.

Le travail d’une école ouverte à tous, c’est un travail de miséricorde, un travail qui est le plus souvent discret, caché aux yeux du grand public. C’est un travail où l’on se met à hauteur des petits pour les servir, c’est un travail qui comporte toujours et inséparablement trois « dimensions », ou trois « langages » si l’on veut :
- Le langage des mains pour rejoindre concrètement les besoins humains, pour porter les jeunes et passer du temps à les accueillir et les accueillir à nouveau tous les jours, avec leurs fragilités et avec leurs blessures. Et ce travail est fatigant, oui, il demande que nous donnions toujours notre disponibilité et notre patience. Car nous avons cette certitude : Dieu sauve en humanisant ce qui était en train de mourir. Dieu sauve en apportant sa joie et son pardon, toujours, partout et sans limite ! C’est aussi ce langage des mains qui nous fait préparer et conduire des actions concrètes avec les jeunes à l’intérieur et à l’extérieur de l’école : la visite des personnes isolées, le contact avec les malades, le soutien scolaire, l’organisation de voyages et d’activités ludiques. C’est ce que nous pouvons appeler la dimension corporelle.
- Il y a ensuite le langage du cœur. C’est celui par lequel le jeune se sent reconnu et surtout reconnu dans une lumière d’espérance, et non pas la lumière du radar qui le flashe quand il dépasse les limites. C’est le langage de l’écoute active qui fait qu’un jeune se dira : je n’avais plus confiance en moi, ni en Dieu, ni dans mes parents, et grâce à ce cœur d’un enseignant, d’un cadre éducatif, d’un personnel OGEC, à la cantine ou dans la cour de récré, je suis relevé, je suis de nouveau en confiance, je peux remarcher comme cette femme en qui Jésus s’était penché dans la maison de Simon-Pierre.
- Et enfin, le langage de l’esprit. On pense tellement à celui là qu’on en oublie les deux autres, ou bien qu’on les délègue. Non ! Tout adulte dans l’école doit être un homme ou une femme capable de parler ces trois langages avec les jeunes.

Pour cela, nous devons demander la patience, nous devons demander la grâce aussi de connaître nous-mêmes ce que veut dire d’être en chemin de paix et de réconciliation.

+ Benoît RIVIERE

 


« Simon, j’ai quelque chose à te dire »EVEQUE DIMANCHE HOMELIE
(Lc 7, 36-50)
Homélie du dimanche 12 juin 2016
Lors de l’Assemblée synodale

 



L’évangile du repas chez Simon nous introduit dans les sentiments profonds de Jésus, et il nous pose aussi cette simple question : voulons-nous aimer davantage ou bien non ?

Deux figures opposées sont mises en lumière ici, la figure de celui qui invite Jésus à sa table, et la figure d’une femme qui s’invite elle-même, pour être présente là où plusieurs auraient préféré ne pas la voir. Il n’est pas difficile pour nous de comprendre les sentiments de Simon devant Jésus se laissant toucher par une femme de mauvaise vie – je dis de mauvaise vie pour dire pécheresse, c’est la même chose. Simon se dit en lui-même : Jésus n’est pas le maître de vérité que certains imaginent, puisqu’il semble ignorer qui est cette femme. Il ne la repousse pas. Il ne lui fait pas publiquement le reproche que sa vie est marquée par le péché. Il reçoit même ses larmes, et il reçoit ses larmes qui sont accompagnées par un geste qui engage toute la féminité de cette femme, c'est-à-dire qu’elle essuie les pieds de Jésus avec ses cheveux.

Quels sont les sentiments de Jésus vis-à-vis de cette femme ? Elle s’est imposée, sans avoir été invitée, elle est une intruse, elle ne cadre pas avec la haute idée que certains se faisaient de la table de Jésus, ou plus exactement de ce qui est convenable, et de ce qui ne l’est pas quand on est dans la maison d’un observant strict de la loi : la maison de Simon.

Les sentiments de Jésus vis-à-vis de la femme pécheresse et humble, nous y communions lorsque nous reconnaissons en elle une figure de l’Eglise. C’est nous qui étions perdus, hors de la convivialité dans la maison des justes, c’est nous qui avions tué l’amour par nos actes de mensonge et de dissimilation, nos actes qui dénaturaient la beauté de la dignité de l’homme et de la femme créés à l’image de Dieu. Et cette femme ne vient pas pour condamner, elle ne vient pas en faisant des discours, elle pleure, et elle vient chercher Dieu qui seul est source de pardon et de consolation sans limite. Elle est l’image de l’Eglise qui supplie pour elle-même et pour tous les pécheurs du monde. Elle a aimé mal, et elle aime tant le Christ, lui qui est capable de comprendre jusqu’au soupir caché de celui qui n’en peut plus. Elle pressent que seul le Christ l’aimera vraiment. Jésus est saisi d’une immense miséricorde envers elle. A son contact, la femme est entièrement purifiée, elle retrouve sa dignité.

Et quels sont les sentiments de Jésus vis-à-vis de Simon ? Jésus est invité à la table des justes et des injustes, à la table des gens qui réussissent leur vie et à la table des gens qui réussissent mal leur vie. Il accepte ici l’invitation chez Simon, pharisien zélé dan l’observance de la loi. Il est le vivant qui vivifie. Il met sa joie à être à la table des uns et des autres en communiant à la grâce d’écouter ce que l’Esprit-Saint montrera. Et c’est pourquoi, vis-à-vis de l’orgueilleux Simon, Jésus n’a pas le cœur fermé. En lui, Jésus, les flots d’amour miséricordieux coulent pour Simon autant que pour la femme pécheresse.

Mes frères et mes sœurs, entendons l’amour de Jésus pour Simon. Entendons-le chercher l’homme qui ne se savait pas perdu et qui l’était autant, et peut-être plus, que la femme pécheresse. « Simon ! ». Jésus ne l’appelle pas : « espèce de grand orgueilleux ! » Non ! Il l’appelle avec tendresse, et avec un infini amour envers l’homme de la loi qui, sans le savoir encore, a soif surtout de la grâce qui ne vient pas des mérites. Alors il a envers le cœur dur et sûr de lui de Simon, les mots d’une infinie tendresse, ceux que l’on dit à l’être aimé : « Simon... j’ai quelque chose qui est pour toi, vraiment pour toi. Tu te crispais sur la loi et je te murmure la grâce. Tu pensais à ce que tu allais dire pour te justifier et tu peux à présent entrer dans le beau silence de l’amour qui écoute une parole pour chacun, et pour toi en particulier : Simon ! J’ai quelque chose à te dire ! »

Désirons imiter l’humilité de la femme repentante et aimante à qui le Seigneur donne d’entendre la grâce du pardon, et désirons que notre cœur orgueilleux soit brisé par la toute puissance de la délicatesse divine.

Au cours de cette session de l’assemblée synodale, nous voulons seulement progresser, appuyés les uns sur les autres, dans l’amour. Nous voulons aimer avec la grâce et les sentiments du Christ, lui le Sauveur de son corps qui est l’Eglise.

+ Benoît RIVIERE


Ordinations de 3 diacres permanents

DIACRES 3
Dimanche 28 juin 2015 en la cathédrale Saint Lazare d’Autun

Monsieur Jean-Claude LYONNE;
Monsieur Jean-François BROCHOT;
Monsieur Jean-Louis HIVERNAT

ont été ordonnés diacres permanents.

En cette belle après-midi de début d’été, avec vous Jean-Claude, Jean-François et Jean-Louis, et avec vous tous qui êtes présents ici, regardons Jésus.
Regardons-le et écoutons-le à travers ce passage de l’Evangile selon Saint Marc que l’Eglise a choisi pour ce dimanche. Voici trois points de méditation auxquels nous allons réfléchir simplement :

1- Jésus n’a pas d’autre programme personnel, sinon celui de servir à plein-temps. Il se montre à nous comme serviteur intégral.
2- Jésus guérit des personnes singulières, une par une, et non pas en masse grosso-modo. Non ! Il guérit personnellement, s’appuyant sur la foi qu’il met à jour, car la foi met en relation avec les autres.
3- Jésus ne veut pas de publicité autour de ses actions. Il est l’amoureux du cœur à cœur avec Dieu, l’amoureux de la prière et de la discrétion.

Nous trouvons bel et bien dans le Christ Jésus, le vrai serviteur qui guérit, et qui introduit dans la Paix. C’est lui que l’Eglise veut suivre partout et toujours. C’est par Lui que vous recevez aujourd’hui, Jean-Claude, Jean-François et Jean-Louis, la mission diaconale.
C’est aussi par Lui que l’Eglise accueille trois nouveaux ministres ordonnés aujourd’hui.
Regardons-le et écoutons-le.

1- « Une grande foule s’assembla autour de Jésus. Arrive un des chefs de synagogue qui supplie instamment Jésus de venir guérir son enfant. Et Jésus partit avec lui et la foule le suivit. »

Il est le serviteur en profondeur, et non pas le serviteur du superficiel. Quand débarque en pleine catéchèse un homme qui a vraiment une attente profonde et sincère, Jésus se met en mouvement, à neuf comme toujours avec lui, pour suivre cet homme vrai et croyant. Il n’est pas accroché à un programme inscrit dans le marbre, mais au souffle de l’Esprit de son Père, il ne se considère pas dérangé par les sollicitations ; seuls les gens autocentrés sont dérangés ! Et non seulement il se déplace vers la maison de Jaïre qui a besoin de salut, mais en chemin, il va se laisser encore rejoindre par une femme qui souffre depuis longtemps d’un mauvais rapport à la vie. Et il ne va pas seulement la guérir à la sauvette, il va, bien mieux, demander à la voir et à lui parler ; cette humble femme ne voulait pas déranger, et ne voulait pas être vue. Elle ignorait encore qu’on ne dérange jamais le Seigneur, qui est vraiment en tout et toujours le serviteur fidèle. Elle ignorait la joie du Seigneur de nous partager son amitié, et l’amitié est toujours dans la lumière et non dans la dérobade.

Voici donc un premier appui pour votre mission de diacres, Jean-Claude, Jean-François et Jean-Louis : ne vous considérez pas comme propriétaires de votre mission. Ne dites pas toujours « je » comme disent certains propriétaires, mais dites toujours le « nous » humble et joyeux des serviteurs. Ne partez pas de vous-mêmes pour exercer votre service, partez de ce qui vous sera demandé, partez du Christ Jésus. Il vous fait signe dans le visage des petits et des blessés de la vie. Donnez votre temps pour eux en premier. Donnez votre disponibilité, non pas à contrecœur, mais avec le cœur en fête, comme dit le psaume de la liturgie de ce dimanche. Et pourquoi votre cœur pourra-t-il être toujours en fête ? Ecoutez bien le psaume : « que mon cœur ne se taise pas, qu’il soit en fête pour toi, et que sans fin, Seigneur mon Dieu, je te rende grâce ». La rumeur intérieure de votre cœur sera la louange de Dieu, car en elle, vous porterez les cris et les espoirs du monde. Dieu aime celui qui donne en étant détaché de lui-même, et donc en riant, capable de recevoir et de communiquer la joie reçue d’en haut, celle que Jésus nous donne en abondance, sa joie d’être aimé éternellement et envoyé pour une mission en faveur de tous les hommes. Soyez des diacres qui donnez toujours, avec au cœur une joie très pure.

2- Jésus est donc le serviteur intégral et à plein temps de la joie divine qui relève, qui communique la vraie paix, et qui guérit, en manifestant la foi : « Ma fille, dit-il à la femme hémorroïsse, ta foi t’as sauvée ! Et auprès de la fillette qui était morte, il se met à l’écart de l’agitation, et il ressuscite en elle la vie : « Jeune fille, je te dis : lève-toi ! »
Jésus relève et guérit par sa présence, et il continue cette action de salut et de guérison dans les sacrements de l’Eglise. C’est pourquoi, le catéchisme de l’Eglise catholique commence la grande partie sur les sacrements par l’image de la femme qui perd son sang, et qui vient toucher le vêtement de Jésus par derrière. Le retournement de Jésus vers cette femme, c’est le même retournement qui nous saisit, nous guérit et nous envoi, en chaque célébration sacramentelle.

Chers amis qui recevez aujourd’hui l’ordination diaconale, soyez serviteurs de l’Eucharistie et des autres sacrements ; en eux, Dieu poursuit son action de salut, qui pacifie en profondeur et qui guérit le monde.

3- Et voici le dernier point de notre méditation de l’évangile d’aujourd’hui. Nous sommes étonnés par une autre chose, c’est la discrétion de Jésus. « Jésus leur ordonna fermement de ne le faire connaître à personne. » Voilà encore la belle marque du service. Voilà la marque de Marie, la servante du Seigneur. Jésus ne veut pas que l’on se répande en paroles autour de ce qui vient de se passer dans la résurrection de la fille de Jaïre. Nous garderons cette discrétion en nous replongeant souvent dans la prière confiante. Lorsque nous prions dans l’unité de l’Eglise, nous accueillons et cultivons sur cette terre le beau silence d’écoute, et la belle réponse de l’ami et du frère : Me voici ! C’est le sens de l’engagement que prennent les diacres dans la célébration quotidienne de la prière des heures.

Jean-Claude, Jean-François et Jean-Louis, soyez serviteurs avec le Christ, soyez diacres des petits et des blessés de la vie, avec la discrétion et l’humilité qui ont leur source en Dieu ; ne cherchez pas à ce que l’on parle de vous et de ce que vous direz et ferez. Le Christ n’a pas voulu ramener les choses à lui, il veut encore et toujours nous faire passer

de l’égoïsme à la communauté,
de la tristesse à la joie,
de la mort à la vie,
du péché à la grâce,
de l’isolement à la fraternité,
et d’une terre de larmes à la terre d’éternelle consolation.

+ Benoît RIVIERE

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Biographie

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Communiqués de la Porte-Parole

COMMUNIQUE ENTREE EN CARME 2019
COMMUNIQUE ENTREE EN CARME 2019 2




JMJ 2019 COMMUNIQUE 1

JMJ 2019 COMMUNIQUE 2




COMMUNIQUE ACCUEIL NOUVEAUX ARRIVANTS 2018



COMMUNIQUE RENCONTRE INTERRELIGIEUSE MAZILLE 2018



COMMUNIQUE LES GRANDS RENDEZ VOUS DIOCESAINS



COMMUNIQUE RENCONTRE MGR AVEC PRESIDENT REPUBLIQUE




RECO CAREME 2018


COMMUNIQUE MIGRANTS REFUGIES 1

COMMUNIQUE MIGRANTS REFUGIES 2

COMMUNIQUE MIGRANTS REFUGIES 3
COMMUNIQUE MIGRANTS REFUGIES 4



Autun, le 13 11 2017

Communiqué

Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun, demande que chacun puisse s’unir à la prière du diocèse de Marseille pour Monseigneur Bernard Panafieu, ancien Cardinal Archevêque de Marseille, décédé ce 12 novembre.
Monseigneur Rivière, ordonné Evêque auxiliaire de Marseille le 18 février 2001 par Monseigneur Panafieu, sera présent à sa messe de sépulture qui aura lieu à la cathédrale de La Major de Marseille le vendredi 17 novembre à 15 h.


Anne Jacquemot
Porte parole de Monseigneur Benoît Rivière

 

 




DAVID BONETAIN COMMUNIQUE



ORDINATION DHAUSSY



 

JOURNEE VIE CONSACREE 2017





COMMUNIQUE CHAMPIONNAT FRANCE CYCLISTE 2017






DENIER COMMUNIQUE1 2017
DENIER COMMUNIQUE2 2017



communique synode decembre 2016



lettreevequeselections



COMMUNIQUE MERE TERESA



logo petitAutun, le 27 juillet 2016



Messe de jeûne vendredi à la cathédrale


Vendredi 29 juillet, une messe sera célébrée à 19h à la cathédrale à Autun, en mémoire du Père Jacques Hamel, victime du terrorisme dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Cette célébration sera présidée par le Père André Guimet, vicaire général du diocèse.

Chacun peut rejoindre, s’il le souhaite, cette eucharistie. En lien avec tous les Catholiques de France, cette proposition à Autun répond à l’invitation de Monseigneur Georges Pontier, archevêque de Marseille et Président de la Conférence des évêques de France, qui demande que ce vendredi soit jour « de jeûne et de prière pour notre pays et pour la paix dans le monde ».

Les jeunes de Saône-et-Loire vivront ce même jour le chemin de croix à Cracovie autour du pape François et de Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun. Ils « suivront le Christ dans sa victoire sur la haine, la vengeance et la mort ».

Le Christ est « notre lumière et notre espérance ».

Anne Jacquemot
06 07 77 03 51




COMMUNIQUE VOYAGE MADAGASCAR 2016


Autun, le 27 mai 2016


A Mazille, la 6e Rencontre interreligieuse de prières pour la paix

mazille
La session interreligieuse, qui a lieu tous les deux ans à Mazille, se déroulera cette année, le dimanche 5 juin pour sa 6e édition. C’est une initiative unique et originale mise en œuvre en Saône-et-Loire depuis 10 ans. Un « Message de Paix » sera proclamé et signé à l’issue de cette journée. De telles rencontres de dialogues, initiées dans l‘esprit de celles proposées par le Pape à Assise, ont toujours un impact fort dans l’opinion publique.

Les sœurs carmélites de Mazille accueilleront donc pour la sixième fois cette session de dialogue et de prière, à laquelle participent des responsables des communautés religieuses de Saône-et-Loire : musulmans, juifs, bouddhistes et chrétiens (catholiques, orthodoxes, protestants). Les participants vont échanger autour de cette thématique « la vie, la mort : quelle espérance ? ». Un secrétariat interreligieux permanent prépare depuis plusieurs mois la session, à laquelle sont invitées 200 personnes représentantes des différentes religions.

Le déroulement :
- à partir de 12h30 au Carmel de la paix de Mazille (à Chaumont 71250 Mazille)
- Déjeuner. Une soupe chaude est servie, chacun apporte son pique-nique.
- 13h30 Prière et méditation des Bouddhistes
- 13h30 Prière de midi des Juifs
- 13h40 Prière Dhur des Musulmans
- 14h Assemblée plénière : introduction puis table ronde sur le thème de la session
- 15h15 Dialogues : l’assemblée est partagée en plusieurs petits groupes de dialogue
- 16h15 Moment de détente
- 16h45 Table ronde, 2e temps
- 17h30 Prières de chacune des religions. Pendant que les uns prient, les autres écoutent.
- 18h30 Message de paix aux habitants de Saône-et-Loire
- 18h40 Verre de l’amitié

Les enjeux de ces rencontres sont multiples : se rencontrer entre croyants, se connaître, s’écouter, s’estimer, sans ignorer ce qui fonde les différences entre les religions, vivre un moment d’amitié, approfondir l’appel à la prière, se laisser éclairer par la rencontre de celui qui est différent dans sa foi, manifester que les liens d’amitié entre croyants de différentes religions sont possibles et en témoigner, afin de permettre aux participants de diffuser ensuite cet esprit de dialogue là où ils vivent.

Les thèmes abordés depuis dix ans :
- 2006 : pour un humanisme de paix ici et de proche en proche à travers le monde
- 2008 : chemin de paix : quels obstacles, quels appuis, en moi et autour de moi ?
- 2010 : pas à pas vers une terre de paix
- 2012 : dis-moi ta prière
- 2014 : je suis avec toi, une lumière dans l’obscurité





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Autun, le 13 mai 2016


Une vingtaine d’adultes de Saône-et-Loire seront confirmés ce samedi de Pentecôte par Monseigneur Rivière


Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun, confirmera une vingtaine d’adultes du diocèse samedi 14 mai prochain, en la veille de la fête de Pentecôte. La célébration se déroulera à la cathédrale à Autun à 17h.
Ces diocésains venus de toute la Saône-et-Loire ont entre 18 et 50 ans. Ils habitent à Chalon-sur-Saône, Chauffailles, Cluny, Autun ... Ils ont été baptisés, pour beaucoup, lors de leur petite enfance. La fête de la Pentecôte, pour les chrétiens, est la fête de l’Esprit Saint, c’est donc un moment privilégié pour recevoir le sacrement de confirmation.
Selon Monseigneur Rivière, chaque demande de confirmation reflète « la délicatesse infinie de Dieu vivant et sauveur ». Les témoignages des confirmands, qui lui écrivent tous, rendent compte « d’une authentique vérité dans la relation à soi-même, à Dieu, et aux autres ». Ces adultes « découvrent progressivement la soif » de voir ce qui vient réellement de Dieu dans leurs vies. Leur démarche expriment aussi un « bel amour de l’Eglise » et du lien avec des frères.
Les confirmands rencontreront à 15h Monseigneur Rivière, avant la célébration. Lors de la messe, la liturgie de la Parole sera très développée, avec plusieurs lectures bibliques liées à l’Esprit Saint. Toutes les personnes qui le souhaitent peuvent assister à cette célébration ouverte à tous.


Appels dcisifs 2




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Autun, le 29 avril 2016


Monseigneur Rivière fête demain avec 300 collégiens
l’anniversaire de ses dix ans en Saône-et-Loire

EVEQUE 2
Samedi 30 avril à Chalon-sur-Saône, de 9h30 à 18h, environ 300 de collégiens venus de tout le département, de l’enseignement public et privé, sont invités par Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, à un rassemblement sur le thème de la paix. Ce sera l’occasion pour lui de fêter, avec ces jeunes de Saône-et-Loire, ses dix ans, jour pour jour, d’intronisation dans le diocèse. C’est en effet le 30 avril 2006 que Monseigneur Rivière a été intronisé 113e évêque d’Autun dans sa cathédrale et accueilli par l’ensemble des prêtres et diocésains de Saône-et-Loire.

Les responsables diocésains des aumôneries de l’enseignement public et de l’enseignement catholique ont préparé ce rendez-vous qui sera ponctué de témoignages et d’échanges. Il s’agira, pour ces jeunes, de vivre la paix, de la célébrer et l’intérioriser, de s'engager comme artisans de paix. La messe sera célébrée à 14h30 en l’église Notre Dame des Lumière 7 rue André Chénier, au cœur du rassemblement. Le concert de Pop Louange, ouvert à tous, avec le groupe Sentinelles, clôturera cette belle journée, dont la précédente a eu lieu en 2012.

Les jeunes arriveront en bus et seront répartis sur cinq lieux : églises Sainte Thérèse, Saint Paul et Sacré Cœur, école le Devoir, collège Saint Dominique. Après un accueil festif, le matin, ils rencontreront un « acteur ordinaire de la paix » et vivront un temps d’intériorité. Par petits groupes, ils seront ensuite invités à créer sur ce thème de la paix, grâce à différents supports artistiques. La matinée se terminera par un pique-nique. L’après-midi, les jeunes se rendront tous ensemble à l’église Notre Dame de lumière. Le rassemblement sera solidaire d’un projet du CCFD, Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement, porté par le Youth Ressource Developpment Program (YRDP).



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Jubilé des consacrés de Saône et Loire


A l’invitation de Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, toutes les Religieuses et tous les Religieux de tous les monastères de Saône-et-Loire, soit presque 600 Sœurs et Frères, se retrouveront samedi 16 avril à Paray-le-Monial pour célébrer le jubilé de la miséricorde.
Pour cette occasion, une autorisation exceptionnelle de sortie des monastères a été promulguée.
C’est une démarche inédite souhaitée par Monseigneur Rivière pour deux raisons principales : marquer la clôture de l’Année de la vie consacrée (2015) et célébrer l’Année de la Miséricorde (8 décembre 2015 – 20 novembre 2016). Ces années saintes ont été voulues par le Pape François.
Le choix de la date, le 4e dimanche après Pâques, correspond aussi à la veille du dimanche de prière pour les vocations. Ce week-end est donc également un moment privilégié pour les consacrés de renouveler leur engagement de vie auprès de Dieu et de prier ensemble pour les vocations.

Le choix du lieu, Paray-le-Monial, correspond à un site pouvant accueillir plusieurs centaines de personnes. C’est surtout l’un des deux lieux où il est proposé de franchir l’une des deux portes de la Miséricorde en Saône-et-Loire.

La journée est préparée activement par le Père Georges Auduc, Délégué épiscopal à la vie consacrée, avec les délégués des monastères et les représentants des zones pastorales. Il est en lien permanent avec chaque communauté religieuse, mais aussi avec les femmes appartenant à l’Ordre des Vierges Consacrées.

L'évêque exerce comme une paternité spirituelle dans son diocèse. L’une de ses missions spécifiques, liée à son ministère, est donc de discerner, reconnaître et favoriser le développement des charismes que le Saint-Esprit suscite parmi son peuple, aussi bien chez les personnes qu’au sein des Instituts de vie consacrée, des Mouvements ou des Associations. La vie consacrée ne constitue pas une Eglise à part, mais est pour lui, cette partie de l'Église qui vit dans un esprit prophétique, et oriente le « corps ecclésial » tout entier dans le suivi parfait du Maître, au fil des temps qui changent.

Paray-le-Monial est le lieu par excellence en France, de la Miséricorde. C’est là que, au XVIIe siècle, sainte Marguerite-Marie fut gratifiée de plusieurs apparitions du Christ qui lui montra son cœur. Avec Saint Claude La Colombière, prêtre jésuite qui fut son conseiller spirituel, elle porta le message de la Miséricorde à ses sœurs du monastère et au-delà. En cette année jubilaire pour l’Eglise universelle, venir franchir une porte sainte à Paray, c’est rentrer plus profondément dans ce mystère toujours renouvelé de l’immense amour de Dieu pour chacun, c’est accueillir le cœur de Jésus en soi, sur le lieu même des apparitions.

Paray-le-Monial est le sanctuaire de la miséricorde. La porte du sanctuaire est toujours ouverte aux pèlerins dont le cœur est touché par la grâce et qui trouvent le chemin de la conversion. Les consacrés du diocèse d’Autun seront donc invités à franchir cette porte ensemble le 16 avril.



11 mars 2016


La Saône-et-Loire en route vers la JDJ et les JMJ

JDJ 2016

A l’invitation de Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, les jeunes de 16 à 35 ans de Saône-et-Loire se préparent à vivre deux grands événements en 2016, la JDJ, Journée Diocésaine de la Jeunesse le 19 mars à Lugny, et les JMJ, Journées mondiales de la Jeunesse, en juillet à Cracovie autour du Pape François. Des jeunes polonais, originaires du diocèse polonais qui accueillera en juillet les jeunes diocésains d’Autun, viendront découvrir notre diocèse et rencontrer les jeunes Français à l’occasion de la JDJ. C’est une première : curés et maires des communes polonaises et françaises, Rybnik et Saint-Vallier, villes européennes jumelées, collaborent en lien étroit pour l’organisation de ces événements.

La JDJ, présidée par Monseigneur Rivière, est une journée de pèlerinage des jeunes à Lugny, Viré-en-Mâconnais et Burgy, paroisse Notre Dame des Côteaux en Mâconnais, dont le curé est le Père Bernard Blondaux. Elle constitue un temps fort de préparation au départ pour les JMJ, visible notamment grâce à la présence de la délégation polonaise et le déploiement du thème des JMJ : « Heureux les miséricordieux », issu du message du pape François.

La messe de la JDJ est ouverte à tous et sera célébrée à 18h en l’église de Lugny. Elle correspond à la procession et à la célébration des rameaux, début de la grande semaine des Chrétiens, la Semaine Sainte qui conduit à la fête de Pâques, fête de la résurrection du Christ.

La croix des JMJ, fabriquée par les jeunes de la JOC, Jeunesse Ouvrière Chrétienne de Montceau, circule de paroisse en paroisse depuis l’an dernier. Elle sera transmise à l’issue de la JDJ aux jeunes de la paroisse qui accueillera la JDJ en 2017. Par ailleurs, un lien sera établi avec la session sur le judaïsme organisée à Paray-le-Monial en juillet avant les JMJ, car le site d’Auschwitz est situé à proximité du diocèse qui accueillera la délégation de Saône-et-Loire.

Le Père Grégoire Drouot, délégué épiscopal pour la Pastorale des jeunes et des vocations, pilote la JDJ et les JDJ, dont la coordination est assurée par le Père Nicolas Berthier et Christine Clerc, laïque en mission ecclésiale.

Une centaine de jeunes sont déjà inscrits pour les JMJ. Le père Drouot accompagne les groupes locaux qui se constituent à Digoin, Paray-le-Monial, Pierre-de-Bresse, Charolles, Autun, Mâcon, Etang-sur-Arroux, Chalon-sur-Saône et Le Creusot notamment. D’autres groupes se forment, en lien avec des mouvements de jeunes ou des communautés religieuses. La communauté des frères de Taizé sera présente en Pologne durant toute la durée des JMJ.

 


MUSEE HIERON 1

Une superbe reconnaissance pour le musée du Hiéron
L’inscription au titre des Monuments Historiques !


Le musée du Hiéron, situé à Paray-le-Monial et dont l’Association Diocésaine est propriétaire, vient d’être inscrit au titre des monuments historiques. L’arrêté du 21 décembre 2015 précise que «

l’inscription s’applique aux immeubles dont l’intérêt d’histoire et d’art justifie la conservation matérielle et la transmission aux générations futures ». Plus précisément, le musée, construit de 1888 à 1893 par l’architecte Noël Bion, est donc reconnu pour « ses qualités architecturales, la modernité de ses aménagements : charpente métallique, éclairage zénithal », mais aussi pour « sa place dans l’histoire des musées au 19e siècle, l’originalité de son projet muséographique ». Enfin, « la qualité de ses décors intérieurs », notamment les peintures d’Hugo d’Alési, sont évoquées dans l’arrêté.
L’Association diocésaine a confié la jouissance du musée à la commune de Paray-le-Monial par bail emphytéotique depuis 2001. Ce musée, labellisé Musée de France, présente sur 700 m² un parcours retraçant deux millénaires d'histoire du christianisme. Son nom provient de la racine grecque, hieros, sacré, et fait également référence aux hieron de l'Antiquité Grecque, espaces à la fois religieux et politiques.


Conçu dès l’origine pour accueillir des œuvres d’art sacré


C’est l'un des rares musées en France construit dès l'origine pour accueillir une collection d'œuvres d'art sur le thème de l'eucharistie. Sa conception, caractéristique de l'architecture des musées de la fin du 19e siècle, comme le Petit Palais à Paris, offre une alliance entre classicisme des formes et des matériaux, et techniques innovantes de construction. Ainsi, la charpente de la salle centrale présente une architecture métallique influencée par Gustave Eiffel.
L’œuvre la plus emblématique est la Via Vitae « Chemin de vie » (1894-1904), classée Trésor Natinal, de l’orfèvre parisien Joseph Chaumet. Cette œuvre exceptionnelle est réalisée en matériaux précieux : or et ivoire pour les 138 figurines, argent doré et patiné, platine, cristal de roche, diamants, rubis, marbres, albâtre, bronze doré, elle présente sur 2,70 mètres de hauteur placée sur un socle large de trois mètres, une évocation spectaculaire de la vie du Christ.
Le rez-de-chaussée surélevé présente les collections permanentes réparties à travers trois grandes salles, selon cinq thèmes : Sous le signe de la Croix, Le Modèle Divin et Humain, Le Cœur de Jésus, A la table du Seigneur et La Divine Hostie. La salle centrale octogonale donne à voir des décors monumentaux et retrace l'histoire du musée. Le niveau inférieur accueille des expositions temporaires, les activités d'animation, notamment les ateliers jeune public durant les vacances scolaires, ainsi qu’un espace de travail.
La Conservatrice, Madame Dominique Dendrael, accueille régulièrement avec son équipe, des artistes contemporains pour des expositions ou installations temporaires. Ce musée est l’une des richesses culturelles de notre diocèse : à découvrir ou à redécouvrir dès sa réouverture annuelle le 19 mars.
MUSEE HIERON 2

Musée du Hiéron 13, rue de la Paix 71600 Paray-le-Monial 03 85 81 79 72.
Pour les ateliers et la documentation thématique : 03 85 81 24 65.

Le musée est ouvert du mercredi au dimanche de 10h30 à 12h30 et de 14h à 18h. En juillet et en août, tous les jours aux mêmes horaires.



VOYAGE NY8Autun, le 4 mars 2016


A New-York,
Monseigneur Rivière et le Père de Marsac
ont rencontré les maîtres de l'orthodoxie juive





Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, a participé du 22 au 24 février, à New-York et à Washington, aux rencontres internationales des cardinaux, archevêques et évêques avec les maîtres de l’orthodoxie juive. Le cardinal André Vingt-Trois, à la tête de cette délégation, conduit ces déplacements, référence incontournable dans le dialogue entre Juifs et Chrétiens.
Monseigneur Rivière avait donc convié pour la première fois le père Thierry de Marsac, curé de la paroisse Saint Juste de Bretenières à Chalon-sur-Saône, à l’accompagner. La tante du père de Marsac, Sœur Marie La Génardière (1891 – 1981), a reçu le 4 janvier 2016 à titre posthume la médaille des Justes parmi les Nations au Mémorial de la Shoah à Paris. Mère supérieure d’un couvent des Sœurs de Saint Vincent de Paul, elle a sauvé deux personnes durant la 2e guerre mondiale.
Ce déplacement est l’occasion de poursuivre le dialogue initié par le cardinal Lustiger il y a une dizaine d’années, d’approfondir des amitiés, et de faire progresser la reconnaissance religieuse mutuelle entre Juifs et Catholiques. Le thème était le suivant : « certains Juifs sont victimes de violences antisémites. Certains membres de l’Eglise sont aussi victimes de violences. Quels sont les points de repère éthiques issus de nos deux traditions face à ces situations ? ».
Les participants ont donc réfléchi sur cette question avec les maîtres juifs, les rabbins, des professeurs et des étudiants de la Yeshiva University. Ils ont visité le Mémorial du 11 septembre et l’Holocaust Memorial Museum de Washington. Une rencontre à la nonciature apostolique a marqué aussi ce voyage.
Ces rencontres sont préparées par le père Patrick Desbois, directeur du service national pour les relations avec le judaïsme de la Conférence des Evêques de France. Les Yeshivot sont des écoles spirituelles juives, à l’origine en Europe centrale, et réinstallées à Brooklyn lors de la seconde guerre mondiale. Elles sont le « réservoir » de l’identité de l’ensemble du peuple juif.

Anne Jacquemot



Dialogue interreligieux - Trois rendez-vous en 2016

VOYAGE NY7

Le dialogue interreligieux : une réalité intensément vécue en Saône-et-Loire - Les trois grands rendez-vous de l’année 2016


CONFERENCE DE PRESSE du jeudi 11 février 2016


MONSEIGNEUR RIVIERE OUVRIRA DIMANCHE 13 DECEMBRE
DEUX PORTES DE LA MISERICORDE
EN SAONE-ET-LOIRE

JUBILE MISERICORDE



Dimanche 13 décembre prochain, à la suite du Pape François, les évêques du monde entier ouvriront dans chaque diocèse une « porte de la Miséricorde », pour marquer le début du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, année « sainte » qui commence le 8 décembre 2015 et s’achèvera le 20 novembre 2016.

Deux portes seront ouvertes par Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun. Il invite les habitants de Saône-et-Loire ou les personnes de passage, à venir dimanche 13 décembre, à Autun à 10h30 devant la cathédrale, ou à Paray-le-Monial à 15h30 à la Basilique, pour l’ouverture de ces « portes de la Miséricorde ». A Autun, le rendez-vous est fixé devant le tympan de cathédrale. Après une introduction, aura lieu l’ouverture solennelle de la porte droite du tympan, celle qui n’est pas ouverte habituellement. Elle sera décorée pour cette occasion exceptionnelle. Durant la messe qui suivra, les Scouts apporteront la lumière de Bethléem, arrivée par avion en France. Les familles Scouts et les anciens Scouts sont donc tout particulièrement conviés. A Paray, l’ouverture de la porte s’effectuera dans le même esprit. La célébration commencera à l’intérieur de la basilique, avant une procession jusqu’à la porte principale de la chapelle de la Visitation, qui sera alors ouverte solennellement, avant un retour en procession jusqu’à la basilique.

Monseigneur Rivière convie aussi toutes les personnes qui le pourront, à venir, avant fin novembre 2016, faire une démarche de pèlerinage à la cathédrale d’Autun ou à la chapelle de la Visitation à Paray-le-Monial. Il explique que cette année de la Miséricorde est « une invitation à vivre des actes de foi très concrets: soins au plus démunis, visite aux personnes isolées ou malades, etc ». L’évêque invite à des « franchissements », de réconciliation, « avec les autres et avec Dieu ». Ce « bain jubilaire » sera effectué en lien de prière avec le Pape François et soutenu par le sacrement du pardon.

« Le dernier pape du XXe siècle, Jean-Paul II » rappelle Monseigneur Rivière, « fut témoin de l’aspiration à la miséricorde divine face aux grands périls qui menaçaient l’homme ». Ainsi, explique-t-il, « la limite au mal est cette puissance qui est le propre de Dieu, et qui consiste justement à faire miséricorde ».


La COP 21 et l’Eglise

« Nous réjouir d’une conscience universelle »

COP 21 1

Monseigneur Benoît Rivière a donné le 26 novembre dernier une conférence de presse sur « La COP 21 et l’Eglise ».

« Nous sommes en Saône-et-Loire dans un espace d’équilibre entre le rural et l’urbain, mais aussi un point de passage routier, voies de           communication polluants », explique Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun. C’est pourquoi, « nous sommes peut-être plus sensibles    que les autres aux question environnementales ».

Monseigneur Rivière tient à souligner trois éléments. Tout d’abord, il se réjouit que la conférence ait lieu, signe d’une conscience universelle, « source de joie et d’unité dans un monde qui peut avoir tendance à se diviser ». L’évêque d’Autun évoque ensuite l’encyclique du Pape François, qui traduit une réflexion à la fois joyeuse et grave. Il met en évidence les différentes dimensions de cette souffrance de notre Maison Commune : « le dérèglement climatique, la souffrance des plus pauvres, et les désespérances qui conduisent au terrorisme ». Enfin, Monseigneur Rivière note la volonté à al fois personnelle et collective de modifier nos modes de vie. « Nous ne voulons pas », précise-t-il, « que l’écologie soit simplement une conservation du monde occidental », mais que les démarches aillent beaucoup plus loin.
COP 21 2
Des débuts de solution existent, comme, par exemple, la transition énergétique. Le Pape fait « confiance à l’homme qui n’es pas un prédateur, car c’est bien le seul qui peut sauver la planète », explique Monseigneur Rivière. Pour lui, « préparer la terre de 2050, celle des enfants qui ne sont pas encore nés, est « un acte d’amour indispensable envers la terre et les hommes, afin de trouver une meilleure manière de vivre ensemble, tous ensemble ».

Anne Jacquemot

Quelques repères


La délégation du Saint-Siège sera la voix officielle de l'Eglise à la COP 21, parmi 195 pays. Des ONG confessionnelles, comme Caritas (Secours catholique) et le CCFD-Terre solidaire, sont présentes. La Conférence des évêques de France (CEF) et l’Eglise catholique en général, portées par la parution de l’Encyclique ‘Laudato Si’ du Pape François, s’engagent avec une approche singulière sur les enjeux climatiques.

En 1982, la commission sociale de l’épiscopat avait publié un document toujours actuel, intitulé « Pour de nouveaux modes de vie ». Il invitait déjà à cette conversion de nos comportements de vie et de notre rapport à l’usage des biens matériels ainsi qu’à la solidarité avec les plus pauvres.Monseigneur Rivière vous transmet la « Prière pour notre terre » que le Pape François propose, à la fin de son Encyclique, de partager avec tous les « croyants en un Dieu Créateur et Tout-Puissant ».


Monseigneur Rivière vous transmet la « Prière pour notre terre » que le Pape François propose, à la fin de son Encyclique, de partager avec tous les « croyants en un Dieu Créateur et Tout-Puissant ».

Prière pour notre terre

Dieu Tout-Puissant
qui es présent dans tout l’univers
et dans la plus petite de tes créatures,
Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe,
répands sur nous la force de ton amour pour que nous protégions la vie et la beauté.
Inonde-nous de paix, pour que nous vivions comme frères et soeurs
sans causer de dommages à personne.

Ô Dieu des pauvres,
aide-nous à secourir les abandonnés
et les oubliés de cette terre
qui valent tant à tes yeux.

Guéris nos vies,
pour que nous soyons des protecteurs du monde et non des prédateurs,
pour que nous semions la beauté
et non la pollution ni la destruction.

Touche les coeurs de ceux qui cherchent seulement des profits
aux dépens de la terre et des pauvres.
Apprends-nous à découvrir la valeur de chaque chose,
à contempler, émerveillés,
à reconnaître que nous sommes profondément unis
à toutes les créatures
sur notre chemin vers ta lumière infinie.

Merci parce que tu es avec nous tous les jours.
Soutiens-nous, nous t’en prions,
dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix.


Accueillons avec joie « Laudato si », l’encyclique sur l’écologie du Pape François


riviere et pape
Notre Evêque Monseigneur Benoît Rivière, présente ainsi la Lettre encyclique. « Laudato si’, mi’ Signore », - « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre », sont les premiers mots du chant de louange si célèbre de Saint François d’Assise.
Ce sont aussi les premiers mots de l’encyclique du Pape François « sur la sauvegarde de la maison commune », parue aujourd’hui, et qui traite de l’écologie. C’est un texte très important pour l’avenir du monde, pour la protection de la nature et de la vie humaine.

L’image de notre maison commune et de ce qui s’y passe parcourt l’ensemble du texte, qui ne constitue ni un plaidoyer écologique, ni un énoncé technique de propositions politiques, ni un écrit romantique sur une nature perdue. L’encyclique indique des défis à relever, s’avance sur des pistes concrètes pour sauvegarder l’avenir de l’homme sur la terre. Elle invite à un débat clair pour un engagement dans de nouveaux modes de vie.

Le respect de la création est une exigence de la foi chrétienne, donc une des raisons de la publication de ce texte. Le Pape rappelle qu’écologie humaine et écologie naturelle sont liées. Il nous fait part de son sentiment d’urgence et de la nécessité d’un courage à mettre en œuvre sur cette question. Dans la Bible, Dieu a créé la terre et l'homme, le jardin et la personne. La terre est ce jardin où l’homme a créé sa maison. L’homme n’est pas qu’être pensant, il est aussi nature. Une blessure faite à la nature peut devenir aussi une offense à l’homme.

Relisons alors, comme invite à le faire le Pape François, la prière de Saint François, comme une pédagogie de la vie dans ce jardin de la nature. Chacun doit, en effet, accepter un espace, une distance de pauvreté, de non-pouvoir, entre lui et la nature. Pour le croyant, le monde ne se contemple pas de l’extérieur mais de l’intérieur, en reconnaissant les liens par lesquels Dieu a uni l’homme à tous les êtres. Alors, écrit le Pape, il faut nous engager dans une conversion écologique en commençant par écouter autant « la clameur de la terre » que « la clameur des pauvres ».

J’invite donc chacun en Saône-et-Loire, croyant ou non, à lire l’encyclique du Pape, à la comprendre et à la partager avec d’autres. Elle ouvre de nouvelles perspectives pour voir le monde autrement. Elle permet, en effet, un nouveau dialogue sur la façon dont nous construisons l’avenir de la planète, et dont les responsables des états vont débattre en France à la fin de cette année. Elle propose de suivre, de façon urgente, des chemins de solidarité universelle.

Lire le texte de l'encyclique, ici


Nominations


Le Père Evêque, en son conseil, a procédé à des nominations qui prendront effet au 15 août 2015 : voir ici



Trente adultes de Saône-et-Loire confirmés le samedi de Pentecôte par Monseigneur Rivière


Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun, confirmera une trentaine d’adultes du diocèse samedi 23 mai prochain, en la veille de la fête de Pentecôte. La célébration se déroulera à la cathédrale à Autun à partir de 17h.

Ces diocésains venus de toute la Saône-et-Loire ont entre 30 et 40 ans. Ils ont, pour la plupart d’entre eux, été baptisés lors de leur petite enfance. La fête de la Pentecôte, pour les chrétiens, est la fête de l’Esprit Saint, c’est donc un moment privilégié pour recevoir le sacrement de confirmation. « Ce sacrement fait complètement partie de ce que l’Eglise appelle l’initiation chrétienne, avec le baptême et l’eucharistie », explique François Prost, responsable diocésaine du catéchuménat, « ces sacrements sont complémentaires ». L’Esprit Saint, en effet, est reçu au baptême, avec le geste principal de l’eau versée sur le front. L’eucharistie, dont le baptisé peut se nourrir tout au long de sa vie, est « le pain de la route pour continuer d’accueillir l’Esprit ». A la confirmation, « l’Esprit est reçu en plénitude ». Le geste qui manifeste ce don est celui de la chrismation, quand le confirmand est marqué avec le Saint Chrême, « d’un signe de croix sur le front donné par l’évêque, individuellement et nominativement ».

Les confirmands achèveront leur préparation au sacrement par une rencontre avec Monseigneur Rivière avant la célébration, ainsi que par une visite commentée de la cathédrale. Lors de la messe, la liturgie de la Parole sera très développée, avec plusieurs lectures bibliques liées à l’Esprit Saint. La Schola de la cathédrale, dirigée par Guillaume Labois, animera par le chant la prière de l’assemblée. Pendant cette célébration, l’évêque annoncera l’ouverture d’un synode diocésain à partir du 4 octobre 2015.




Le nouveau livre de Mgr RIVIERE


« Soyez le sel de la terre », le nouveau livre de Monseigneur Benoît Rivièrecouv eveq

Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun, a rassemblé dans ce livre un choix de textes prononcés ou écrits pour des circonstances particulières. Ces pages choisies représentent donc l’un des fruits du travail au quotidien de son ministère d’Evêque.

« Ces textes », explique Monseigneur Rivière, « sont comme enracinés dans le terreau vivifiant de mes rencontres avec les jeunes, les catéchumènes, les Chrétiens des paroisses de notre diocèse d’Autun, les consacrés, les personnes malades ou handicapées, les personnes en situations de fragilité. » Certaines de ces rencontres donnent naissance à des dialogues spontanés, non préparés. A d’autres occasions, il est demandé à l’Evêque de pouvoir rédiger à l’avance des textes sur des thèmes très variés : catéchèses, homélies, messages, éditoriaux pour le magazine diocésain « Eglise d’Autun ».

Le titre
Les textes rassemblés au début du livre s’adressent, plus particulièrement, aux jeunes. Mais les sujets abordés parlent réellement à tous. Il s’agit de catéchèses prononcées lors des Journées Mondiales de la Jeunesse, par les Evêques sollicités, en effet, par le Pape, afin d’assurer ainsi des enseignements à vocation pastorale pour les jeunes. Le thème des JMJ de Toronto, au Canada, en 2002, « Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde », a été retenu comme titre du livre.

Une autre catéchèse concerne les Séminaristes de France, réunis à Lourdes pour une grande première à l’automne 2014. La suite du livre est constituée d’une collection de textes divers, dont le point commun est de répondre à des attentes variées, liées à l’Année liturgique ou à l’actualité. Cela va d’une réflexion sur la prière à un anniversaire des apparitions à Lourdes, de questions d’éducation à une intervention lors du rassemblement Diaconia.
Le choix de la couverture
Monseigneur Rivière a souhaité que le visuel de couverture soit une reproduction photographique de l’icône de l’hospitalité d’Abraham, écrite par les Sœurs Bénédictines Notre Dame de la Compassion d’Autun. Cette représentation est connue et aimée des diocésains de Saône-et-Loire. La photographie est signée du Père Jean-Michel Duband.
L’éditeur Parole et Silence
Les éditions Parole et Silence éditent des ouvrages permettant au lecteur de structurer, approfondir une expérience spirituelle. Pour Marc Larivé, son directeur, publier un ouvrage tel que celui de Monseigneur Rivière « permet (au lecteur) de se situer à la source du témoignage de la foi, dans la ferveur du témoignage croyant au cœur des questions rencontrées au jour le jour ou dans le déploiement d’une catéchèse habitée par la simplicité de l’Evangile. » Ces textes « peuvent résonner comme des paroles d’espérance auprès de beaucoup. »

Le livre est tiré à 3000 exemplaires et diffusé en librairie, particulièrement celles de Saône-et-Loire et les librairies religieuses. C’est le 5e livre publié par Monseigneur Rivière.
Dédicaces :
Samedi 13 juin à Autun 10h -12h librairie du passage
Lundi 22 juin à Saint désert 13h - 14h30 Maison diocésaine


"Miséricordieux comme le père"

En ce temps pascal, et en ce temps éprouvant pour l’avenir du monde, le pape François nous fait une belle surprise : il annonce une année sainte à partir du 8 décembre prochain et jusqu’à la fête du Christ-Roi en 2016. La date du 8 décembre, qui est celle de la solennité de l’Immaculée Conception, correspond également cette année au 50ème anniversaire de la conclusion du Concile Œcuménique Vatican II. Le but de cette année sainte est de contempler le visage miséricordieux de Dieu qui brille sur la face du Christ, et de nous engager davantage à cette lumière dans le chemin d’une vie miséricordieuse envers tous les autres.

Le désir du pape est de voir notre temps s’imprégner de la miséricorde « pour aller à la rencontre de chacun en lui offrant la bonté et la tendresse de Dieu... » L’Eglise, dit-il, « vit un désir inépuisable d’offrir la miséricorde », même si nous avons parfois oublié de suffisamment « montrer et vivre le chemin de la miséricorde. »

Comment ne pas être profondément conforté et encouragé par ce désir, qui est celui que nous exprimions avec le Conseil Presbytéral depuis plus d’un an en décidant de marquer le synode diocésain prochain par l’empreinte de la consolation de Dieu. Je sens moi-même combien nous avons tous un immense besoin de ressourcer notre vie dans l’abîme de miséricorde qui se trouve dans le cœur du Christ, et de traduire dans une nouvelle fraternité diocésaine cette réalité qui est, comme dit le pape « l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre, la loi fondamentale qui habite le cœur de chacun lorsqu’il jette un regard sincère sur le frère qu’il rencontre sur le chemin de la vie ; la miséricorde, dit-il encore, est le chemin qui unit Dieu et l’homme pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché. »

Nous devrons aller résolument sur ce chemin dans les temps qui viennent.

+ Benoît RIVIERE

 

 

 


Monseigneur Benoît RIVIERE

Sa devise épiscopale : « Le Seigneur m’a déclaré : Ma grâce te suffit » (2 Co 12,9)

Évêque d’Autun depuis Avril 2006

Né le 14 Septembre 1954 à Brive La Gaillarde. 15 Septembre : baptême
Octobre 1976 à octobre 1977 Service militaire à Souges près de Bordeaux.
Études primaires, secondaires et classes préparatoires à  Stanislas à Paris. Puis école supérieure de commerce à Paris. (Promo 1976)
À partir de Septembre 1979, à Marseille, avec la fraternité monastique de Jérusalem.

18 septembre1983, ordination sacerdotale à Marseille.

1983-1985.
Etudes à la catho de Paris (Institut supérieur de liturgie)
1985 à 1993.
Aumônier de lycée et vicaire paroissial dans le centre-ville de Marseille.
1993- 1996.
Aumônier des collèges et lycées. Vicaire paroissial à La Ciotat.
1995-2000.
Vicaire épiscopal pour les jeunes.
1996 à 2000.
Aumônier d’étudiants à Lumigny et vicaire paroissial au Redon  Ste Marguerite.

18 Février 2001.
Ordination épiscopale. Evêque auxiliaire de Marseille jusqu’en 2006.

A partir de 2006.
Evêque d’Autun, Chalon et Macon.
Il est le 113° évêque d’Autun.
Président du Conseil pour la Pastorale des enfants et des jeunes au sein de la Conférence des Evêques de France (2005-2011)
Membre de la Commission épiscopale pour la catéchèse et le catéchuménat (2011-2013)
Membre du Conseil Permanent de la Conférence des Evêques de France (2013-…..)
 


Oeuvres :

livre mgr couverture    


    Dieu court avec nous - Edition Parole et Silence - 2017



Soyez le sel de la terre




      Soyez le sel de la terre - Edition Parole et Silence - 2015




                          

                           Veux-tu servir ou être servi ? (2011)


livre perrin


    Prier quinze jours avec le Père Perrin (2005)




livre michelet


    Prier quinze jours avec Edmond et Marie Michelet (1999)





                     Être prêtre: deux témoins, une voix (1994)







Editoriaux d'Eglise d'Autun

Editorial d'Eglise d'Autun N° 7 - 5 avril 2019mains unies

" ETRE AVEC"

Les prêtres du Conseil Presbytéral ont entendu le père Georges AUDUC dire, lors de sa conférence sur la mort et la résurrection du Seigneur, que la foi ne nous décrivait pas le ciel ; mais la foi nous assure que là où est Jésus, nous serons nous aussi avec lui.
Etre avec, c’est l’expression la plus lumineuse pour désigner l’amour. L’amour désire la présence de l’aimé, il désire être avec l’aimé. Cet « avec » a quelque chose de formidable : Dieu ne nous parle pas de loin, Il ne nous envoie pas seulement des bons conseils, Il nous désire avec lui toujours.
Oui, nous sommes aimés, Dieu veut demeurer avec nous, Il veut être toujours avec nous. Dieu n’est pas contre nous avec notre mal. Dieu est avec nous contre notre mal. Et le mal tue, il engendre la mort…
Jésus donne cet amour vivifiant de manière privilégiée à ceux et celles qui sont, je dirais, ses « préférés », c’est-à-dire les humbles et les pécheurs. Il mange avec eux, il partage jusqu’à la fin leur condition pour leur communiquer sa joie. Il affirme à un pauvre bougre : aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis. Et la vie, la joie, ne sont pas des choses que nous obtenons par nos efforts, elles sont purs cadeaux.
Souvenons-nous de cet amour unique entre tous dont Dieu aime, laissons-nous ressaisir par lui, croyons-le plus fortement au temps de l’épreuve, accueillons-le et offrons-le, en reconsidérant le prochain lui-même dans la réalité : le Christ Jésus a livré sa vie pour ce frère-là comme pour nous-mêmes, pour cette sœur-là en particulier, pour ce pauvre qui n’a rien, …
Il s’agit d’être avec Jésus, d’être avec Lui dans sa mission de salut, d’être avec Jésus parce que lui nous a appelés, comme les premiers disciples, à le suivre dans le plus concret et le plus humain. Il nous arrache aux mauvais isolements, pour nous faire habiter avec le prochain dans la vie véritable, celle de la charité.

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d'Eglise d'Autun N° 5 - 8 mars 2019

« CHANGER D’ATTITUDE »

Nous pouvons comprendre ainsi le chemin de conversion qu’est le temps favorable du Carême : « Jeûner, dit le pape François, c’est-à-dire changer d’attitude à l’égard des autres et des créateurs. »

Une plongée dans un autre univers culturel nous apprend que la beauté du cœur humain est infiniment respectable, et qu’elle se montre dans des coutumes et des visages si différents des nôtres. Avec quelques amis de Saône-et-Loire, j’ai eu la joie de me laisser accueillir récemment par les diocésains de Fénérive-Est (Madagascar), et par leur évêque, Mgr Marcellin RANDRIAMAMONJY, en plein été… près de l’équateur ! C’est dire la chaleur… mais je veux surtout insister sur la chaleur des dialogues vécus ! Les catholiques de Fénérive-Est concluaient leur synode diocésain durant quelques jours de fête autour du 18 février, date anniversaire de la création du diocèse, il y a 18 ans, et date également du 18ème anniversaire de la consécration épiscopale du 1er évêque de ce diocèse, Mgr Désiré TSARAHAZANA, devenu cardinal archevêque de Tamatave.

chemin02De ce choc salutaire avec ce que j’appellerai l’expression singulière de la beauté du cœur humain dans la culture malgache, je retiendrais trois ondes qui peuvent accompagner un « chemin de conversion », ou un « jeûne » si l’on préfère :
- Quand tant de repères sécuritaires ne sont pas là, quand l’existence au quotidien est un véritable combat contre le fatalisme, quand tant de fléaux récurrents pourraient miner la confiance et la joie, la simple relation humaine, sans autre chose que la délicatesse de l’écoute, de la parole calme et de l’humble présence, devient le pain quotidien nécessaire et essentiel. J’ai été frappé par la capacité du peuple malgache à manifester cette humble et belle qualité relationnelle.
- La patience devant l’adversité et les désillusions, la patience quand les conditions techniques sont défaillantes, la patience à refaire chaque jour les humbles gestes nécessaires à la vie des siens, voilà encore une qualité rayonnante de ce peuple si attachant.
- Enfin, je parlerais brièvement de l’humour si répandu dans les relations dont nous avons été témoins durant 8 jours, cet humour entretenu qui permet de tenir bon et de garder le sourire. Il me semble que c’est par charité les uns envers les autres, pour être mutuellement encouragés à marcher sans découragement, que les malgaches entretiennent finalement le sens de l’humour. L’humour se fait l’expression d’une espérance qui ne chancellera pas.

Je reviens au Carême dans lequel nous venons d’entrer. Qu’il rayonne de la bonne odeur du Christ, le frère universel, l’aimé de Dieu en qui le monde est sauvé ! Que nous « sortions » plus joyeusement à la rencontre des autres, dans l’humble respect de leur beauté propre, et dans le don généreux de notre temps ! Que nous sachions recevoir dans le visage et la patience des plus humbles l’appel du Christ lui-même !

+ Benoît RIVIERE





Editorial d'Eglise d'Autun N° 4 - 22 février 2019

FAIT DIVERS D’UN JOURtaxi parisien

C’était à Paris, un mardi, à la pause de midi du Conseil Permanent des évêques, et j’attrapais en vitesse un taxi pour me rendre à un déjeuner.

Mourad, le chauffeur, m’a poliment accueilli, et j’ai vite réalisé qu’il était en conversation téléphonique avec un autre musulman sur la question de la mort de Marie, Mère de Jésus.
Voyant mon col romain, il me demande :
- Mon père, comment Marie est-elle morte ?
Et à son interlocuteur téléphonique, avec humour :
- Tu vois ! Tu ne parviens pas à m’expliquer comment l’âme de Marie est montée au ciel avec son corps, comme Jésus, et voilà qu’un père arrive à point nommé pour en parler avec nous.

Le trajet n’était pas bien long (6,70 euros !) et nous voilà lancés dans un bel échange sur la réalité de l’assomption de la Sainte Vierge, et sur la part de souffrance en toute vie humaine.
En nous quittant, il me souhaite en arabe une bonne journée, et je lui réponds en lui souhaitant, dans sa langue, une bénédiction. Alors, il me dit : « c’est cela le plus important : voir tous les événements sous le regard de Dieu. Il nous bénit toujours quand nous cherchons sa volonté. »

Mon chauffeur d’un quart d’heure avait aussi parlé des trois femmes les plus saintes dans la tradition musulmane, c’est-à-dire la femme du pharaon, Sarah et Marie. Elles ont été bénies d’avoir été obéissantes à la volonté de Dieu. Elles nous entraînent par leur liberté à marcher nous aussi sur le chemin de la vie véritable.

Et il y a tant d’innombrables autres femmes semblables à ces trois-là. Ce même jour, j’ai croisé par exemple ces trois-là : cette mère de famille qui se nourrit régulièrement en semaine de l’Eucharistie, et qui ouvre généreusement avec son mari la table familiale ; et encore cette moniale rayonnante de paix et de vérité de retour d’une retraite de discernement ; et enfin cette responsable de communauté religieuse m’offrant son dernier livre dont la préface commence par ces mots : « il est des instants où l’on va de façon fulgurante au cœur de la foi. » Et le début du second paragraphe dit que « la foi s’éprouve dans la rencontre ».

Oh oui ! Mille fois oui !

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d'Eglise d'Autun N° 3 - 8 février 2019

L'AMOUR ESPERE


plante rocherEtait-ce que le printemps va venir ? Ou bien un simple penchant indéracinable à voir ce qui germe plutôt que ce qui pourrit ? En tout cas, ces jours-ci, je suis surpris chaque jour par des signes humbles et beaux de résurrection. C’est la belle intelligence d’un chercheur universitaire dialoguant et priant avec ses collaborateurs ! C’est un enfant qui rend service spontanément ! C’est une moniale donnée entièrement à la vie contemplative et à la joie fraternelle ! Ce sont des grands adolescents questionnant un intervenant pour se confronter avec la réalité ! C’est une ancienne qui dit chaque jour son chapelet pour d’autres, et qui croit en la puissance de la prière ! C’est un témoin parlant avec bonheur de la disponibilité de Marie et qui nous pose cette simple question : à qui voulons-nous vraiment plaire ? A Dieu ? C’est un frère heureux de montrer le meilleur de son cœur !

Etre surpris par ce qui est beau, peut paraître surprenant en ces temps moroses. Surprenant ? Oui, au sens de ce qui saisit pour élever, pour faire voir les êtres dans ce qu’ils portent de promesse. Je vous le demande : du meilleur de lui-même, chacun n’inspire-t-il pas à aimer, à trouver ou à retrouver une existence en relation ouverte et bonne avec le prochain ?

Je pense à la parole de l’apôtre Paul disant que l’amour espère tout. Quelle audace, et quelle vérité ! Ecoutez calmement, regardez paisiblement, pesez avec le cœur… et vous entendrez, vous verrez, vous gouterez, des réalités que l’Esprit-Saint met au jour. Vous entendrez que le cœur d’un jeune comme celui d’un vieillard ou d’un enfant espère toujours qu’il peut recevoir et donner de l’amour dans la relation au prochain. Vous verrez des couleurs là où vous pensiez un moment qu’il n’y avait plus que du gris. Vous pèserez le poids de grâce de chaque personne humaine…

Certains diront peut-être : « vous rêvez ! vous n’y êtes pas du tout ! » Parce que la croix fait briller sur le monde la lumière de l’amour qui espère, alors, non, je ne rêve pas, je suis ancré plutôt au cœur du monde. Car, sans émerveillement, l’homme, disait Jean-Paul II, devient incapable d’une existence vraiment personnelle. Et qu’est-ce qu’une existence vraiment personnelle sinon celle qui accorde confiance aux autres, qui se fie entièrement à Dieu… dans une ouverture continuelle.

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d'Eglise d'Autun N° 2 - 25 janvier 2019ecoute

VENIR

Dans la prière chrétienne, nous disons notre confiance joyeuse et entière en « Dieu qui est, qui était et qui vient ». Venir est la caractéristique d’un désir d’entrer en alliance. Venir est le fait d’être en mouvement et d’être porté vers les autres. Dieu entre en communion avec nous. Il veut cette alliance avec nous. Jésus accomplit parfaitement cette alliance. En entrant dans le monde, il dit : « Tu m’as façonné un corps, alors j’ai dit « voici, je viens, pour faire, ô Dieu, ta volonté. » (Hébreux 10, 9).

Le psaume 94 commence par cette invitation : « venez, crions de joie pour le Seigneur ! » Il continue en nous pressant d’écouter la voix du Seigneur, faute de quoi nous serions maintenus hors de la paix de Dieu. Où donc venir ? Et où trouver ce lieu de l’écoute joyeuse du Seigneur ? L’assemblée liturgique et le frère ou la sœur vers qui nous porte la charité concrète chaque jour, constituent ce lieu. Là nous apprenons à tourner notre cœur vers Celui qui vient.

Notre vie est une grande aspiration au bonheur

Le père Denis HUERRE, ancien père abbé de l’abbaye de la Pierre qui Vire, disait que notre vie était au fond une grande aspiration au bonheur. Nous venons au monde pour chercher Dieu qui est bonheur infini, Dieu qui vient remplir de sa douce présence la vie de chacun et de tous.

Particulièrement aidés par l’évangile Saint Luc cette année (nous lisons l’évangile selon St Luc tous les dimanches du temps ordinaire de cette année C), laissons-nous toucher vraiment par Jésus, jusque dans notre intelligence, notre mémoire et notre volonté. Il supprime les murs de séparation et il vient, brisant les portes de la mort et brisant les cercles fermés de nos citadelles intérieures.

Une attente au plus secret du cœur humain

Au plus secret du cœur humain palpite une attente d’être appelé pour vivre dans la vérité et l’amour, une attente d’être en alliance toujours avec Dieu et les autres, une attente d’entrer chaque jour davantage dans la grâce de la vie fraternelle. Et quand nous nous prêtons à la prière, quand nous venons joyeusement dans l’assemblée eucharistique, quand nous considérons le faible et le pauvre, alors nous éprouvons la réalité de la présence de Dieu qui vient lui-même nous sauver. Qu’Il nous réconforte par le don de l’Esprit-Saint consolateur et donateur de la vie !


+ Benoît RIVIERE



Editorial d'Eglise d'Autn N° 1 - 11 janvier 2019

CONSENTIR à LA VIE



joieNous avons tellement tendance à résister spontanément à ce qui nous est imposé (comme si notre liberté s’en trouvait blessée !), que nous oublions que les choses les plus essentielles sont justement celles que nous n’avons aucunement choisies ! A commencer par ce que nous sommes. « Être », plutôt que « n’être pas », ce n’est tout de même pas rien ! C’est bon et c’est beau ! La vie n’a pas été proposée à notre choix ; nous y avons été plongés sans préalable et sans discussion ! Nous nous sommes retrouvés vivants un beau matin… sans l’avoir décidé ! Personne n’a décidé de naître, ni décidé des conditions de son propre surgissement dans l’existence.

La joie, ou l’absence de joie, vient justement du fait que nous consentons ou non à la vie comme un don reçu, et un don gracieux, heureux. Je ne parle pas seulement de la vie des autres, mais déjà de notre propre vie :
Consentons-nous à recevoir de Dieu ce que nous sommes ?
Consentons-nous à bénir Dieu de nous avoir fait naître de presque rien, que dis-je, de nous avoir tirés du néant à l’être ?
Y compris dans les âpretés de l’existence, goûtons-nous la joie d’être, et d’être quelque part où nous n’avons pas choisi ?

J’ai lu en ce début d’année un petit livre qui explique bien ces choses(*) , et je rentre d’un pèlerinage d’un jour auprès de Sainte Bernadette à Nevers, elle qui ne voulait pas passer un seul instant de sa vie sans aimer. De ce livre et de ce pèlerinage, je respire un parfum que je voudrais vous faire aussi sentir, en guise de vœux. C’est un parfum de joie, comme la joie d’un enfant qui sourit à la vie, comme celle qui est avant même l’effort, avant même les projets, la joie du oui à la vie et à la vie de chacun, sans exception. C’est un parfum qui se respire dans la relation avec le Père de nous tous, et devant le visage d’un tout petit comme devant le visage d’un ancien, parfum d’une joie qui n’a d’autre raison que le fait même de vivre en relation, et d’exister sans l’avoir aucunement, grâce à Dieu, décidé !

Alors, oui, avec vous, lecteurs d’Eglise d’Autun, je bénis Dieu de nous avoir appelés à la vie… et de venir sans cesse nous donner la joie !
Belle et sainte année 2019 !

+ Benoît RIVIERE


(*) Petit traité de la joie, consentir à la vie - Martin Steffens - Editions Marabout Poche. 2015

 


Editorial d'Eglise d'Autun N° 21 - 21 décembre 2018CRECHE4

PLUS QUE JAMAIS, FETER NOEL !

Voici qu’à l’aurore calme du matin de Noël, un tout petit enfant se fait entendre. Blotti contre sa tendre maman, couvé du regard par son papa charpentier, ce nourrisson, né il y a plus de 20 siècles, nous étonnera toujours. C’est le Sauveur de l’univers, le Seigneur du ciel et de la terre. « Voici que le Seigneur se fait entendre jusqu’aux extrémités de la terre » (Is 62, 11-12). C’est Jésus, c’est notre Dieu qui vient. Joie pour les cœurs : Espérance pour tout homme et toute femme du monde entier !

Il pourrait cependant sembler étonnant, voire incongru ou décalé, de rappeler aujourd’hui cette histoire. Dans notre pays, une France en mal d’écoute, de dialogue, de vision d’un bien commun qui s’effriterait pour les uns, tarderait à venir pour les autres, dans notre société où les échanges se cherchent jusqu’au bord des routes, où violence et colère revêtent de multiples formes, la venue de Dieu en notre monde est plus que jamais d’actualité. Là où les hommes peinent à vivre, à survivre parfois, là où des populations se sentent exclues, oubliées, c’est bien ici que le Christ s’invite et pousse les portes.

Les évêques du Conseil Permanent ont tout récemment publié un texte proposant aux catholiques de vivre leurs paroisses comme des lieux propices aux échanges, à la réflexion sereine et aux débats en vue du bien commun recherché par tous. Nous rappelions, relisant la grande Constitution du Concile sur l’Eglise Lumen Gentium que la « famille de Dieu » est une « fraternité qui a une âme ». La fraternité est le troisième des mots de notre devise républicaine. Son sens chrétien est donné à Noël par la venue de Jésus dans une histoire humaine qui se poursuit jour après jour. A Noël, il triomphe de la vie et ose toute tendresse. A Pâques, il triomphera de la mort et du mal.

Que cette espérance de Noël porte chacune et chacune de vous !

Que ces souhaits de dialogue et d’écoute aident chacun à mieux vivre avec ses proches et les personnes vers qui il est envoyé !

Bon et saint Noël !

+ Benoît RIVIERE



Editorial d'Eglise d'Autun N° 20 - 07 décembre 2018

VIENNE LA ROSEE SUR LA TERRE !ROSEE

Nous approchons de Noël, et l’Eglise nous fait entrer dans le désir profond de voir germer de la terre ce que Dieu veut nous donner. Noël n’est pas une commémoration de plus dans les calendriers religieux ou profanes des anniversaires. Mais nous y attendons que Dieu lui-même, dans la liberté du « oui » d’une femme juive, fasse connaître son avenir et le nôtre intimement liés. Nous y attendons que le monde renaisse transformé en droiture, en justice et en vérité, dans la naissance de Jésus.

J’ai pensé ces jours-ci que trois « perles » de cette rosée nécessaire à la vie pourraient s’appeler, l’une « silence », l’autre « joie » et la troisième « confiance ».

Tant de bruits, tant de mots jetés en pâture sans amour, tant de murmures plus ou moins honnêtes… et voici que du profond silence de Dieu, le Verbe fait chair est donné à contempler par des humbles bergers.

Tant d’aspirations au bonheur déçues, tant de promesses éteintes, tant de tristesses installées… et voici qu’un chant de joie est entendu par des gens aux marges, un chant imprévisible, « source » de toutes les plus belles musiques de la terre.

Tant d’amitiés et d’amour bafoués, tant de méfiances alimentées, tant d’abandons, tant de solitudes… et voici qu’avec cette femme bénie entre toutes les femmes, avec son époux, une lumineuse et bienfaisante confiance devient plus resplendissante que jamais dans les tâtonnements du monde. Voici que la foi enfante celui qui doit venir. « Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, dit Jésus, une sœur, une mère. »

Bon accomplissement de l’Avent !
Joie de la Nativité !

+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 19 - 16 novembre 2016

eveques assemblee pleniere nov 2018« CHAQUE JOUR SUFFIT… A PEINE ! »

Les choses à traiter et les personnes à rencontrer au cours de la dernière assemblée plénière des évêques à Lourdes étaient bien prenantes et passionnantes ! Un évêque, après un temps de lectio divina, le matin, en petit groupe, nous a montré cette parole écrite d’une personne de l’Arche, pleine de bon sens et d’humour : « chaque jour suffit… à peine ! »

Comme c’est de coutume depuis quelques années, je pourrai donner à ceux qui le voudront un « bilan » de cette assemblée, lors d’une rencontre d’échanges, qui sera cette année ouverte à tous. Elle se tiendra le vendredi 23 novembre, de 15h à 17h, dans la grande salle paroissiale de Notre-Dame à Montceau-les-Mines.

Pour aujourd’hui, je souhaite seulement me réjouir du message que nous a communiqué un autre frère évêque, Mgr Paul DESFARGES, franco-algérien, et archevêque d’Alger. Il ne parle pas fort ; il écoute, et quand il lui est donné de parler, il le fait avec une belle et simple clarté, empreinte à la fois d’humilité et de netteté. Il nous a dit que le choix du lieu de la béatification des 19 martyrs d’Algérie s’était fait en accord avec le gouvernement algérien. Ce dernier aurait volontiers mis à disposition un vaste endroit en plein air pour ce faire, mais il a été préféré une église de taille modeste, celle de Santa Cruz à Oran. C’est là que sera prononcée la béatification, le 8 décembre prochain.

Ces martyrs ne doivent pas être admirés seuls. Ils ont scellé une fraternité dans le sang versé par amour, avec tant d’autres, dont 114 imans morts au cours de la période tragique des années 1995 pour avoir refusé de cautionner la violence. Et nous pensons à Mohamed, l’ami de Monseigneur Pierre CLAVERIE, qui est mort en même temps que lui, et qui avait écrit dans un carnet que pour aider un homme comme Monseigneur CLAVERIE, cela valait bien la peine de risquer sa propre vie. Ce frère algérien, Mohamed, figurera sur l’icône de la béatification.

Nous-mêmes dans le diocèse, nous aurons à cœur de rendre grâce pour l’amour héroïque de ces témoins humbles du Christ en terre algérienne, et j’invite ceux qui le pourront à participer à la messe le 8 décembre dans leur paroisse.

Ce sera aussi pour nous le jour où seront admis trois futurs diacres permanents, à 18h30, dans l’Eucharistie à Notre-Dame à Montceau-les-Mines. Quelle heureuse coïncidence ! Et quel appel pour notre diocèse tout entier à servir dans un plus grand amour !

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d'Eglise d'Autun N° 18 - 2 novembre 2018 armistice


CENTENAIRE DE L’ARMISTICE DU 11 NOVEMBRE 1918


Le 11 novembre 1918, à 5h15 du matin, les combats cessent entre les puissances en guerre dans l’Europe et l’Empire Ottoman. A 11h, le cessez-le-feu est effectif. Les cloches sonnent partout, dans les villes et les villages, avec les clairons. Immense vague de soulagement. Enfin le bruit des canons s’arrête… durablement. Enfin la paix ! Le traité de Versailles est signé le 28 juin 1919 qui met fin réellement à l’état de guerre.

Cet effroyable conflit aura tué 18 millions de personnes, dont presque la moitié sont des civils. En 1914, qui aurait imaginé une guerre si longue et si sanglante ? On pensait qu’elle ne durerait qu’un temps bref… et que les choses allaient rentrer dans l’ordre après une rapide victoire militaire dont personne ne doutait en France.

Nous voulons garder mémoire du jour de cette armistice, et mémoire de toutes les victimes, provenant des nombreux pays alliés à l’une des deux « alliances » qui se faisaient la guerre. Et pour commémorer le centenaire de cette armistice avec toute la France et l’ensemble des pays jadis impliqués dans cette guerre affreusement sanglante, je prie les curés de bien vouloir faire sonner les cloches des églises paroissiales et des oratoires ; et je prie les monastères de faire aussi ce geste, qui nous rappelle que la communauté de destin entre les hommes exige la paix et la justice pour tous.

Concrètement, les sonneries de cloches se feront le dimanche 11 novembre à 11h, si possible durant 11 minutes. Il est évident que cette sonnerie pourra être avancée ou reculée un peu pour des raisons pratiques.

Nous demanderons la grâce de la réconciliation et de la charité, partout où des conflits graves divisent et opposent violemment des groupes, des pays, des familles, ou des individus entre eux. Nous voulons être des serviteurs de la paix qui est un don de Dieu. Elle se reçoit toujours dans l’exercice libre et éclairé de notre volonté et de nos forces.

+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 17 - 19 octobre 2018

LES SAINTS ET LES SAINTES NOUS ATTIRENT VERS LA LUMIERE QUI NE S’ETEINDRA JAMAIS

Comme elles sont belles nos forêts et nos vignes bourguignonnes en cette saison… quand le soleil fait briller l’éclat de leurs robes d’automne ! Il paraît que ces splendides couleurs resteront plus ou moins longtemps, selon qu’il y aura de la pluie ou non, et bien sûr si les gelées n’arrivent pas trop vite. Ensuite, de toute manière, ce sera l’attente hivernale avant le renouveau printanier.

La douce lumière créée nous réjouit, et aussi, plus encore dirais-je, l’éternelle lumière incréée qui irradie le visage et le cœur des saints et des saintes. La mère Eglise ne se trompe pas, qui multiplie en cette saison particulière les béatifications et les canonisations de chrétiens presque contemporains.

Demandons l’intercession du père Jean-Baptiste FOUQUE (1851-1926), simple vicaire paroissial de Marseille, dont la vie a été entièrement donnée au service des petits enfants abandonnés, et au service des humbles pécheurs qui venaient recevoir auprès de lui la grâce du pardon divin. Il a été proclamé bienheureux le 30 septembre dernier au milieu d’une immense foule populaire. Que ce « Vincent de Paul marseillais » nous entraîne à faire aussitôt et sans tergiverser tout le bien qui est possible à notre portée.

PAUL VIDemandons l’intercession du courageux pape Paul VI (1897-1978), qui a été canonisé ce dimanche 14 octobre avec l’évêque des pauvres, Mgr Oscar ROMERO (1917-1980), martyrisé au cours de la célébration eucharistique, ainsi que quatre autres témoins lumineux de la foi et de la charité, sœur Maria Katharina KASPER (1820-1898), sœur Nazaire de Sainte Thérèse de Jésus (1889-1943)et les pères Francesco SPINELLI (1853-1913) et Vincent ROMANO (1751-1831) ainsi que le bienheureux Nunzio SULPRIZIO (1817-1836), jeune laïc italien. Que ces nouveaux saints et saintes nous fassent aimer sincèrement les personnes diminuées et nous fassent apprécier la vie consacrée.

Et demandons bientôt l’intercession de Mgr CLAVERIE et de ses 18 compagnons martyrs d’Algérie, morts assassinés entre 1994 et 1996. Ils seront canonisés le 8 décembre à Oran. Sept d’entre eux étaient trappistes de l’abbaye de Tibhérine.

Nous pensons à l’ami musulman de Mgr CLAVERIE, Mohamed BOUCHIKHI, assassinés en même temps le 1er août 1996, et aux innombrables pauvres gens tombés sous le coup du terrorisme aveugle de ces années sombres.

Que ces hommes et ces femmes, qui ont choisi de rester fidèle au peuple auquel ils avaient été envoyés, nous fassent trouver notre joie dans la fidélité et la charité, inlassablement.


+ Benoît RIVIERE

 



Editorial d'Eglise d'Autun N° 16 - 05 octobre 2018

LOGIQUES TECHNIQUES ET RESPONSABILITE HUMAINEbioethique ADN

Un projet de loi va bientôt être soumis au vote des parlementaires. Il ne concernera pas seulement des questions dites « sociétales », à savoir par exemple l’extension de l’autorisation de l’AMP (Assistance Médicale à la Procréation) aux femmes seules et aux couples de femmes.

En effet, l’objet des débats qui ont eu lieu lors des états généraux de la bioéthique, et des débats parlementaires qui vont avoir lieu dans les semaines qui viennent, pour légiférer dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique, est très large. Il concerne les examens génétiques, les dons et les transplantations d’organes, le diagnostique prénatal et préimplantatoire, l’assistance médicale à la procréation, la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires, les neurosciences et l’imagerie médicale. Il concerne aussi l’évolution de la médecine et de la politique de soins (intelligence artificielle et données massives, écologie). Et enfin, les débats parlementaires concerneront peut-être la question de la fin de vie, largement débattue lors des récents états généraux.

Sur ce dernier point, le très long avis que vient de rendre le CCNE (Comité Consultatif National de l’Ethique) « propose de ne pas modifier la loi existante sur la fin de vie (loi Claeys-Leonetti) et insiste sur l’impérieuse nécessité que cette loi soit mieux connue, mieux appliquée et mieux respectée ». Et dans ce sens, il souhaite un nouveau plan de développement pour les soins palliatifs.

Avant même que le CCNE ne publie son avis, nous avons tenu à faire largement connaître aux « décideurs », mais aussi à tous ceux qui veulent poursuivre le dialogue dans la société française, notre réflexion sur l’homme et sur la dignité de sa venue au monde. C’est le sens de ce livre intitulé « Respectons la dignité de la procréation ». Il va au-delà du simple « non » à l’extension de l’AMP relevé dans les médias. Il entend s’émerveiller sur la belle capacité qu’ont les humains d’engendrer de nouvelles vies humaines, et sur les points d’attention à ne pas occulter, faute de bafouer la beauté de la procréation.

Je voudrais ici seulement souligner que l’impact de plus en grand des techniques liées à la procréation, joint au désir d’avoir un enfant, est en train de faire pression pour que nous basculions d’un usage de l’AMP pour pallier un problème d’infertilité, à un usage plus large satisfaisant le désir d’enfant chez toute femme, même si elle n’est pas infertile. Il est clair que cette possible extension de l’usage de l’AMP pose un grand nombre de questions qu’il nous a paru bon de soulever, en particulier en ce qui concerne la filiation, et la relation à un père.

Dans ce domaine de la procréation, le CCNE lui-même a précisé qu’une minorité significative, participante du travail, était légitimement fondée à exprimer son avis, d’autant plus que les débats généraux sur ce point avaient fait apparaître une très large méfiance de la population française à l’extension de l’AMP, devant le risque de déstabiliser encore un peu plus la situation des enfants.

Comment sera respecté l’intérêt premier de l’enfant ? Le même CCNE n’écrivait-il pas, dans un avis précédent (avis n°126) : « le rôle du père, en interaction et coopération avec celui de la mère, est essentiel dans la construction de la personne de l’enfant. Il paraît paradoxal d’institutionnaliser, d’organiser en toute connaissance de cause des naissances sans père. »

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d'Eglise d'Autun N° 15 - 21 septembre 2018

LE CONSEIL PERMANENT ADRESSE UN MESSAGE AU PEUPLE DE DIEU QUI EST EN FRANCECEF

Dans la suite du message du pape François adressé à tous les catholiques le 20 août dernier, les évêques réunis pour le premier Conseil Permanent de rentrée ce 12 septembre adressent un message au peuple de Dieu qui est France.
Monseigneur Benoît Rivière, membre de ce Conseil, est l'un des dix évêques signataires.

Depuis plusieurs mois maintenant, notre Eglise est durement mise à l’épreuve.
Laïcs, clercs, consacrés, nous sommes profondément affectés par les révélations d’abus qui se font jour à travers le monde et dans notre pays. Face à la souffrance imprescriptible des victimes et de leurs proches, nous sommes tristes et honteux.

Notre pensée se tourne d’abord vers ceux à qui on a volé leur enfance, dont la vie a été marquée à tout jamais par des actes atroces.
Croyants et incroyants peuvent constater que les actes de quelques-uns rejaillissent sur toute l’Eglise, qu’il s’agisse d’actes criminels ou de silences coupables.

Tous, nous subissons ce soupçon qui porte sur l’ensemble de l’Eglise et des prêtres.
Dans ce désarroi partagé, nous affirmons à la fois que notre lutte contre tout abus doit se poursuivre sans relâche et que notre estime et notre affection pour les prêtres de notre Eglise restent entières. Nous, évêques, voulons redire notre soutien aux prêtres de nos diocèses et appeler tous les fidèles à leur manifester leur confiance.

Le pape François a adressé le 20 août dernier une lettre à tous les catholiques du monde. Il y engage à une « participation active de toutes les composantes du peuple de Dieu » pour enrayer le fléau de la pédophilie. Nous faisant l’écho de cette parole, nous invitons toutes les communautés, tous les fidèles à lire attentivement cette lettre, à l’étudier avec sérieux, à voir comment la mettre en œuvre. Nous appelons chaque baptisé, quelle que soit sa responsabilité dans l’Eglise, à s’engager « dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin ». C’est par l’engagement et la vigilance de chacun que nous parviendrons à vaincre cette calamité des abus dans l’Eglise.

En France, l’Eglise s’est engagée avec une grande détermination dans cette lutte contre les abus et notamment contre la pédophilie. Avec humilité, nous reconnaissons que ce combat est toujours à intensifier, qu’il nécessite une attention sans faille et une conversion permanente des mentalités. La souffrance des personnes victimes d’abus s’impose aujourd’hui comme la première des conséquences à prendre en compte face à ce fléau. Nous affirmons avec force que l’écoute de l’histoire des victimes nous a profondément bouleversés et transformés. Nous sommes persuadés que leur écoute et le travail accompli avec elles nous aideront à mener ce combat contre la pédophilie et à trouver des voies toujours nouvelles de prévention, notamment par la formation des différents acteurs auprès des jeunes. C’est bien dans cet esprit que, lors de notre prochaine assemblée plénière à Lourdes, nous souhaitons accueillir et écouter des personnes victimes.

La crise que traverse l’Eglise catholique aujourd’hui, le profond désarroi dans lequel sont plongés beaucoup de fidèles et de clercs sont une invitation à travailler à la juste place de chacun. A la suite de l’appel du Pape maintes fois exprimé, nous invitons à travailler cette question de l’autorité partout où elle se pose dans l’Eglise. C’est ensemble – dans un souci de communion véritable – qu’il nous faut veiller à ce que tous exercent pleinement leur responsabilité.

Dans ces épreuves qui nous atteignent, nous évêques, avec force et humilité nous en appelons à la foi des uns et des autres. C’est le Christ qui est notre Roc. Il nous a promis qu’il ne nous ferait jamais défaut. Nous vous lançons cet appel : « Soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous » (1P 3,16)


+ Benoît RIVIERE avec les évêques du Conseil Permanent


Editorial d'Eglise d'Autun N° 14 - 07 septembre 2018

vigne secateur
« ALLEZ VOUS AUSSI TRAVAILLER A MA VIGNE »

Que veut dire travailler dans la vigne du Seigneur ?
Où et en vue de quoi dépensons-nous nos forces ?
Quelle est l’orientation qui mobilise notre vie sur terre ?

En ces jours de reprise du travail ordinaire, je crois nécessaire de nous mettre résolument à l’écoute du Seigneur, qui nous veut avec lui dans son travail divin. Ce travail dans la vigne du Seigneur donne de n’être plus jamais seul ; combien sont nombreux, en effet, ces « saints et saintes de la classe moyenne », juste à côté de nous, et qui nous montrent le visage de la charité joyeuse et humble ! Ce travail donne de goûter la joie de la récompense qui vient de Dieu et non des hommes.

Ce travail fait grandir l’espace libre où le Saint Esprit agit. Il ne disperse pas, il ne fait pas de bruit, il ne méprise pas les autres, il juge au contraire que le plus petit et le plus pauvre sont à la première place dans le chantier. Il ne revendique rien pour soi seul qui ne soit en même temps un bien pour les autres.

La vigne du Seigneur n’est pas cantonnée dans des frontières visibles, elle est fructueuse partout où les hommes vivent, aiment, souffrent et prient. Nous sommes sarments de cette vigne.

Tu travailles dans la vigne du Seigneur dès que tu te laisses conduire par l’Esprit-Saint et non plus par tes passions égoïstes.
Tu travailles dans la vigne du Seigneur dès que tu vois un frère et un ami en tout homme puisque le Christ a livré sa propre vie pour chacun de nous.
Tu travailles dans la vigne du Seigneur quand tu préfères le silence à la médisance, quand tu as le courage d’une parole qui fait vivre et qui relève celui qui est tombé.
Tu travailles dans la vigne du Seigneur quand tu te reçois toi-même comme n’importe quel ouvrier à qui Dieu fait grâce.


+ Benoît RIVIERE



Editorial d'Eglise d'Autun N° 13 - 06 juillet 2018main

SERVIR, AIMER, PRIER

Je vois continuellement d’admirables gestes de service accomplis sans publicité, je devine le poids de prière chez tant d’humbles frères et sœurs, je mesure la patience des heures d’écoute dans les lieux variés de la vie, je suis admiratif du travail persévérant de ceux et de celles qui préparent des repas et des liturgies ; bref, je suis témoin, et vous l’êtes aussi, j’imagine, d’un très bel amour des autres chez beaucoup.

Et en ce début d’été, je veux rendre hommage à tant de laïcs baptisés et de prêtres pour leur service, leur prière, et leur amour au sein de l’Eglise. Certains achèvent une mission particulière et en reçoivent une nouvelle. Il n’est jamais facile de quitter un endroit pour un autre. Nous accueillons ces temps-ci des prêtres venus rejoindre notre diocèse, ainsi que quelques nouveaux laïcs en mission ecclésiale. Qu’ils sachent combien nous voulons les accueillir du fond du cœur et travailler avec eux pour répandre la joie du Christ partout.

Je veux exprimer particulièrement ma profonde reconnaissance au père André GUIMET. Il achève cet été sa mission de vicaire général et devient curé de la paroisse Saint Etienne à Mâcon. Il a beaucoup soutenu ma charge d’évêque auprès de vous tous, et c’est lui qui a coordonné et animé la marche de notre synode diocésain. Le père Grégoire DROUOT débutera dans cette fonction de vicaire général à partir du 15 août. Il se trouve que nous serons en Terre Sainte, ensemble avec des étudiants, à cette date mariale si belle. Accueillez-le comme un frère voulant par-dessus tout communiquer la joie de l’amour du Christ, et qui continuera à donner du temps pour l’évangélisation des jeunes.

Vous savez peut-être qu’un évêque s’entoure d’une équipe de collaborateurs proches qu’on appelle un « conseil épiscopal ». Dès la rentrée de septembre, ce conseil, de 10 membres, se réunira deux fois par mois, dans une composition nouvelle. En effet, deux femmes mariées en feront partie, ainsi qu’un diacre permanent. Deux nouveaux vicaires épiscopaux arriveront. Un vicaire épiscopal, le père René AUCOURT, sera plus particulièrement chargé de la maison diocésaine.
Je tiens ici à dire ma profonde gratitude à ceux qui ont si fidèlement participé à ce conseil et qui achèvent cette mission.

Et je veux tourner mon regard vers les hommes, les femmes, les enfants, qui arrivent ces temps-ci pour habiter en Saône-et-Loire. Puissent nos communautés, nos équipes, nos mouvements, nos paroisses, être pour ces nouveaux habitants des signes efficaces de la bonté du Christ envers toute l’humanité. Nous les inviterons à une messe d’accueil le samedi 6 octobre à 17h30 à l’église de Saint Marcel.

D’ici là, bon été à vous ! Bon temps de ressourcement et d’amitié !

+ Benoît RIVIERE



Editorial d'Eglise d'Autun N° 12 - 22 juin 2018

amitieL’AMITIE DU SEIGNEUR JESUS

Ce fil d’or a relié cette année toutes les activités des fêtes du Sacré Cœur à Paray-le-Monial. Avec la foule des pèlerins, dans une atmosphère clémente, nous avons réfléchi à cette amitié la plus belle qui soit. De quelle amitié le Seigneur parle-t-il en disant à ses apôtres, et à nous aujourd’hui, qu’Il nous appelle ses amis ?


La véritable amitié entre des personnes, disait Saint Augustin, est cette « douce et affectueuse conformité de sentiments sur les choses divines et humaines. » Et Saint François de Sales précisera les différentes formes d’amitié, distinguant aussi les véritables amitiés de celles qui n’en sont pas. Cette qualité dépend des biens spirituels échangés entre les amis. Des abeilles butinant sur certaines fleurs donneront un miel de qualité médiocre, au lieu qu’elles donneront un miel excellent si elles butinent sur d’autres fleurs.

Entre des personnes libres, l’amitié est un choix qui est fondé sur la simple et profonde confiance réciproque, toujours bienveillante. Quand il s’agit de l’amitié du Seigneur Jésus envers nous, elle est pure initiative de sa part, elle est « vocation » : « je vous appelle amis ». Comment entrer dans cette amitié ? C’est de garder la parole donnée par le Seigneur Jésus. Cette garde amoureuse de la parole de l’ami commence bien sûr par l’attention aux mouvements de notre cœur profond. Dieu est l’ami du cœur humain, disait Saint François de Sales.

Le Seigneur Jésus, faisant de nous ses amis, en nous partageant absolument tout ce qu’il a reçu lui-même du Père, nous presse intérieurement de garder sa Parole. L’attention à cette Parole et à notre manière de parler et d’agir dans le monde participe de notre belle complicité avec le Saint-Esprit. Il s’agit de nous recevoir comme amis du Seigneur, écoutant sa Parole, et travaillant à la libération que cette Parole opère dans le monde.

Des amis s’écoutent au meilleur d’eux-mêmes, et ils se nourrissent en quelque sorte du pain de la parole de l’ami. Le monde a tellement besoin de cet espace où la parole est échangée, où chacun peut se situer en conscience.

+ Benoît RIVIERE


Editorial d'Eglise d'Autun N° 11 - 8 juin 2018COURSE

L'ELAN DU SERVICE

Sortant de la gare du Nord à Paris, un jeune homme sportif voit un petit garçon suspendu dans le vide à un balcon au 4ème étage d’un immeuble. L’amour ne calcule pas. C’est un petit enfant en danger de mort. Sans plus attendre, voilà le jeune homme qui entreprend en vitesse l’escalade à mains nues de la paroi de l’immeuble, et réussit, en un rien de temps, à rejoindre l’enfant. Il l’empoigne pour le rétablir en sureté sur la terrasse.

Et le plus beau, c’est l’humilité de ce jeune homme. Des millions d’internautes l’admirent, et lui, simplement, dit : « je suis monté… Dieu merci je l’ai sauvé ! » Et il ajoute : « je n’ai pas pensé aux étages… je n’ai pas pensé au risque…je l’ai fait parce que c’est un enfant. » Le courage de cet étranger me fait penser au bon samaritain de l’évangile. Et il me fait penser à l’amour qui se risque pour les autres.

Il y a tous les jours sur notre chemin des petits qui sont en danger d’isolement et de mort, et nous pouvons, comme le jeune homme du XVIIIème arrondissement de Paris, voler à leur aide, avec nos capacités, et en nous risquant. Mais bien des choses en nous gênent l’amour, gênent l’élan du service, gênent le courage et l’oubli de soi.

Nous sommes bons, au fond de nous-mêmes, et les autres aussi. Et nous devons croire davantage à cette bonté foncière qui est en chaque homme. Nous devons croire que l’image de Dieu en nous et chez n’importe quel autre n’est pas détruite pour toujours. Nous devons nous laisser guider par le Saint-Esprit qui est amour, et nous n’aurons plus peur, ni du danger, ni des autres, ni de perdre notre vie. C’est en se donnant qu’on se trouve, c’est en aimant réellement qu’on commence enfin à trouver la vie véritable.


+ Benoît RIVIERE



Editorial d'Eglise d'Autun N° 10 - 25 mai 2018

QUELLE TERRE VEUX-TU LIBREMENT HABITER ?

Si je devais retenir une chose de notre rencontre d’aujourd’hui au Carmel de la Paix, et de notre réflexion sur l’expérience de l’exil, ce serait la question suivante : au fond, quelle terre veux-tu librement habiter ?

Nos pères dans la Foi ont continuellement médité l’expérience du déplacement. Et l’exil est une expérience souvent douloureuse d’un déplacement d’une terre vers une autre, étrangère, surtout au départ. Comme l’a dit tout à l’heure Frère Aloïs, pour le peuple d’Abraham, l’exil est un creuset pour la foi, pour éprouver et aussi pour rendre plus forte la Foi au Dieu de l’Alliance. Pour le croyant, l’exil est comme un révélateur de la foi.

Ce déplacement peut s’éprouver de bien des façons ; je donne brièvement quelques uns de ces déplacements, que je suis moi-même invité à vivre :

- Déplacement de l’idolâtrie vers l’espace de la rencontre avec Dieu, le Dieu Unique, et avec les hommes ;
- Déplacement des manières de voir le monde et ma propre vie vers des manières autres qui interrogent ma propre fidélité ;
- Déplacements de lieux sécurisés vers des espaces où le risque de l’accueil et du dialogue devient porte de vie ;
- Déplacement, au fond, de cette vie présente vers la vie éternelle.

La Bible se réfère souvent à l’expérience de l’exil à Babylone, elle en fait mémoire pour faire réfléchir à nos attachements et à nos détachements.

Où sont nos raisons de demeurer en un lieu ?
Où sont les espaces de la vraie demeure, pour chaque peuple et chaque culture ?
Quelle terre, quel espace spirituel, es-tu en train de quitter ?
Quelle autre terre voudrais-tu vraiment habiter avec les autres, tous les autres sans exception ?

CettMazille18e question est une interrogation spirituelle et humaine adressée à tous : quel retournement intérieur, quelle conversion Dieu te donne t’il à vivre, où que tu te trouves actuellement ?
Et si tu dois retourner sur ta terre natale, est-elle seulement une terre géographique et culturelle ?
N’est-elle pas la demeure vers laquelle tu voudrais marcher ?
N’est-elle pas aussi la demeure de Dieu parmi les hommes, la demeure où les justes sont comblés de la joie de ce que nos frères juifs nomment la joie de la Torah, la joie de la Parole de Dieu ?

Oui, je retiens de cette belle rencontre à Mazille, la question suivante : quelle terre veux-tu librement habiter ? Au fond, et c’est une question similaire : veux-tu marcher vers le bonheur ?

+ Benoît Rivière
Evêque d’Autun

(Texte de l’intervention de Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, lors de la 7e Rencontre interreligieuse de prières pour la paix sur le thème de l’exil à Mazille au Carmel de la Paix le dimanche 6 mai 2018).

 


Editorial d'Eglise d'Autun N° 9 - 11 mai 2018

P4190292« SOYEZ DANS LA JOIE ET L'ALLEGRESSE » (Mt 5,12)

Cette expression, qui vient de la bouche même de Jésus, est le titre de la troisième exhortation apostolique que le pape vient de nous offrir. François veut nous entraîner vigoureusement et avec réalisme sur le chemin des béatitudes, c'est-à-dire de la sainteté. Rien à voir avec la fausse sainteté de qui « a le regard figé dans une prétendue extase » ! J’aime que le pape nous dise que la sanctification est un cheminement communautaire.

La joie et l’allégresse est promise dès aujourd’hui à ceux qui ne désertent pas le combat de la foi, et qui en même temps considèrent leurs propres faiblesses comme le lieu où agit la grâce. En ce temps de Pentecôte (et d’ailleurs tout le temps !), la lecture de cette exhortation du pape stimule à viser haut, c'est-à-dire à nous laisser sérieusement guider par l’Esprit-Saint dont la force se joint à nos limites et à nos fragilités.

Je me suis interrogé, au fil de la lecture, et je vous partage ces quelques questions : est-ce que je m’entraîne chaque jour à savoir arrêter la course fébrile de mes pensées et de mes activités, pour habiter l’espace personnel où s’établit le dialogue sincère avec Dieu ? Est-ce que je considère que la reconnaissance de nos limites humaines permet précisément à la grâce de Dieu d’agir davantage ? Les deux seules richesses qui ne s’évanouissent jamais, sont le Seigneur et le prochain. Pourquoi ai-je tendance à laisser ma vie être envahie par tant d’autres soucis et richesses qui ne touchent ni Dieu ni le prochain ? Et devant les multiples sollicitations (écrans, loisirs, vains bavardages, occupations prétendument indispensables…), est-ce que je demande le don du discernement, ainsi que le courage d’agir ? Est-ce que nous goûtons peu à peu davantage « la grâce qui apaise la vanité et rend possible la douceur » ? Faisons-nous silence sur les défauts des autres ? Préférons-nous être enseignés de tout le monde plutôt que de prétendre instruire à tout bout de champ le moindre humain qui bouge ? (Cf. Saint Jean de la Croix. Exhortation du pape n°117).

Voilà quelques brèves notes entendues à la lecture de cette exhortation du pape. Elles m’aident à oser avec réalisme prendre à nouveau la route des béatitudes, en écoutant l’Esprit-Saint créateur et donateur de joie et d’allégresse.


+ Benoît RIVIERE


Editorial d’Eglise d’Autun N° 8 - 27 avril 2018DIEU EST JEUNE


« DIEU EST JEUNE »

Vous cherchez à lire quelque chose de bon et de nourrissant, quelque chose qui donne confiance en l’avenir, et qui réconcilie les jeunes et les anciens. Je vous conseillerais alors le livre que le pape vient d’écrire : Dieu est jeune Comment ce livre a-t-il été écrit ? A partir d’une conversation avec Thomas LEONCINI, appuyé sur cette conviction que les jeunes sont en quelque sorte « de la même étoffe que Dieu. »

En lisant, j’éprouvais trois sentiments réconfortants : d’abord celui d’être plongé dans un bain de sagesse. J’entends ici le mot sagesse au sens biblique, c'est-à-dire cette vie bonne que Dieu offre à l’homme s’il veut être heureux. Ensuite, c’était le sentiment de la paix, d’une paix tout près de moi, tout près de chaque journée, tout près de chaque pensée, à la simple condition de fuir le terrain de la cupidité, de la vaine gloire et de la sotte prétention à me croire meilleur que les autres.

Enfin, c’était le sentiment d’être ramené dans le réel du monde actuel pour y engager ma liberté, sans tristesse et sans découragement. Je veux dire que l’authenticité des paroles du pape, son acuité jamais surplombante, son immense empathie envers les autres, sont des choses qui aident à sortir du seul « jugement », pour entrer sur un chemin simple de dialogue et d’engagement.


+ Benoît RIVIERE



P1360493Editorial d’Eglise d’Autun N° 6 - 23 mars 2018

LES PAS DU RESSUSCITE !

Des diacres avec leur épouse et des prêtres ont mieux découvert à Assise, il y a quelques semaines, l’appel à se convertir à l’exemple de saint François et de sainte Claire. Ces deux grands « amis au ciel » étaient entrés dans la bienheureuse pauvreté devant Dieu, devant les autres et devant eux-mêmes, déjà dans leur vie mortelle ; et la création elle-même, jusque dans ses plus petites manifestations vivantes, leur était devenue comme « partenaire » de louange et d’offrande.

Saint François et de sainte Claire ne recherchaient pas Dieu dans un spiritualisme isolant et égoïste, mais en vivant sincèrement avec tous comme avec des frères et des sœurs aimés, et en voulant s’entraîner eux-mêmes avec les autres dans la vie bienheureuse.
Cette vie de bonheur n’est-elle pas déjà donnée, paradoxalement, aux humbles et aux petits qui manquent de ce que possèdent les riches ?

Je repense à des frères prêtres âgés, et à plusieurs d’entre eux qui viennent de mourir récemment. Ils avaient été dépouillés peu à peu de presque tout, en tous cas de bien des choses matérielles, et de bien des appuis. Ils étaient entrés dans une pauvreté de plus en plus entière, qui fait dépendre de la charité des autres et qui fait apparaître lumineusement la qualité du cœur : tu es fait pour la relation, pour te laisser aimer, et cela, jusque dans l’approche du mystère de la mort. Quelle audace de l’appeler, comme Saint François, « notre sœur, la mort corporelle » ! Dire cela n’est en rien dédain, ni mépris du corps, mais attente relationnelle, prière et action de grâce qui découvrent l’appui de Jésus lui-même s’en remettant au Père dans l’Esprit-Saint.

La beauté et l’ordonnancement de la création, écrivait le père Dufour dans son dernier témoignage un jour de Toussaint, permettent de tenir le coup quand viennent les combats à traverser pour garder la foi. Ce sont toujours par d’humbles signes qu’est donné aux hommes et aux femmes de suivre les pas du ressuscité.


+ Benoît RIVIERE


Editorial d’Eglise d’Autun N° 5 - 9 mars 20184

LA PRIERE, LE JEUNE ET L’AUMONE

La croissance presque folle des masses d’informations qui circulent à chaque instant par internet dans le monde, pose en creux la question suivante : qu’en est-il des relations humaines ? Etre et grandir dans des relations ajustées demande une humble présence, du temps réel, et un jeûne d’informations.

Je me souviens de l’histoire suivante : une femme demande un jour à son mari de pouvoir parler un peu tranquillement avec lui. Aussitôt le mari lui dit : « Ah, je vois ! C’est le problème de la voiture, ou bien c’est la difficulté d’un de nos enfants ! Oui, ma chérie, nous allons en parler calmement ! » Et elle lui dit : « non ! Ce n’est pas de cela que je voudrais parler avec toi : » « Et de quoi donc alors », lui dit son mari ? « De toi et de moi, » lui répond-elle simplement.

Dans la prière, le jeûne et l’aumône, il est question de relations, il n’est même question que de cela : où en suis-je de ma relation vitale, dialoguante, confiante, actuelle, quotidienne, avec le Seigneur vivant ? Où en suis-je de la relation équilibrée, honnête, réconciliée, avec moi-même dans l’histoire qu’il m’est donné d’accueillir ? Où en suis-je dans ma relation engagée, concrète, durable, avec d’autres qui attendent une aide ?

Le prix de notre existence est directement mesuré au temps et à la qualité de la prière, de l’ascèse, et du service concret des autres. Et le climat chrétien de notre relation avec Dieu, avec nous-mêmes et les autres, c’est la joie, d’autant plus grande que devient consciemment plus grande la place intérieure du Père qui est là, nous dit Jésus, dans le secret. Je me souviens d’une enfant à la veille de sa première communion me disant : « je ne veux pas seulement préparer une place à Jésus dans mon cœur, mais toute la place ! »

A mesure qu’avance le temps du Carême, sachons reconnaître ce qui a valeur devant Dieu et ce qui n’en a pas, et rejetons simplement et joyeusement ce qui n’en a pas aux yeux de Dieu. Alors, sera large et grand l’espace pour aimer mieux en toute circonstance et chaque jour.

+ Benoît RIVIERE


Editorial d’Eglise d’Autun N° 4 - 23 février 2018

PRIONS POUR LES CATECHUMENES


07 APPELS DECISIFS 2018Je lisais et relisais ces jours-ci les lettres personnelles que les catéchumènes adultes écrivent à l’évêque, à l’approche de leur baptême. Ces frères et ces sœurs « chrétiens-catéchumènes » sont au seuil du jour, ou plutôt de la nuit lumineuse, tant attendue par eux et par toute l’Eglise, de la plongée dans le bain de la nouvelle naissance. Dans une de ces lettres, je lis ceci : « le baptême n’est pas une finalité mais le commencement d’une vie nouvelle. Aller à la messe n’est pas une contrainte mais un moment de paix… ».

Ces lettres rayonnent d’une joie authentique, celle d’appartenir à la famille des chrétiens, celle de sentir l’amitié du Christ, celle de vouloir 24 heures sur 24 vivre vraiment en alliance avec Dieu dans le Christ, et en service auprès des autres avec Lui. Elles manifestent la force du Christ sauveur, qui est venu ouvrir la porte de la foi dans l’existence personnelle de chacun, marquée par tant d’épreuves graves, familiales entre autres.

Pour nos frères et sœurs catéchumènes, ce carême vient de commencer par le rite liturgique de « l’appel décisif », qui a eu lieu cette année à La Clayette. C’est l’appel de Dieu à vivre en Lui et pour Lui dans l’ordinaire des jours ; c’est en quelque sorte le temps d’aboutissement des « fiançailles » avec le Christ ; c’est le temps de la purification du cœur, par la fréquentation des Ecritures, par la prière, par la participation à la liturgie de l’Eglise et par l’engagement envers les plus pauvres.

Qu’en sera-t-il pour les « anciens » dans la foi ? Quel est notre désir de nous convertir entièrement, sans nous réserver une part où Dieu n’aurait rien à nous dire ? Quel est notre désir de nous laisser transformer à travers les sacrements de l’Eglise et les visages de nos frères et de nos sœurs en humanité ? Quels obstacles à l’amour je dois lever, avec la grâce de Dieu, dans ma vie ?


+ Benoît RIVIERE


Editorial d’Eglise d’Autun N° 3 - 9 février 2018

«JE SUIS LA VRAIE VIGNE ET MON PERE EST LE VIGNERON »

Regardez une vigne !vigne2
Regardez ce qu’il faut de patience, et que l’homme doit recevoir !
Regardez le soin du travail du vigneron !
Il faut des plants choisis, variés et sains ;
Il faut du terroir particulier ;
Il faut le soleil et la pluie, et l’humidité profonde jusqu’à la roche et jusqu’à l’eau ;
Il faut cela que Dieu donne aux hommes et aux femmes,
et qui s’appelle la terre, et la vie…

Un vigneron passe de longues heures seul dans sa vigne,
Qu’il en soit d’ailleurs ou non le propriétaire.
Il aime la vigne, et il la soigne.
Une vigne sans soin est une vigne folle.
Une vigne soignée fait voir cette alliance particulière
de la terre et du travail de l’homme.

Regardez une vigne !
Regardez comme les racines des plants vont chercher loin dans le sol,
Jusqu’à 10 mètres m’a-t-on dit !
Nous voyons cela, en certains lieux de Bourgogne,
Et nous entendons là quelque chose qui nous parle
de notre propre vie humaine et de notre amour du travail.
Nous devinons déjà la promesse de fête et de joie !

Oui, la vigne nous parle d’alliance,
Avec Dieu qui donne la vie et la croissance,
Avec les autres sans lesquels tout deviendrait pesant et lourd.

La prière nous assemble,
Sarments d’une vraie vigne, dont Jésus parle en disant :
« Moi je suis la vigne et mon Père le vigneron. »
Dans chaque eucharistie, nous prenons du pain et une coupe de vin, deux réalités ancestrales de l’existence des hommes sur la terre.
Nous bénissons Dieu qui nous a donné la terre en partage.
Jésus a fait ce geste, au début du repas du 7è jour,
pour annoncer et faire voir jusqu’où allait le don de Dieu.
Saint Vincent a fait de même en livrant sa vie pour garder vive la foi ?
Tel le vigneron paisible, nous ouvrons nos yeux sur la beauté de la création,
Et sur la beauté du travail humain,
Quand il est orienté vers le véritable bien.

+ Benoît RIVIERE



Editorial d’Eglise d’Autun N° 2 - 26 janvier 2018DIALOGUE

POURQUOI PARTICIPER AUX DEBATS SUR LES CONTENUS ET L’ENJEU DES LOIS RELATIVES A LA BIOETHIQUE ?

Au cours des prochains mois, dans une centaine de lieux publics, se tiendront des échanges pour apporter au Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) la matière, les arguments et les problématiques qui serviront à la rédaction de projets de loi, dans le cadre de la révision des fameuses lois de bioéthique.

Il me paraît important que des personnes capables d’aider au dialogue et de faire réfléchir sérieusement, puissent aider dans notre diocèse à des échanges sur ces sujets, et des échanges qui se tiendront dans un esprit de clarté, d’humilité et de bonté. Un passage du Concile Vatican II l’exprime ainsi : « Il appartient à l’Eglise d’engager le dialogue avec la société humaine au sein de laquelle elle vit… Il faut que ce dialogue se distingue par la clarté du langage en même temps que par l’humilité et la bonté, par une prudence convenable alliée pourtant à la confiance : celle-ci, favorisant l’amitié, unit naturellement les esprits. »

Certains objecteront que cela paraît utopique de vouloir entrer dans des espaces ouverts de dialogue sur les questions qui touchent à la vie elle-même, et donc à l’avenir de la société. Ils redoutent que les choses ne soient déjà arrêtées par avance.

Il est vrai que nous ne savons pas toujours bien faire entendre ce qui fonde nos prises de paroles publiques. Il est vrai que la tendance à multiplier des piles de lois pour satisfaire aux désirs singuliers, n’aide pas à une juste perception de la loi civile. Il est vrai que nous respectons le domaine propre du politique, et que nous ne voulons pas nous substituer à ceux qui ont reçu mandat du peuple pour légiférer.

Pour contribuer au dialogue dans notre société, en cette période de nouveaux débats au sujet des avancées techniques en matière de contrôle et de pouvoir sur le vivant lui-même et au sujet des enjeux humains de certaines décisions législatives, j’ai récemment appelé quatre baptisés qualifiés de Saône-et-Loire à se rendre à une journée de travail à Paris. Les intervenants de ce « séminaire » ont été réunis par Mgr Pierre d’Ornellas et un groupe d’évêques avec lui.
De retour de cette journée, nos quatre « missionnés » pourront, avec d’autres, aider les communautés chrétiennes que le souhaiteront à débattre. La foi et la raison, l’ancrage dans le réel des situations de souffrance, sont tellement nécessaires à qui veut voir un bonheur advenir pour toute l’humanité.


+ Benoît RIVIERE



Editorial d’Eglise d’Autun N° 1- 12 janvier 2018


AUJOURD’HUI EST UN COMMENCEMENT

Je me souviens d’une grande affiche permanente dans le couloir d’entrée d’un lycée de Marseille. Elle montrait un petit garçon haut comme trois pommes qui disait, avec un bon sourire : « ne vous énervez pas ! Dieu n’en a pas encore fini avec moi ! »

crocusAu commencement de cette année, cette boutade sympathique vaut pour chacun de nous quel que soit notre âge, et pour le monde actuel aussi. Dieu nous veut en croissance, et en croissance belle sous son regard. Le regard de Dieu n’est pas éteint sur la bonté qui est dans le monde. C’est même lui, son regard, grâce auquel nous existons, grâce auquel nous voyons des frères en tout homme, et grâce auquel nos péchés sont pardonnés. Sans lui, tout devient étroit et tout devient mesquin.

Les vœux que nous échangeons réveillent le meilleur de nous-mêmes, et je voudrais ici évoquer trois « cadeaux » reçus qui m’ont fait du bien :
- Le premier, c’est une question posée par quelqu’un en fin d’année, pour relire l’année écoulée à partir des grâces de Dieu sensiblement visibles dans le monde et dans notre propre vie personnelle ;
- Le second, c’est la délicatesse de tant de messages échangés en ces jours, et de tant de messages encourageants ;
- Le troisième, c’est un texte de Saint Jean XXIII que j’ai trouvé à mon réveil le 1er janvier : « Seigneur, rien qu’aujourd’hui, j’essaierai de vivre exclusivement la journée sans tenter de résoudre le problème de ma vie ; rien qu’aujourd’hui, je ne critiquerai personne et ne prétendrai redresser et discipliner personne si ce n’est moi… Rien qu’aujourd’hui, je ne craindrai pas et tout spécialement, je n’aurai pas peur d’apprécier ce qui est beau et de croire à la bonté. »

Cette prière n’est pas éloignée de celle de Sainte Thérèse de Lisieux demandant la grâce d’aimer « rien que pour aujourd’hui » ; c’est ainsi que nous serons dans le réel, en faisant simplement les choses au quotidien, dans la joyeuse disposition de ces deux grands témoins si proches. Aujourd’hui est une frêle passerelle. Il ne s’agit pas de tomber en nous réfugiant dans un ailleurs imaginaire, le plus souvent d’ailleurs à côté du réel. Il s’agit seulement de nous occuper de la bonté… il y a déjà pas mal à faire !


+ Benoît RIVIERE



Editorial d’Eglise d’Autun N° 21- 22 décembre 2017

 

DINER DANS LE MORVAN, UN SOIR D'HIVER


C’était il y a juste quelques jours, et il faisait froid. On ne voyait pas grand monde le long de la route et au bord des maisons… à vrai dire, on ne voyait personne ! Et puis, à 19h, la nuit était déjà bien installée, un brouillard humide et glaçant vous piquetait le visage, deux sapins éclairés sur le bord de l’église de Lucenay-l’Evêque vous ouvraient le chemin menant à la salle paroissiale.
COUVERTS
Celle-ci était franchement transformée grâce à une décoration joyeuse et à une grande table soigneusement dressée. Les invités se trouvaient réunis. Ils étaient environ soixante. Ils venaient des villages alentours et chacun avait été invité personnellement par le père Michel en reconnaissance des services rendus à l’Eglise en ce lieu. A l’approche de Noël, la paroisse de Notre Dame du Morvan voulait simplement réchauffer les cœurs de ceux et celles qui sont autant de « petites mains » pour la marche de la paroisse.

Après le vin chaud fort apprécié, nous étions conviés à tirer au sort notre place à table ; cela donnait toute sa chance à la providence. Nous étions donc placés entre deux autres personnes que nous n’avions pas choisies. Régal et surprise de la rencontre fraternelle ! Entrer en dialogue devenait simple, surtout après le chant des vêpres soigneusement et entièrement célébrées autour de la table. Quel bonheur de prier et chanter ainsi !

Les mets avaient été apportés par les uns et les autres, et notre frère prêtre Michel avait lui aussi fortement contribué à la qualité des plats en amenant du riz cantonais et un excellent ragoût de gibier offert par un paroissien voisin, tout cela préparé par ses soins. Le charisme de notre père Michel en la matière servait la joie du corps entier. Nous avons fini la soirée en chantant à nouveau, et en nous saluant joyeusement. C’était simple !

C’était authentiquement et sincèrement une belle soirée de frères et sœurs d’une paroisse ordinaire. J’ai goûté la ferveur et la joie de me trouver avec des frères unis autour d’une table. Je repense aux nombreux repas d’évangile, où Jésus a goûté ces joies-là ! Je repense à l’action de grâce que disent les frères de Taizé à l’issue de chaque repas : « En tout la paix du cœur ! La joie, la simplicité, la miséricorde ! »

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d’Eglise d’Autun N° 20- 8 décembre 2017MGR RIVIERE 26 11 2017 ter



« GLOIRE A DIEU, PAIX SUR TERRE ! »

Dans la nuit lumineuse de la naissance de Jésus, ce chant des anges a touché le cœur d’humbles marginaux de la société du temps d’Hérode. Ces bergers n’en croyaient pas leurs oreilles ! On leur murmurait une musique d’en-haut, qui les éveillait eux-mêmes à goûter et à partager une joie qu’ils ne connaissaient plus : « une grande joie… qui sera pour tout le peuple ! Un enfant nous est né ! Un fils nous a été donné ! »

Dans la nuit de nos espoirs déçus, dans la nuit aussi de nos modestes et quotidiennes fidélités, dans la nuit qui attend l’aurore, et dans la nuit qui doute de la venue du jour, une lumière s’est levée : une lumière qu’un chant accompagne. Les promesses faites aux anciens étaient donc vraies ! L’attente des pauvres n’était pas vaine ! Le désir d’un sauveur qui ne soit pas un faux messie pouvait trouver un accomplissement ! Et la foi de Marie, l’humble fille d’Israël, rencontrait vraiment la liberté de Dieu !

Un évêque d’Alexandrie au IVème siècle, Saint Cyrille d’Alexandrie, disait : « il n'y a pas un Fils qui était le Logos né de Dieu le Père, et un autre Fils né de la Vierge sainte ; mais nous croyons que celui qui est avant tous les temps est aussi celui qui est, selon la chair, né d'une femme »

Cette femme se tiendra au milieu des disciples de Jésus, au jour de la Pentecôte, pour prier et pour recevoir le don promis. L’Esprit-Saint, dans la foi de Marie, se répandra dans toutes les réalités humaines. Aujourd’hui comme hier, quand elle est réunie, l’Eglise jubile dans l’Esprit-Saint. L’écoute du chant de l’assemblé croyante, c’est quelque chose qui surprend toujours ! Oui, comme est belle l’Eglise en prière et en pèlerinage au milieu des hommes, quand elle entre dans le chant qui vient d’en-haut : « Gloire à Dieu ! Paix sur terre ! »

Marie écoute. Les bergers racontent. L’ouverture aux humbles et aux petits qui disent ce qu’ils voient et ce qu’ils entendent eux-mêmes, est quelque chose de si important. A Taizé, lors de la clôture du synode diocésain, frère Aloïs a rappelé ces choses là, la joie, et l’écoute active des humbles.

Sur le devant de l’ambon de la cathédrale Saint Lazare à Autun, il y a un ange musicien, sculpté par Goudji. C’est le signe lumineux que dans le chant de l’Esprit-Saint, nous entendons l’évangile de la Nativité du Sauveur, aujourd’hui comme hier, et comme il en sera encore demain, jusqu’au jour de la rencontre éternelle des frères humains dans le mystère d’unité divine.

Bonne et heureuse célébration de la Nativité de notre Sauveur, Jésus Christ !

+ Benoît RIVIERE






fleur dans croixEditorial d’Eglise d’Autun N°19 - 17 novembre 2017

QUELLE RESURRECTION ESPERONS-NOUS ?


La joie de Toussaint n’est pas celle d’une béatitude privée et hors-monde, mais celle du Christ Jésus en communion profonde avec l’humanité entière. Et la foi en la résurrection du Christ entraîne dans un même mouvement la foi en la résurrection de nos défunts pour la vie éternelle, et la foi en notre propre résurrection. Nous avons reçu une espérance qui va chercher bien plus profond que celle d’une simple survie de notre âme et de l’âme de nos défunts. Nous avons la joyeuse espérance d’être ressuscités entièrement dans notre personne humaine transformée par l’Esprit Saint, comme Jésus lui-même est ressuscité des morts par la puissance de l’Esprit-Saint. « Je crois à la résurrection de la chair ».

Rappelons-nous que la « chair » n’est pas une enveloppe corporelle de notre âme ; elle désigne la personne humaine mortelle, en devenir dans son histoire avec Dieu, avec les autres et avec elle-même. La « chair », c’est l’être humain dans sa fragilité et dans son devenir. Et quand nous disons « je crois en l’Esprit- Saint, à la résurrection de la chair… », nous disons que notre mort corporelle n’est pas une sorte de libération d’un principe spirituel en nous, mais cette remise de tout notre être dans l’Esprit- Saint pour ressusciter avec le Christ, créature nouvelle. L’heure de cette transformation ne nous appartient pas, ni le comment de cette transformation qui nous fera voir Dieu avec nos yeux de chair, comme disait déjà l’Esprit- Saint dans la première alliance.

Pour mieux recevoir et vivre la foi de l’Eglise, il est bon de relier notre foi en la résurrection des morts avec le pardon des péchés et la vie en Dieu. En effet, nous faisons déjà l’expérience de la libération vitale qu’entraîne le pardon des péchés. Le sang sauveur de Jésus nous purifie de tout péché et de tout mal, nous infuse l’Esprit nouveau du Royaume de Dieu, nous fortifie dans le combat contre le mal et le péché. Et l’expérience de la vie selon l’Esprit, c’est-à-dire la vie évangélique, est bel et bien une réalité commencée dans notre marche sur la terre vers le Royaume de Dieu. Etre ou non dans la mouvance de l’Esprit-Saint qui éclaire, donne la force, produit des fruits de paix, de serviabilité et de joie, cela se voit déjà, grâce à Dieu ! Nous aimons prier pour les défunts, autant que nous aimons cette transformation en nous et entre nous que produit l’Esprit-Saint : la transformation baptismale.

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d’Eglise d’Autun N°18 - 3 novembre 2017
CIMETIERE

AU SUJET DE LA « CREMATION »

Au sujet de la pratique de la crémation, qui s’étend actuellement dans nos sociétés occidentales, plusieurs questions se posent. L’Eglise encourage-t-elle ou non ce geste pour les fidèles ? De quelle manière accompagne-t-elle les familles en deuil qui se rendent dans un crematorium ?

Il est bien connu que la forme d’ensevelissement des défunts par mise en terre dans un tombeau, correspond davantage à la symbolique évangélique du grain de blé tombé en terre ; et la liturgie des funérailles chrétiennes n’encourage donc pas le geste de la crémation.

Il serait éclairant de connaître les motivations qui prévalent au choix de ceux qui demandent à être incinérés après leur mort. Elles sont diverses, depuis le désir de « disparaître » complètement et en un bref instant, jusqu’à celui de ne pas imposer à la famille un « passage » à l’église et au cimetière. Je signale seulement que le geste de la crémation n’est pas en lui-même, en tous cas en France, un geste « liturgique » ou « religieux », mais un acte d’ordre pratique, ce qui n’empêche pas, au contraire, que l’Eglise puisse se tenir auprès de ceux qui accompagnent leur défunt au funérarium.

Sans faire l’analyse développée des motivations des personnes en la matière, je voulais simplement proposer une recommandation, à l’adresse de ceux qui ont fait par avance le choix d’être incinéré. Parlez-en avec votre entourage familial. Ne les laissez pas découvrir votre volonté après votre mort. Ne laissez pas votre famille se voir imposer après votre décès votre choix particulier. Il est important que ces choses-là puissent venir à la parole avant. Ne pensez pas obligatoirement que vous « simplifierez » la vie des vôtres en abandonnant votre corps aux professionnels du crématorium, alors qu’il s’agit d’abord de permettre aux vôtres de remplir leur devoir de conduire eux-mêmes votre corps en sa dernière demeure.

Cette recommandation participe de cette conviction que notre mort concerne aussi les autres, qu’elle n’est pas seulement une affaire « individuelle », et touche au caractère social de notre vie. La mort, les rites qui l’entourent (plus ou moins, et souvent actuellement moins que plus !) sont de nature sociale et communautaire.


+ Benoît RIVIERE

 


Editorial d’Eglise d’Autun N°17 - 20 octobre 2017


ENTRER DANS LA VIE DE L’ESPRIT
Notre Pere
Le Christ est le seul médiateur entre Dieu et les hommes, c’est pourquoi sa prière n’est pas seulement une prière parmi d’autres. En elle, toute prière humaine trouve son origine et son terme. Le « Notre Père » est l’expression du cœur de Jésus uni au Père dans l’Esprit-Saint. Dans l’inspiration de l’Esprit-Saint qui nous est offert sans mesure, nous sommes entrainés à prier le Père en toute circonstance, à aimer les autres et à les servir avec le Christ.

Le Christ connaît en lui-même les soifs, les désirs, les aspirations et les espoirs du cœur humain. Comme nous l’enseigne la foi de l’Eglise, « il connaît en son cœur d’homme les besoins de ses frères et sœurs humains, et il nous les révèle. » En le voyant prier, ses disciples lui ont demandé d’entrer dans sa relation avec Dieu : « apprends-nous à prier ». Le Christ leur a communiqué sa prière, et ce n’était pas seulement à redire, mais son Esprit qu’il leur livrait. Ce même Esprit nous façonne chaque jour. L’Esprit-Saint s’exprimant dans la prière du Seigneur nous donne de vivre nous-mêmes dans ce même souffle de joie, d’espérance, de bonté, de pardon, de réconfort, de force et de guérison… « Le Christ nous donne l’Esprit par qui les paroles du « Notre Père » deviennent en nous « esprit et vie »

C’est pour que nous entrions davantage dans la vie de l’Esprit que l’ancienne traduction française de l’avant dernière demande de la prière dominicale vient d’être améliorée. Le père Jérôme MELLANGE nous explique avec clarté, dans ce numéro d’Eglise d’Autun, les raisons de cette amélioration de la traduction du « Notre Père ». Je souhaite que nous profitions de ce changement de traduction pour redécouvrir les insondables trésors d’espérance que la prière du Seigneur contient en elle-même. Le « Notre Père » imprime en nous et dans nos relations cette marque toujours neuve de l’espérance du Royaume qui vient.

+ Benoît Rivière



Editorial - Eglise d'Autun N° 16 - 6 octbore 2017


RECEVEZ L’EVANGILE DU CHRIST

L’Evangile, que l’Eglise doit annoncer partout et toujours, est un don qu’elle reçoit. Elle n’est pas propriétaire de la Révélation de Dieu en Jésus Christ. Elle en est, comme Marie, l’humble et joyeuse servante. Elle le reçoit sans cesse avec joie et empressement. Le samedi 21 octobre, dans le lieu si vénérable du martyre de saint Marcel près de Chalon, Tony MONTESIN reçoit l’imposition des mains qui fait de lui un homme consacré à la « diaconie » de l’Eglise. Et en prenant le livre des évangiles que lui tend l’Evêque, le nouveau diacre entend ceci : « recevez l’Evangile de Dieu, que vous avez la mission d’annoncer. Soyez attentif à croire à la Parole que vous lirez, à enseigner ce que vous avez cru, à vivre ce que vous aurez enseigné. »

Ces mots sont riches d’une profonde signification : le diacre n’est pas chargé de dire ce que les autres auraient à vivre ; le Christ lui-même n’est pas venu « faire la morale » au monde, encore moins le juger ; il est venu l’aimer jusqu’à donner sa vie, et le sauver par cet amour éternellement reçu du Père. Le diacre reçoit d’entrer dans cette attention amoureuse envers le Christ, la Parole vivante de Dieu ; il reçoit de croire, et d’enseigner ce qu’il croit, sans jamais oublier de se reprendre lui-même constamment pour vivre de cette Foi crue et enseignée.

Dans la prière qui suit la communion, l’Eglise prie ainsi pour le nouveau diacre : « Dieu qui viens de servir à tes enfants le pain et la coupe du Royaume, garde ce nouveau diacre toujours fidèle au service de l’Evangile, des sacrements et de la charité... »bible

Il apparaît ici clairement que nous ne servirons jamais si nous n’acceptons pas de recevoir de Dieu lui-même le don du salut, c'est-à-dire déjà les réalités du Royaume qui nous sont « servies » dans l’Eucharistie. Et il apparaît que le service de l’Evangile, des sacrements et de la charité sont inséparables.

Depuis quelques temps se développent heureusement des initiatives où la Parole de Dieu est partagée avec les pauvres et les affligés, dans des lieux fraternels. Notre synode diocésain a notamment relevé ceci comme faisant partie des belles réalités à encourager et à multiplier.

Il y a bien des manières de s’encourager mutuellement dans l’écoute et la pratique de l’Evangile. Je voudrais proposer une manière simple de faire à quelques-uns une lecture priante de l’Evangile. Quelqu’un invite d’autres à se réunir chez lui autour de la table de la salle à manger, pour une heure qui peut se dérouler ainsi : celui qui invite, ou un autre, guide un petit moment de prière, puis demande à quelqu’un de lire à haute voix le passage de la Bible qui a été choisi ; on reste ensuite trois à cinq minutes en silence.

Puis ceux qui le veulent disent à haute voix un ou deux versets, ou un ou deux mots du passage biblique. Ensuite, on relit une deuxième fois le même passage à haute voix, et on reste à nouveau en silence pendant trois à cinq minutes. Alors, il y a un nouveau « partage » qui se fait en écoutant ceux qui veulent exprimer en quoi le passage, ou ce verset particulier, les rejoint et les concerne personnellement.

Enfin, on relit une troisième fois à haute voix le passage et, après un nouveau temps de silence, les participants qui le veulent expriment leur prière, de demande, ou d’action de grâce... Et celui qui « anime » conclut par un « Notre Père » ou une autre prière. Cette heure ou ces ¾ d’heure ou cette ½ heure est simple à vivre, et elle peut se poursuivre par un temps de goûter fraternel. C’est modeste. C’est simple. Et c’est réconfortant.

Cette écoute et ce partage en commun nous convertissent, nous remettent dans la lumière de la Foi et renforcent les liens de la fraternité. Je suis très frappé et interpellé par la parole des autres, notamment des humbles et des souffrants, dans ces moments de lecture priante de l’Evangile. Nous nous faisons alors les uns aux autres la charité de communier à l’Evangile, et, déjà, d’en recevoir l’énergie qui permet d’en vivre en toutes circonstances, dans les épreuves et dans les joies.

+ Benoît RIVIERE




Editorial - Eglise d'Autun N° 15 - 22 septembre 2017

personne agee
VIEILLESSE, NAUFRAGE ?


Est-il possible de porter du fruit, même dans le grand âge ? L’auteur biblique l’affirme quand il dit : « le juste, même âgé, fructifie encore ! » (Ps 92,15).

Nous pouvons nous demander ce que cela signifie. L’auteur ne veut évidemment pas nier l’état de fragilité dans lequel peut se retrouver une personne âgée. Il n’ignore pas les mystérieuses dégradations du corps humain. Et, physiquement du moins, on n’enfante pas quand on est devenu vieux ! L’Esprit-Saint pourtant montre que celui qui se conduit selon la justice, connaît une vieillesse qui peut porter du fruit. Et quel est ce fruit ? Est-il possible de donner et de recevoir la joie, même dans un âge avancé ?

Lorsque nous ne plaçons pas en nous-mêmes l’appui fondamental de notre élan de vie, et, comme dit le psaume cité, que nous puisons notre sève dans « la maison du Seigneur », nous devenons, presque à notre insu, des porteurs de la joie divine. En nous, peut se voir quelque chose auquel tous aspirent : d’être appuyé sur un soc solide et de manifester que Dieu est simple, « sans détours ».

Un médecin gériatre, qui n’aime pas que l’on désigner les personnes âgées, atteintes de certains troubles, par des termes de « démence » ou de « maladie », préfère envisager les aînés, tous les aînés, en disant d’eux : ils sont des heureux « présents ». Je trouve cela intéressant, de regarder la vieillesse comme l’entrée dans la « présence », évidemment avec des souffrances (quelles transformations humaines, quelles naissances, pourraient avoir lieu sans une part de souffrance ?). Notre quête d’humanité n’est-elle pas essentiellement de devenir libre dans une simple présence à Dieu, aux autres et à nous-mêmes, oubliant ce qui n’a pas valeur de charité c'est-à-dire d’éternité ?

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial - Eglise d'Autun N° 14 - 8 septembre 2017PONTON


ENTRER DANS UN COMMENCEMENT


Un Dominicain célèbre avait donné à l’un de ses livres ce titre évocateur : « Chaque Jour je commence ». Cette belle expression peut valoir pour ce mois de septembre, si nous voulons voir et avancer dans l’espérance.
Pour un enfant découvrant l’école, ou une nouvelle classe de l’école, tout est neuf. S’ouvrir au monde des connaissances et des apprentissages fondamentaux, n’est-ce pas la joie de tout enfant, et aussi, la joie des adultes en service d’éducation auprès des enfants ? Et n’aurions-nous pas tous à trouver et à accueillir cette joie de découvrir davantage le réel, cette joie de grandir en humanité, en capacité de réfléchir, de dialoguer et de prier aussi ? Dieu ne cesse jamais de vouloir le commencement et la joie de l’humanité entière.

En ce mois de septembre, des familles arrivent pour la première fois dans un lieu, des prêtres aussi. Des séminaristes débutent ou continuent leur formation. Et pour ceux qui ne déménagent par physiquement en ce temps de « rentrée », il n’est jamais inutile de réenvisager mieux leur travail, leurs priorités, leurs relations et finalement leur mission. Un nouveau Préfet aussi arrive dans notre département, et il découvrira à travers nous tous les réalités singulières de la Saône-et-Loire. Il y a tant de générosités qui attendent d’être sollicitées pour accueillir et aider ceux qui en ont bien besoin.
L’été qui va s’achever aura permis à bon nombre d’entre nous de goûter au réconfort salutaire de la détente et des partages amicaux ou familiaux un peu prolongés. Après ce temps, nous retrouvons mieux les collaborateurs anciens ou nouveaux, avec un regard lavé heureusement dans le soleil des vacances. Et nous nous engageons avec l’ensemble des amis de l’Eglise dans la dernière étape du synode diocésain commencé voici presque deux années déjà. C’est l’étape des synthèses, de l’action de grâce et des résolutions. Pourquoi ? Pour ne pas revenir en arrière, et pour poser une confiance renouvelée dans le Christ lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde.

Nous donnons dès à présent rendez-vous à l’ensemble des catholiques de Saône-et-Loire et aux amis de l’Eglise le dimanche après-midi 26 novembre à 14h à Taizé. Ce sera un large rassemblement diocésain pour recueillir les fruits du travail synodal, et pour être renouvelés en profondeur dans la joie. Oui, en demandant les uns pour les autres le renouveau de notre conscience chrétienne, et la grâce d’un vrai commencement, nous voulons consacrer ce temps de septembre à la réconfortante et maternelle présence de Marie, Mère de l’Eglise.


+ Benoît Rivière

 


Editorial - Eglise d'Autun N° 11 - 9 juin 2017

VOTEREFLECHIR ET VOTER


Nous sommes à la veille des élections législatives qui déboucheront sur un nouveau parlement au service de la concorde et de la vie de notre pays. Je vous propose de réfléchir brièvement, entre autres, à deux questions.
La première : il va de soi que nous devrons exercer notre devoir de citoyens en participant à ce vote ; mais dans quel état d’esprit irons nous voter ?
Deuxièmement : qu’espérons-nous de l’exercice du pouvoir politique en France au cours des cinq prochaines années, et qu’espérons-nous au fond pour l’avenir de la France ?

« Dans quel état d’esprit irons-nous voter ? »

Le parlement, dans l’esprit de la cinquième République, n’a pas été conçu pour être un contre-pouvoir, mais l’espace du débat pour travailler à des lois justes. En ce sens, le débat parlementaire doit favoriser avec l’exécutif l’avancée du pays dans des domaines aussi importants que ceux de l’éducation, de la défense nationale, de la santé, de la solidarité, de la défense des petits, celui du dynamisme économique et, j’ajoute, la création artistique et bien d’autres domaines encore. En ce sens, notre état d’esprit en allant voter ne peut pas être celui de gens grincheux, toujours en train de se plaindre, mais un état d’esprit confiant, désireux de voir jouer au mieux les différents niveaux de la vie publique, en concertation et en débat constructif. Et peut-être pouvons-nous demander et espérer de nos futurs députés qu’ils soient eux-mêmes dans un état d’esprit ouvert à chercher les meilleurs consensus, et votons en conséquence.

« Qu’espérons-nous pour notre pays ? »

Cette question rejoint celle de notre attachement à la vie en société. Elle rejoint une question de confiance les uns envers les autres. Est-ce que nous pouvons regarder avec espoir et confiance les années qui viennent, en étant engagés humblement à notre place pour mener avec d’autres des actions qui feront du mieux aux autres. Nos institutions sont bonnes certes, et nous devons nous en réjouir. Pourtant, il ne va pas de soi d’accepter des mandats au service des autres. Il me semble qu’il faut toujours honorer ceux et celles qui, à tous les niveaux de la société, s’engagent et s’engageront pour plus qu’eux-mêmes, et pour plus que leurs intérêts de groupe. On dit parfois que « charité bien ordonnée commence par soi-même ». Je trouve que c’est un peu court ! Je pense plutôt que charité bien ordonnée commence par la sollicitude et la bienveillance envers autrui. On ne réfléchit jamais avec justice lorsqu’on ne se situe pas dans une relation bienveillante avec les autres et dans l’humilité.


+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 10 - 24 mai 2017


LA FOI QUI PURIFIE ET ECLAIREchemin

«Où vas-tu ? »
Cette simple question s’adresse à chacun de nous, et aussi à notre pays, à l’Eglise...
Vers où allons-nous ? Vers où dirigeons-nous la barque de notre existence ? Et quelle lumière vive éclaire notre route en ce monde ? Marchons-nous à l’aveuglette, au jour le jour et sans perspective, ou bien avançons-nous dans la paix et la persévérance, sûrs de l’amour indéfectible de Dieu envers les hommes ? Cherchons-nous une vraie place avec le Christ ? Nous la trouverons en nous mettant toujours en situation de pèlerins et de pauvres en route.

La foi nous indique qu’il n’est pas de route de salut sans les autres. Elle nous lie les uns aux autres dans le beau mystère de l’Eglise ouverte, pèlerine et servante de l’humanité. C’est bien pour cela que nous avons voulu ouvrir l’aventure joyeuse du synode diocésain commencé le 4 octobre 2015.

Etre en synode, c’est chercher ensemble ce qui vient de l’Esprit-Saint et qui nous met sur la bonne route. Les diocésains qui se sont réunis en petites équipes synodales jusqu’à maintenant ont fait cette belle expérience d’échanges fraternels et de soutiens mutuels. Leurs réflexions ont été recueillies par le secrétariat du synode ; l’assemblée synodale s’est déjà réunie plusieurs fois pour écouter ces réflexions.

Actuellement, les membres de l’assemblée synodale se réunissent actuellement en « forum » que nous avons appelé «coups de cœur », au nombre de 10 : la rencontre entre les cultures différentes, le soutien et l’accompagnement des vocations, l’exercice de la responsabilité entre prêtres et laïcs, la solidarité, la place de la femme dans l’Eglise, l’enseignement catholique et la catéchèse, la liturgie, les jeunes, la charge curiale et l’animation des paroisses et enfin les mobilités humaines.

Leur travail dans ces forums s’achèvera bientôt. Il restera à préparer les deux jours d’assemblée synodale des 9 et 10 septembre à Paray-le-Monial, et d’inviter largement l’ensemble du diocèse avec les amis le dimanche 26 novembre après-midi à Taizé pour célébrer les conclusions du synode.

Je compte vraiment sur la joie baptismale qui anime l’Eglise pour que nous goûtions les fruits de conversion qu’un synode accueille, et que nous soyons véritablement ouverts aux inspirations de l’Esprit pour aujourd’hui et pour demain.

Bonne fête de Pentecôte !

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial - Eglise d'Autun N° 9 - 12 mai 2017chemin soleil

LES CHEMINS DE LA VIE

Un psaume revient à la mémoire de Pierre lorsqu’il s’adresse à la foule des pèlerins et des habitants de Jérusalem le jour de la Pentecôte. C’est le psaume 15. Pierre ne peut parler de Jésus que dans la lumière de l’Esprit-Saint qui inspire de bout en bout l’Ecriture Sainte. Et le psaume qui éclaire la catéchèse de Pierre ce jour de Pentecôte contient le verset, qui a été prié par Jésus lui-même, et que nous prions dans son esprit aujourd’hui : « tu m’a appris les chemins de la vie. » C’est avec Jésus et en Jésus que nous comprenons jusqu’où va cette expérience de l’apprentissage de la vie avec Dieu.

Nous connaissons trop bien hélas les chemins de la mort, et nous ne pouvons pas de nous même sortir de la mort. Il y faut cette humble venue de Dieu dans nos histoires humaines blessées et tentées par la tristesse. Les deux disciples d’Emmaüs qui s’éloignaient de la communion de la foi en quittant Jérusalem tout tristes, c’est nous, bien souvent, quand nous bornons notre horizon à ce que nous comprenons et voyons avec nos sens humains : « nous espérons... » Mais cette espérance-là elle-même doit éclater, pour s’ouvrir à une rencontre dont Dieu seul a l’initiative, dans le temps et dans l’espace.

Nous pouvons admirer avec quelle humble délicatesse le Seigneur s’est fait proche de nous, sur nos routes à l’envers de la vie véritable. Nous pouvons admirer avec quelle divine façon de se faire en tout semblable à nous, le Seigneur a inscrit dans nos conversations l’ouverture au sens profond des Ecritures : de bout en bout, tout nous parle de Lui, le Christ, vraiment descendu jusque dans nos chemins de mort et jusqu’à la mort même, pour nous inonder du feu de la miséricorde et de la vérité de la vie.

Oui, nous pouvons témoigner de ce qui advient en nous quand Jésus se fait le compagnon de la route et de la table. « Tu m’a fait connaître le chemin de la vie ! Devant ta face, débordement de joie : » Alors vient au cœur un nouveau regard, une nouvelle volonté, un élan que l’on ne croyait plus possible... et c’est le retour d’allégresse vers les frères dans la communion de la foi, dans la Cité de la Paix, Jérusalem. C’est le retournement « eucharistique ». C’est la conversion pascale. C’est notre Pâque, celle que Jésus vient vivre en chacun de nous.

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial - Eglise d'Autun N° 5 - 10 mars 2017

CELEBRATIONSE PREPARER AU MARIAGE, UNE JOIE POUR TOUTE L’EGLISE !

Le service de la Pastorale familiale publie un petit guide à l’usage des équipes de préparation au mariage. Ce document se situe dans la ligne de l’exhortation apostolique du pape François sur la joie de l’amour.

Il est un lieu où la joie se communique, lorsque des personnes sont en train de regarder devant elles pour s’aimer toujours. Ceux qui reçoivent et écoutent, ceux qui conseillent et accompagnent, ceux qui communiquent le trésor de la foi chrétienne, ceux-là savent que les rencontres avec les fiancés et les couples qui se préparent à la célébration du mariage sont un lieu où la joie se communique. Et la joie grandit en se communiquant.

Le pape François nous a livré récemment un lumineux témoignage de la confiance chrétienne dans l’amour humain et dans le chemin de la vie familiale. Il nous livre une espérance toujours nouvelle à faire voir et à servir, celle qui est contenue en vérité et en promesse dans l’évangile : le Christ nous a aimé et s’est livré pour nous ! Il ouvre toujours à ceux qui l’écoutent et se prêtent à marcher avec lui, une joie que personne ne pourra jamais leur ravir ! Il est, lui le Christ, le secret du bel amour auquel tout homme et toute femme aspire du plus profond de son être.

Je remercie le service de la Pastorale familiale d’encourager les équipes de préparation au mariage, et je souhaite que ce guide qui est publié ces jours-ci soit utile à ceux et celles qui donneront généreusement de leur temps pour aider le cheminement des fiancés et des jeunes foyers.

+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 4 - 24 février 2017


ETUDIANTS IRAK2SOUTIEN AUX ETUDIANTS D’IRAK ET SOUTIEN MUTUEL DANS LA PRIERE


Il est toujours très beau de voir l’espérance et la charité mises en lumière dans l’humble travail des éducateurs et des enseignants. Faire vivre une école, un patronage, une aumônerie, une université... c’est croire dans la valeur infinie d’un seul être humain, et c’est aimer ceux et celles qui commencent leur existence, ou qui sont à l’aube de l’âge adulte.

Je demande aux diocésains de Saône et Loire, en ce temps de Carême, de prendre en considération tout particulièrement la nécessité de venir en aide, par la prière et par l’offrande matérielle, aux étudiants en Irak. Avec mes frères évêques de France, nous pensons important de permettre aux étudiants irakiens provenant de la région de Mossoul et qui sont réfugiés à Kirkouk pour leurs études, de poursuivre leur formation universitaire grâce à notre aide. En 2015-2016, plus de 400 jeunes ont pu le faire grâce à 1.140.000 euros récoltés.

L’évêque de Kirkouk avec qui nous sommes en relation, Mgr Youssif Thomas Mirkis, a mis en œuvre un programme pour loger, nourrir, soigner et équiper les étudiants de Kirkouk, afin de permettre un avenir à ce pays tant éprouvé. Il dit lui-même « qu’aider les futurs cadres à poursuivre leurs études en Irak est essentiel pour reconstruire le pays ». L’appel que nous lançons a donc pour but de fournir cette année, le logement, la nourriture et la connexion internet à une promotion de 668 étudiants pour un budget total de 2.000.000 euros.

Concrètement, chacun peut faire un don en ligne en cochant la case : « L’Eglise de France soutient les étudiants en Irak », ou encore envoyer un don à l’ordre de « Œuvre d’Orient – Etudiant Irak », à l’Œuvre d’Orient, 20 rue du Regard – 75006 PARIS.

Je pense encore à l’invitation qui nous est faite en ce début de Carême à nous convertir, à reconnaître avec gratitude toute personne humaine, depuis sa conception jusqu’au terme de sa vie ; je pense à l’aide que nous pouvons apporter réellement à certaines personnes, et à cette aide spirituelle si simple et belle qui consiste à nous réunir à quelques-uns autour de la table de la Parole de Dieu méditée et partagée. Quel rapport avec le soutien concret aux étudiants d’Irak ? Sans un retournement intérieur et communautaire vers l’évangile, tôt ou tard, c’est la charité fraternelle qui s’éteindra. Sans le temps de la prière personnelle et communautaire à l’écoute de l’évangile, c’est le découragement, le cynisme et la haine qui vaincront. Il y a pour nous un rapport très lumineux entre la conversion à Dieu et aux plus humbles. Il y a pour nous un rapport très lumineux entre la charité fraternelle qui écoute l’évangile à plusieurs, et le don concret de notre argent et de notre temps pour des plus démunis.

Portons-nous mutuellement dans le diocèse à vivre dans ce Carême comme un nouveau commencement !

+ Benoît RIVIERE

 


Editorial - Eglise d'Autun N° 3 - 10 février 2017

UN JOUR NOUVEAU SE LEVE

En écrivant ce matin pour les lecteurs d’Eglise d’Autun, j’ai devant les yeux du cœur trois images. La première image provient de la lecture que je suis en train de faire du livre d’entretien de Benoît XVI avec le journaliste Peter Seewald, la seconde concerne l’impression si douce des vignes et des maisons de Mercurey avec les foules heureuses qui marchaient pendant la grande Saint Vincent ; et la troisième image est celle du visage de frères prêtres âgés fidèles à la prière et à l’étude.

Quelle chose simple et belle que ce pape émérite, âgé, qui prépare chaque semaine l’homélie du dimanche qu’il donnera pour quatre ou cinq personnes dans la chapelle de la maison où il est actuellement retiré pour vivre la dernière étape de son pèlerinage sur cette terre ! Le journaliste est surpris devant ce travail de rédaction, appuyé sur une réflexion sérieuse du sens du texte biblique, pour un si petit nombre de personnes. Et Benoît XVI lui dit : « qu’ils soient trois, vingt ou mille, il faut que la Parole de Dieu soit toujours présente pour les hommes. »
vigne
Les villages et les vignes décorés si soigneusement pour que soient heureux les invités à la fête, c’est pour le bourguignon néophyte que je suis, quelque chose de saisissant. L’image des foules heureuses et bienveillantes pérégrinant dans ces lieux habillés d’un air printanier avant l’heure, c’est un appel intérieur à aimer le ciel que Dieu prépare pour toute l’humanité, sans excepter personne. La Sagesse de Dieu prépare, nous dit l’Ecriture Sainte, un banquet de noces pour ceux qui n’ont pas de quoi payer : venez, leur dit-elle, la table est prête pour vous ! Nous sommes bien plus proches les uns des autres que nous ne l’imaginons. Il existe entre les hommes bien plus de solidarité qu’on ne le dit, et la fête est cet espace qui ouvre la fenêtre des cœurs sur cette fondamentale communion entre tous.

Je vois avec bonheur quelques frères prêtres âgés, et en qui je devine la source toujours vive de l’appel à être prêtre et à servir l’évangile pour chacun. Comme ces visages sont beaux ! Et je relisais à ce propos ce que le pape Benoît XVI avait dit à des personnes âgées visitées par lui en 2012 : « la prière des personnes âgées peut protéger le monde, en l’aidant peut-être de manière plus incisive que l’agitation de nombreuses personnes. »
Amis d’Eglise d’Autun, vous êtes sûrement quelques-uns à vous reconnaître dans cette vocation du grand âge : vocation à préparer pour le monde et pour soi-même la rencontre la plus belle qui soit, celle du visage de Dieu. Vous êtes, chacun et chacune de vous, essentiels à la marche de l’Eglise actuellement dans le monde. Vous portez par votre fidélité et votre joie, bien plus que vous ne pensez : le bien de l’Eglise et la paix du monde.

+ Benoît RIVIERE



Editorial - Eglise d'Autun N° 2 - 27 janvier 2017

L’ACCUEIL DES CONVERTIS.

croix maison dioUn colloque vient de se tenir à l’université catholique de Lyon les 16 et 17 janvier sur l’accueil des convertis au christianisme en Europe. Plutôt qu’un résumé difficile à faire, je voudrais évoquer brièvement avec les lecteurs d’Eglise d’Autun le point de vue de saint Augustin, toujours d’actualité, ainsi que l’étrangeté heureuse de la foi chrétienne dont les convertis sont en quelque sorte des « signes ».

Dans son « de catechizandis rudibus », qui est un traité pour des catéchistes, l’évêque d’Hippone essaie de donner l’essentiel de ce qu’il est important de faire quand on se trouve en situation d’accueillir des « convertis » dans l’Eglise. « La sympathie de l’auditeur, écrit saint Augustin, « dépend de la sympathie qu’il trouve en nous....Que l’amour soit donc le principe auquel se rattache tous tes discours ; dans toutes tes instructions, fais en sorte que l’auditeur croie ce qu’il écoute, espère ce qu’il croit, et aime ce qu’il espère. » La sympathie fraternelle n’est pas simplement une condition humaine nécessaire à la rencontre avec des convertis, c’est le principe d’interprétation et le terme lumineux de toute l’Ecriture Sainte. Toute interprétation de l’Ecriture qui ne partirait pas de la charité et ne conduirait pas à la charité serait illusoire.

Et l’Eglise est vraiment pour Augustin le lieu par excellence de la charité qui actualise l’incarnation du Christ. Dans le bain de la charité fraternelle, Dieu fait naître à la joie de disciple. Et ce que le catéchiste baigné lui-même dans la joie du Christ peut « transmettre », n’est jamais que ce qu’il entend être déjà prononcé dans le cœur même des catéchumènes.

La foi chrétienne serait-elle devenue aujourd’hui tellement « étrange » qu’elle ne trouverait plus d’écho dans la réalité du monde actuel ? Non, mais si j’ose dire, la foi est toujours « étrange », aujourd’hui comme hier. Ce qui a changé, certainement, entre hier et aujourd’hui, c’est la représentation que l’homme se fait de lui-même. L’homme moderne se pense beaucoup (trop !) en terme de matière vivante avec ses processus de développement et de mort, ou en terme de projet à atteindre pour être « bon » et « performant ». Les convertis nous arrivent d’on ne sait où, pauvres souvent, comme des passerelles entre deux mondes. Ils nous disent inséparablement leur « distance » avec un monde sécularisé, et leur immense liberté personnelle les conduisant à demander de devenir ce qui paraît bien étrange : un témoin du Dieu vivant et vrai manifesté dans le Christ Jésus.

+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 1 - 13 janvier 2017EVEQUE5

VOUS AVEZ DIT « SACERDOTAL » ?

Le mot « sacerdoce » renvoie dans le langage courant à l’état de quelqu’un qui est entièrement voué à une cause. On dira ainsi de l’exercice de la médecine chez certains médecins qu’il est pour eux un véritable « sacerdoce ».

Dans le langage de l’Eglise, ce mot nous fait bien sûr penser à Jésus, à son « sacerdoce » à lui, qui nous met en relation paisible et réconciliée avec Dieu lui-même. Le sacerdoce de Jésus est de nous unir à Dieu.

J’ai trouvé ces jours-ci, dans les beaux bouquets de vœux reçus à l’évêché, celui-ci, provenant d’une communauté religieuse très liée au diocèse, la communauté des sœurs auxiliaires du sacerdoce : « Remise au Père avec confiance et livrée sans défense aux frères, passionnée par la vie du monde, appelée à devenir un bon pain sur la table de ce monde, la vie de chaque baptisé est sacerdotale. » C’est non seulement très beau, mais c’est aussi parlant et compréhensible. Chaque baptisé, dans l’unité vitale qui l’unit au seul prêtre Jésus-Christ, est plongé dans une existence dont la vocation est d’être une existence sacerdotale, tournée inconditionnellement vers Dieu et les frères. Merci mes chères sœurs de nous donner à entendre la profondeur et la simplicité de notre vocation baptismale, commune dans l’Eglise, et que le « ministère » sacerdotal veut seulement nourrir, servir et fortifier !

En ce début d’année, nous pouvons prier pour tous les baptisés, et pour ceux qui se préparent à servir un jour comme diacres et prêtres. Nous prions ensemble pour que le monde croie en Dieu et en Celui qu’Il a envoyé, Jésus-Christ.

+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 21 - 23 décembre 2016

QUE SERAIT UNE BONNE ANNEE ?

Celle où la paix viendrait enfin au Moyen Orient ? Celle où serait élu un président de la République entraînant la France dans un bon chemin ? Celle où le synode diocésain d’Autun donnerait du courage et de la joie à beaucoup ? Celle qui verrait baisser le niveau du chômage et augmenter les revenus des plus pauvres ? Celle qui verrait grandir l’espérance dans les cœurs ?

Chacun peut poursuivre la série des attentes et des désirs. Une petite voix me souffle à l’intérieur qu’une bonne année serait celle où mes frères et mes sœurs en humanité, tous sans exception, entreraient durablement dans la joie de Dieu. Pas seulement la joie du bien-être, pas seulement la joie d’une bonne conscience, mais encore et surtout celle de Jésus lui-même.

Et quelle est cette joie ? « Au réveil, je me rassasierai de ton visage, Seigneur ! » Telle est l’espérance, telle est la joie de Jésus ! Il y a quelque chose que l’homme ne pourra jamais se donner à lui-même, même donner à ses semblables, et que Dieu donne à ceux qui s’ouvrent à sa grâce, c’est de se tenir en sa présence dans l’amour. C’est de connaître la joie de la présence, c’est de demeurer dans l’amour... jusqu’au creux de la nuit et des épreuves. C’est d’être éclairé par la lumière qui brille sur la face du Christ, et sur la face du plus petit d’entre les hommes, la face des plus pauvres en qui nous le trouvons, lui le Seigneur, sans aucun doute.

C’est cela que je souhaite de tout cœur aux amis d’Eglise d’Autun qui ouvrent cette petite revue en ce temps de Noël. Elle est le signe humble et vrai de la marche du diocèse sur cette terre, elle est aussi un lien régulier de la fraternité heureuse qui nous unit. Oui, bonne année, matin après matin, soir après soir, à chacun et chacune de vous, dans le réconfort de la foi. « Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous et nous l’avons cru ! »

+Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 20 - 9 décembre 2016

BIENFAISANTE ATTENTE DE LA VENUE DU SEIGNEUR

« C’est le moment ! » Ainsi parle l’apôtre Paul à un endroit de sa lettre aux Romains (13,11).
A vrai dire, c’est toujours le moment de mener notre vie dans le calme, c’est toujours le moment de l’obéissance joyeuse aux indications de l’Esprit de Dieu. C’est toujours le moment de prendre « les armes de la lumière », et de nous conduire honnêtement.
LUMIEREAvec les collégiens et les lycéens de notre diocèse qui se préparent au baptême et à l’eucharistie, et avec leurs parents, le 1er dimanche de l’Avent après-midi, j’ai été heureux de franchir l’entrée en Avent. Oui, c’est le moment ! C’est le moment de se laisser surprendre par la force de la Foi, c’est le moment de marcher au rythme de l’Esprit-Saint, c’est le moment de quitter des vieilles habitudes ! C’est le moment de nous faire confiance les uns et les autres, c’est le moment de prier, de converser fraternellement, de travailler soigneusement et de méditer la vie du Christ !

Le matin de ce même jour, avec les chrétiens de Palinges, j’ai goutté la joie de l’Eglise avec les familles et les enfants de la catéchèse, et avec une jeune néophyte adulte recevant la confirmation et l’eucharistie. Nous nous étions retrouvés une demi-heure avant la célébration, pendant que la chorale de Vitry répétait les chants avec enthousiasme. Le curé de la paroisse avait préparé un petit support pour favoriser un échange avec les parents des enfants. C’était simple et encourageant. C’est tellement plus simple en effet d’être vecteurs de joie plutôt que de découragement ! La foi n’est-elle pas le fait des âmes d’enfants ? C’est courageux mais tellement plus simple d’aimer chaque jour et de pardonner.

La grâce de Dieu en ce temps n’est-elle pas grâce de dialogue, de salut et de joie qui demeure ? Elle éclaire et elle réchauffe, elle purifie et mène au chemin de la vie.

+ Benoît RIVIERE



Editorial - Eglise d'Autun N° 19 - 25 novembre 2016

"Le regard, le coeur et la vie des catéchistes"

Homélie de Mgr Rivière sur l'évangile de Luc 9,46-50 pour le Jubilé des Catéchistes : lire ici

 


Editorial - Eglise d'Autun N° 18 - 10 novembre 2016

L’assemblée des évêques à Lourdes

EVEQUES LOURDES 2016

Les évêques français se sont réunis pendant 6 jours à Lourdes. Ils ont accueilli, comme de coutume, quelques évêques d’autres pays en signe de la communion universelle de l’Eglise. Cette réunion de l’assemblée des évêques en France a lieu deux fois par an. Elle est surtout une manifestation discrète, mais bien réelle de notre bonheur d’être chrétien et de notre bonheur de communier à la responsabilité confiée par le Christ aux apôtres : porter la joie de l’Evangile dans le monde entier. Cette présence chrétienne dans la société française actuelle ainsi que l’exercice de notre responsabilité d’évêques dans la marche de l’Eglise, voilà ce qui nous réunit et nous stimule au cours de ces journées à Lourdes.

Nous nous rendons à Lourdes avec en mémoire tant de visages si divers, tant de beaux dialogues dont nous avons été témoins... Et aussi avec les interrogations que tout un chacun connaît : Est-ce que notre pays va se retrouver au meilleur de lui-même au cours

des futures campagnes électorales, et au lendemain des élections présidentielles et législatives de 2017 ? Quels jeunes rencontrons-nous et entendons-nous qui veulent généreusement suivre l’appel de Dieu dans leur vie ? Quels sont les évolutions récentes dans les conditions de vie sociale en monde rural, et quels sont les vrais besoins de l’Evangile pour ceux et celles qui vivent dans les régions rurales ? La même question se pose aussi en ce qui concerne le monde populaire urbain. Quels effets bénéfiques observons-nous dans la diffusion de la lettre du pape sur la joie de l’amour ?

Nous avons écouté en particulier deux invités : Monsieur Philippe PORTIER qui est intervenu sur le thème de la religion et de la politique en France aujourd’hui, le Cardinal TAURAN quant à lui nous a partagé son regard sur l’Islam actuel. Nous avons prié et porté dans un acte de jeûne la souffrance des victimes des actes de pédophilie. Nous avons poursuivi le travail de prévention et de lutte contre la pédophilie.

Voilà les sujets principaux que nous avons abordés pendant cette Assemblée Plénière des évêques à Lourdes. Nous avons été chacun et tous ensemble réconfortés par la force de la prière et les actions de tant et tant d’hommes et de femmes de bonne volonté dans notre pays et dans le monde. J’ai eu la joie, dès mon retour le jeudi 10 novembre, à la maison diocésaine de partager et de débattre avec des prêtres, des diacres et des laïcs en mission ecclésiales sur cette toute récente assemblée plénière.

+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 17 - 21octobre 2016

BANNIERE POUR SITE

Qui pourrait dire que les français sont unis entre eux dans un grand amour du politique ? Le Conseil permanent des évêques de France vient de publier une petite étude à destination d’un large public. Il pense que notre pays aspire à se retrouver sur le bon terrain du politique, au sens profond du terme.
Si notre pays est effectivement atteint par des déceptions, des lassitudes, des frustrations et des peurs, il n’en attend pas moins de pouvoir s’appuyer à nouveau sur un socle commun. Si la politique est parfois si décevante, c’est peut-être que nous manquons de repères, y compris d’ordre spirituel, pour tisser les liens d’un juste vivre ensemble en France.
C’est pour aider à réfléchir et à débattre que nous avions indiqué, en juin dernier, ce qui nous paraissait être les enjeux des élections à venir en France. Ces quelques réflexions du début de l’été sont reprises et développées plus largement dans cet opuscule qui est publié ces jours-ci et qui s’intitule : « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ».
La situation dans laquelle nous nous trouvons appelle que l’on puisse mieux se parler en France, que l’on se retrouve sur une certaine estime les uns des autres et, disons-le, une certaine espérance sans lesquelles nous nous perdons dans l’amertume et les déceptions, voire le cynisme. Les propos que nous engageons dans cette réflexion veulent permettre que l’on se parle à un certain niveau d’estime et de confiance, ils veulent permettre tout simplement que nous réfléchissions tous à la société que nous voulons.
La foi n’est évidemment pas étrangère à ce désir de dialogue et de construction commune que nous percevons plus que jamais actuellement. « Reprenons le temps de la parole et de l’écoute pour éviter que le dernier mot ne reste à la violence ». C’est le sens du politique en général qui est en jeu ici.

+ Benoît Rivière


Editorial - Eglise d'Autun N° 16 - 07 octobre 2016

migrants

POURSUIVRE L’EFFORT D’HEBERGEMENT ET D’ACCOMPAGNEMENT DES MIGRANTS

Chacun sait combien il y a de générosité latente, qui n’attend qu’un terrain un peu balisé pour se déployer. Il est évident que l’Eglise, à sa place bien singulière, est engagée dans l’accueil des migrants actuellement, en partenariat avec des organisations de la société civile (dans lesquelles d’ailleurs bien souvent des chrétiens sont actifs).

Que se passe-t-il aujourd’hui dans notre diocèse ? Il y a une réelle mobilisation ; des initiatives concrètes se sont faites, localement dans les paroisses, ou bien à certains endroits en doyenné. Outre évidemment l’engagement de chrétiens dans des organismes professionnels et humanitaires variés, se sont constitués des groupes pour héberger et accompagner des familles démunies.

Dans une proportion très faible par rapport à ce qui était imaginé et prévu par l’Etat, des réfugiés ont trouvé dans notre pays un lieu pour se poser et se refaire un peu ; mais ce qu’il a fallu faire surtout, c’est de poursuivre et amplifier les efforts en direction des personnes déjà chez nous et demandeuses d’intégration.

Je pense particulièrement à des familles déboutées du droit d’asile, et qui sont « sorties » des dispositifs liés aux CADA (Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile). Pour elles, les lieux habituels d’hébergement d’urgence, contactés à partir du fameux « 115 », ne répondent pas à leurs besoins dans l’immense majorité des cas. Dès lors, pour ces familles, un réseau de parrainage se crée, ou doit se créer, et, en relation avec des associations humanitaires (par exemple : Les amis du CADA, l’association Saint Joseph, l’association Saint Matthieu, l’ASTI - Association de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s, la commission Accueil et Insertion, l’association Réfugiésbresse), il est impératif de trouver des logements dans un environnement qui permettra la scolarisation et la socialisation. C’est ce que des paroisses et des communautés religieuses ont fort bien fait !

Il faut à présent, à l’exemple de ce qui se fait déjà, développer dans d’autres paroisses la mise en place de tels dispositifs d’accueil et d’accompagnement. Pour cela, Jackie PLESSE est à la disposition des paroisses et des communautés voulant s’engager dans ce sens (06.65.69.35.68)

Si nous prenons un peu de recul pour voir ce qui se joue dans ces initiatives locales d’hébergement et d’accompagnement, nous constatons que cela développe des liens féconds entre migrants et autochtones, et aussi entre des associations qui s’unissent au service de la cause des migrants.
Le pape, il y a juste un an, a eu bien raison d’appeler à des initiatives paroissiales ou venant des communautés religieuses, en ce sens qu’elles permettaient des expériences bien concrètes, à taille humaine.

Il faut vraiment faire en sorte que ce qui est né dans plusieurs endroits du diocèse, amène d’autres paroisses et communautés à préparer à leur tour des lieux et des équipes pour cet accueil. Je pense sincèrement que nous en sommes encore aujourd’hui aux débuts de ce qui va être la nécessité de demain : cultiver toujours ces relations de confiance qui permettent l’accueil des migrants dans de bonnes conditions. En eux, c’est sûr, le Christ nous fait signe humblement, et c’est une vraie chance !

+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 15 - 23 septembre 2016elisabeth trinite rome

ELISABETH DE LA TRINITE, APOTRE DE L’INTERIORITE


Quelques semaines après la canonisation de Mère Teresa, c’est une jeune carmélite de Dijon qui sera elle aussi portée par l’Eglise comme sainte. Elisabeth aurait voulu prendre le nom religieux d’Elisabeth de Jésus, mais on lui demanda d’accepter celui d’Elisabeth de la Trinité. Elle est née près de Bourges, le 18 juillet 1880, dans un milieu militaire ; elle entre au Carmel de Dijon à l’âge de 21 ans et meure 5 ans plus tard, le 9 novembre 1906. Il s’en est fallu de peu qu’elle soit envoyée, encore postulante, pour être dans le groupe fondateur du Carmel de Paray-le-Monial.

Dans l’avant propos des œuvres complètes d’Elisabeth de la Trinité, j’ai lu ce propos qui résume bien ce qu’elle nous montre : « elle nous montre à quelle heureuse plénitude conduit la foi en l’Amour qui habite au tréfonds de notre être, partout où nous sommes, qui que nous soyons ou ayons été. » En cette période agitée de notre société française qui doute d’elle-même et qui est au seuil de basculer dans la peur irrationnelle, cette jeune carmélite toute proche nous prend tranquillement la main en nous disant : faites un peu davantage le silence en vous-mêmes, ne passez pas à côté de l’essentiel qui est habitation de Dieu au fond de votre être. Et plus nous serons présents à cette présence, plus nous deviendrons fraternels pour de bon avec les autres. Le Cardinal Décourtray, ancien archevêque de Dijon, disait qu’elle était « l’apôtre du recueillement ». Et il ajoutait : « ce recueillement rend présent, jusque dans le détail de l’existence, à ceux avec qui nous entrons en correspondance. »

A quelques jours de sa naissance au ciel, Elisabeth de la Trinité confiait à l’une de ses sœurs du Carmel : « il me semble qu’au ciel ma mission sera d’attirer les âmes dans le recueillement intérieur ». Se tenir dans la foi éveillée, c’est pour elle être présente à la présence continuelle de Dieu plus intérieur à nous-mêmes que nous-mêmes. Et pour ce qui est de la sainteté, elle disait : « il me semble que les saints, ce sont des âmes qui s’oublient tout le temps, qui se perdent tellement en Celui qu’elles aiment, sans retour sur soi, sans regard sur la créature, qu’elles peuvent dire avec Saint Paul : ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus-Christ qui vit en moi.»

Le chemin authentique et humble de cette carmélite, est à mes yeux un chemin que nous pouvons tous emprunter, celui de venir souvent au calme du jardin intérieur où Dieu aime en nous, et d’où nous pouvons aimer vraiment et toujours à nouveau chacun de nos frères et de nos sœurs. Le poids du réel, pour elle, c’est qu’il est pour Dieu : « à la lumière de l’éternité, l’âme voit les choses au vrai point ; Oh ! Comme tout ce qui n’a pas été fait pour Dieu et avec Dieu est vide ! Je vous en prie, oh, marquez tout avec le sceau de l’amour ! Il n’y a que cela qui demeure. »

+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 14 - 11 septembre 2016

UNE ICONE TOUTE PROCHE DE NOUSMERE TERESA

C’est une foule considérable qui s’est rassemblée ce premier dimanche de septembre à Rome pour la canonisation de Sœur Teresa de Calcutta. Aux humbles, oui, Dieu accorde en surabondance sa grâce ! Mère Teresa, c’est pour moi un modèle d’humilité, d’amour et de prière.

J’ai eu la joie de me plonger dans cette foule de toute la terre venue à Rome pour communier à l’immense joie de se sentir soutenue par une grande sœur, plus vivante que jamais. Car nous avons bien besoin de l’appui des saints et des saintes pour notre marche humaine.

Dans cette communion si sensible et si forte des amis innombrables de cette petite servante humble des pauvres, je repensais à ces mourants de Calcutta et de partout, auprès de qui mère Teresa et ses sœurs et ses proches, ont donné et continuent de donner très concrètement leur temps, leur énergie, leur tendresse.

Mère Teresa a aimé les pauvres et pas seulement les pauvres. Elle vivait une telle relation d’amour avec le Seigneur, sans cesse en train de prier, et d’agir unie au Seigneur, que le moindre contact qu’elle avait avec une personne était un contact qui vous remettait dans le chemin de la vie et du courage d’avancer sous la conduite du Saint-Esprit.

Mère Teresa dans son désir constant d’obéir à la grâce, était burinée et purifiée dans son être. Elle était désencombrée d’elle-même et elle vivait pour être avec Jésus qu’elle aimait et qu’elle priait si constamment. Jésus n’était pas pour elle un vague sentiment, mais celui qui a soif de notre foi et de notre collaboration à son œuvre divine.

La charité, c’est toujours terriblement concret, c’est toujours, quand elle est vraiment pure, c’est toujours une percée divine dans l’épaisseur de la souffrance des hommes.
Sainte Mère Teresa, continuez votre simplicité d’être en Dieu, continuez d’aimer, continuez de prier... vous nous entraînez dans la joie durable de servir.

+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 12 - 17 juin 2016


tn IMG 0116      SIGNES DE TENDRESSE ET DE BONTE


Les situations de conflits, et les souffrances qui en découlent, sont-elles pour nous simplement un thème d’actualité, ou bien ces choses touchent-elles notre cœur ? Et la foi nous aide-t-elle à être des messagers de paix, des hommes et des femmes qui aidons la résolution des conflits par notre attitude d’humble et joyeux service des autres, et aussi par notre prière ? En d’autres termes, y a-t-il une « fatalité » contre laquelle la liberté humaine ne pourrait rien, ou bien les événements qui se déroulent peuvent-ils être de plus en plus des événements révélateurs de la puissance paradoxale de la Croix du Seigneur, en laquelle nous avons été plongés depuis notre baptême ?

Je voudrais vous rapporter quatre petits « signes » récents dans notre diocèse, bien différents, vous le verrez, les uns des autres.
Le premier, c’est sous forme de devinette que je vous l’écris. Qui a dit récemment : « comme on est bien d’être ici ! Les gens se parlent tous entre eux calmement et avec le sourire ! ». Et où cette parole a-t-elle été dite ? Je réponds à la devinette : il s’agit d’une petite fille de moins de 10 ans, d’une famille musulmane de Mâcon, présente à la sixième rencontre interreligieuse à Mazille. La fillette toute joyeuse a dit cela à sa maman.
Le second petit « signe » concerne la préparation de la deuxième rencontre du synode diocésain, et ce qu’a dit Sylvie HANSER aux jeunes prêtres récemment reçus à l’évêché : « souvent, les remontées des fiches des équipes synodales sont accompagnées d’un petit mot chaleureux qui exprime une reconnaissance et une bienveillance. »
Le troisième, c’est la gravité et le bonheur des visages des pèlerins qui ont participé aux récentes fêtes du Sacré Cœur à Paray-le-Monial. Pour ma part, j’éprouve à ces occasions de pèlerinages la joie entière de me joindre, avec des frères prêtres, à la ferveur et au recueillement d’une foule de pèlerins avec lesquels nous nous sentons entièrement en connivence.
Et voici encore un autre fait discret, procurant la paix, qui a été une idée d’un prêtre âgé (mise en œuvre ensuite). Ce dernier a suggéré à des religieuses de faire un petit carnet sur lequel chaque sœur écrirait une page avec une citation marquante à ses yeux et exprimant la joie de la miséricorde. Ce petit carnet a été offert à quelques uns, dont je fais partie. J’y puise régulièrement un soutien spirituel. Sur une des pages se trouve une simple parole de Sainte Faustine : « le seul remède contre le mal est la miséricorde ».

Que l’été qui arrive, et qui va peut-être nous amener un peu de soleil, soit un temps de retrouvailles avec le calme et la convivialité fraternelle ! Que nous demandions ensemble dans la prière de recevoir, et de laisser rayonner, la force incomparable du pardon, de la bienveillance et de la joie !

+ Benoît RIVIERE



Editorial - Eglise d'Autun N° 11 - 3 juin 2016


POUR LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX, TOUTE OCCASION EST BONNE A PRENDRE !

mazille1
En ce dimanche 5 juin, les sœurs carmélites de Mazille accueillent pour la sixième fois la session de dialogue interreligieux, à laquelle participent les responsables départementaux de six religions. Les participants échangent autour de cette thématique : « la vie, la mort : quelle espérance ? ».

A la lumière de sa foi, chacun peut ainsi librement exprimer ce que sont pour lui le deuil, le caractère injuste ou irrecevable de la mort, la possibilité d’une espérance qui fait vivre. « La force de la mort est telle que la victoire sur la vie en est d’autant plus grande », disait l’un des membres du secrétariat interreligieux.

Oui, ces rencontres interreligieuses sont utiles et nécessaires. Ce ne sont pas de simples exercices ponctuels ni accessoires. En effet, l’Eglise se doit d’être sans cesse « complice » de ce qui favorise et fait advenir la paix réelle.

Même si rien ne se voit au premier abord, cela ne signifie pas qu’il ne se passe rien. Dieu voit le cœur de ce qui advient, lentement, discrètement mais réellement. L’essentiel, comme au Carmel de la Paix à Mazille, et cela depuis dix ans, est ce parcours, ce voyage d’amitié, d’échanges et de confiance mutuelle, entre des croyants de différentes religions.

De nombreuses personnes en Saône-et-Loire empruntent aussi ce beau chemin, chacune sur leur terrain : petits groupes d’amitiés judéo-chrétiennes, réseaux de solidarité et de partage entre chrétiens et musulmans, session sur la connaissance du judaïsme qui se déroulera à Paray-le-Monial en juillet prochain.

Une rencontre interreligieuse, comme le disait très justement le pape Benoît XVI, est une « conversation sur la vie humaine ». Le dialogue, c’est une école de vie humaine, de charité, une école qui permet, sans qu’on s’en aperçoive immédiatement, de construire une société de respect entre les personnes.

L’Eglise tient son unité d’une source qui la dépasse infiniment, la source trinitaire. Nous voulons tant servir concrètement en Saône-et-Loire une conversation respectueuse et amicale entre tous. L’Eglise aime se ressourcer elle-même continuellement dans la joie des sacrements de la vie chrétienne. Ce ressourcement la rend chaque jour plus libre et plus généreuse. Il lui donne l’audace d’initier et de cultiver toutes occasions et espaces où des croyants de différentes origines peuvent s’estimer mutuellement et converser en marchant côte à côte, fraternellement, sur la route de la vie humaine.

N’ayons donc pas peur : toutes les occasions du dialogue sont bonnes à prendre !

+ Benoît RIVIERE


Editorial - Eglise d'Autun N° 9 - 4 mai 2016fruits



LE BIEN NE FAIT PAS DE BRUIT !


Depuis quelques années, sans bruit, des bénévoles chalonnais recueillent, deux fois par semaine sur le marché, des cagettes de fruits et de légumes en passe d’être jetées. Ils en font le tri ; et ils offrent ensuite gratuitement ces fruits et ces légumes à qui en demande.

Plus récemment, ces bénévoles humbles et joyeux ont même ouverts une boutique gratuite ; on peut venir y demander un vêtement, un meuble, de la vaisselle... et on peut aussi donner si l’on veut, des objets qui seront ensuite offerts à d’autres personnes.

J’ai mangé avec eux l’autre soir une bonne soupe de potage et une bonne compote de fruits, à partir de ce qui avait été glané sur le marché. J’ai vu la joie sur les visages de ces bénévoles engagés dans l’association des « Glaneurs ». Un groupe de jeunes professionnels accompagnés par le diacre Dominique était présent car l’une d’entre eux est bénévole chez les « Glaneurs ».

Qu’il est beau de penser à ce bien et à tant d’autres biens qui se font un peu partout pour briser les escalades de solitude, de misère, et aussi pour donner un signe lumineux :
- L’intégration de la gratuité dans les échanges à beaucoup de niveaux,
- La révision de la consommation et du train de vie pour entrer dans une belle sobriété,
- La diminution effective du gaspillage alimentaire.

Merci à vous, chalonnais « glaneurs », en cette année du jubilé de la Miséricorde. Vous montrez que la solidarité à de beaux jours devant elle.

+ Benoît RIVIERE

 


Eglise d'autun N° 6 - 18 mars 2016
potier

La Pâque nouvelle et éternelle


La mort et la résurrection du Christ font venir dans notre monde quelque chose qui n’était pas envisageable à seule vue humaine : supprimer la division entre les hommes, et enfouir la mort elle-même dans un passé qui ne remontera plus à la mémoire ; créer un monde nouveau qui ne sera que joie et allégresse ! Déjà le prophète Isaïe faisait apercevoir cette perspective, et faisait entendre cette promesse divine : « je vais faire de Jérusalem une exultation, et de son peuple une allégresse ! » (Is 65, 18).

En mourant sur la croix pour dissiper dans la mort toutes les tristesses, tous les pleurs et tous les cris, en accueillant et en donnant l’Esprit-Saint qui recrée dans la vie de Dieu l’humanité blessée, Jésus est vraiment Celui que nous chantons : le premier-né d’une multitude de frères, le premier-né de cette Jérusalem de joie et d’allégresse ! En lui nous trouvons chaque jour ce que Dieu crée ; par lui nous pouvons exulter déjà à cause de ce que Dieu va créer, car l’œuvre de création est à-venir, elle est ouverture continuelle, partout et toujours, à la joie divine, elle est consolation pour les cœurs brisés. C’est Dieu lui-même qui en a fait la promesse : " on oubliera les angoisses anciennes, elles auront disparues de mes yeux ! " (Is 65, 16).

Le temps pascal dans lequel nous entrons est un temps inédit, un temps peut-être que certains n’osaient même plus envisager ! Il nous semblait que le poids du mal avait barré pour toujours la porte de la joie entre tous, et voilà que, dans l’humilité de sa manifestation, Jésus ouvre le temps nouveau. Le temps pascal offre de goûter la vie de Dieu dans notre humanité réconciliée ; il est ce temps qui n’est plus téléguidé par la mort mais par l’alliance nouvelle et éternelle, il est ce temps libéré pour aimer enfin.

Chaque eucharistie actualise ce mystère de la mort et de la résurrection du Christ. Nous y communions à la création nouvelle qui est toute joie et allégresse en présence de son créateur. En cette présence, le frère, et le plus petit parmi les pauvres, sont les premiers convives ; et à cette table, les plus lointains deviennent les plus proches. Ce qui était perdu est retrouvé, le fils mort est maintenant vivant pour toujours.
Oui, gloire et louange à toi, ô Christ, toi notre Pâque nouvelle et éternelle !

+ Benoît RIVIERE


Eglise d'Autun N° 5 - 04 mars 2016

AU RETOUR D’UNE RENCONTRE AVEC DES MAITRES DE L’ORTHODOXIE JUIVE AMERICAINE
(22-24 février 2016)

VOYAGE NY8


Grâce aux vrais liens d’amitié et au dialogue suivi que le Cardinal Jean-Marie LUSTIGER avait noué avec des maîtres spirituels juifs, nous pouvons poursuivre aujourd’hui ces échanges, d’année en année plus confiants. Le Cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris, emmenait ainsi récemment avec lui un groupe d’évêques français et étrangers, ainsi que plusieurs prêtres et laïcs, à la rencontre de quelques-unes des innombrables « écoles » de spiritualité juive à New-York.

Le père Thierry de MARSAC participait pour la première fois à ce voyage dans les milieux si diversifiés du judaïsme américain, surtout ceux de l’orthodoxie juive.

Les juifs sont aujourd’hui 14 millions dans le monde, habitant pour l’immense majorité d’entre eux en Israël et aux Etats-Unis. Ils constituent un peuple au sens le plus profond du mot, conscient de sa singularité dans le monde. Ils cherchent à agir, dans tous les aspects de leur vie, en voulant conjuguer leur identité juive avec l’intégration sans dilution dans la modernité du monde actuel. Avec des professeurs et des étudiants de la fameuse Yeshiva University, ainsi que ceux du Séminaire théologique juif (centre universitaire et spirituel du judaïsme appelé « conservative », ou encore « massorti »), nous avons en particulier réfléchi ensemble à ce que signifie d’aimer le prochain et d’enseigner cet amour-là, quand nous sommes affrontés aux peurs et aux tentations de repliements collectifs face aux montées en puissance des « terrorismes ».

Cette question concerne autant les juifs que les catholiques évidemment. Ni vision faussement éclairante d’un « choc des civilisations », ni déni de la réalité ou indifférence bien sûr, mais lent et patient travail de l’éducation à la liberté responsable les uns des autres. Serait-il possible – et c’est un peu cela qu’on nous demande en France – d’apporter les consolations et la compassion des religions, à l’endroit des profonds désarrois actuels, sans manifester nos fondements ? On voit bien que cette question est actuelle pour nous, et elle est aussi celle de nos amis juifs rencontrés à New York, attentifs sérieusement à ce que signifie de suivre la loi de Dieu.

De ces trois journées intenses et si nourrissantes, je retiendrai ici simplement une « lumière » qui m’aide à avancer dans le combat de la vie bonne en ce monde : chercher davantage à écouter les questions des autres avant de formuler les siennes, et chercher avec eux à devenir meilleurs plutôt qu’à accumuler des savoirs. C’est la devise qui se trouve au fronton du séminaire théologique juif qui nous a si délicatement reçu : « l’important n’est pas ce que nous apprenons , mais ce que nous devenons ».

+ Benoît RIVIERE



Eglise d'Autun N° 4 - 19 février 2016

LE TEMPS FAVORABLEPAIN


Le Carême est-il un temps de mise à l’épreuve ? L’image biblique du désert est éclairante. Le temps de la traversée du désert a été pour le peuple de Dieu un temps au cours duquel il a été confronté à ses démons et à ses peurs, et surtout un temps de réception de la Parole de Dieu qui libère et remet toujours l’homme en état d’espérer et de marcher. Etre poussé au désert, c’est être mis en situation d’éprouver la force de l’Esprit de Dieu.

Eprouvant le manque, où trouverons-nous les appuis pour avancer ? S’il est vrai que Jésus a connu en tous points l’épreuve de la route humaine, à l’exception du péché, nous pouvons compter sur son Esprit pour être à notre tour confortés dans le beau combat de la liberté humaine, face aux illusions imaginaires que l’adversaire fait miroiter.

Je voudrais signaler simplement ici trois brèves leçons que peut nous inspirer le récit de Saint Luc sur les tentations de Jésus dans le désert.
Une première leçon concerne notre rapport à la nourriture (dans tous les sens du mot « nourriture », autant matérielle, qu’intellectuelle ou spirituelle). Vouloir une immédiate et impossible transformation des choses pour en jouir dans le présent, c’est dénier les médiations, en particulier celle du travail humain. Tu ne grandiras pas en humanité en déniant la médiation du travail, et, naturellement du travail avec les autres. Quelqu’un tout seul pourrait-il cultiver, et puis produire tous les jours son pain pour manger ?

La deuxième leçon, qui n’est pas d’ailleurs étrangère à la première, c’est de considérer la lenteur du temps et d’estimer la fécondité de qui prend son temps en patience. Ou alors, tu entrerais dans un imaginaire de toute puissance qui ferait fi de la création et de la belle alliance avec Dieu. Dieu nous offre le temps, tout le temps même, pour connaître sa belle patience qui respecte et aime la vie.

La troisième leçon, en phase avec les deux premières, c’est de cultiver l’écoute de la Parole, et de ne pas pervertir la loi pour la faire servir à nos besoins. Le diable est assassin de la vérité de la Parole, il la retourne pour la faire servir à ses fins de toute puissance imaginaire. Jésus ne se sert pas de la Parole de son Père, il l’écoute et en fait voir la lumière salvatrice inépuisable.

+ Benoît RIVIERE


Dieu lui-même est entré en conversation avec les hommes



A table l’autre jour chez des religieuses, j’écoutais le récit qu’elles me faisaient à leur retour d’une session de formation biblique. Etait-ce leur joie communicative, était-ce la sincérité et la pertinence de leurs propos ? Etait-ce la fraternité d’une table amicale ? Toujours est-il que j’ai été touché par une question somme toute fort simple : avons-nous véritablement un appui dans la Parole de Dieu lorsque nous entrons en conversation avec le monde ? L’Ecriture Sainte est-elle pour nous une source pertinente dans ce que nous recevons des autres et dans ce que nous voulons aussi leur dire ?

La question de notre enracinement dans la Parole de Dieu pour un meilleur rapport avec le monde est si importante qu’il ne faut pas trop vite y répondre par les impératifs : il faut prier, ou bien, il faut faire lectio divina, il faut respecter les différences, etc. Mais je pense plutôt que cette question demande à rester toujours ouverte ; elle exige même que l’on n’y réponde surtout pas trop vite. C’est d’ailleurs vrai pour toutes les bonnes questions ! Il ne s’agit pas d’y apporter immédiatement une réponse. Il s’agit de les recevoir et de les laisser cheminer en nous. L’Evangile est rempli de questions que les hommes posent à Dieu, se posent entre eux, et que Dieu lui-même leur adresse.

Un professeur de théologie nous avait signalé la différence entre un problème et une question. Un problème appelle, quand c’est possible, une solution. Une question quand elle est vraie et qu’elle ne porte pas en elle-même la réponse, nous ouvre le cœur et l’intelligence. Elle mérite d’être portée. Ainsi en est-il effectivement de cette question entendue l’autre jour au cours d’un déjeuner chez des religieuses, et que j’entends moi-même comme une question de vie. Entreras-tu suffisamment en dialogue avec le monde dans la lumière de ce que Dieu révèle au monde, c'est-à-dire dans la lumière du Christ ? Un verset psalmique m’est revenu à la mémoire : «qu’elle est douce à mon palais ta Promesse, le miel a moins de saveur dans ma bouche. Tes préceptes m’ont donné l’intelligence. Je hais tout chemin de mensonge. » Et un autre verset ne dit-il pas: « qu’il est bon, qu’il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis » ?

+ Benoît RIVIERE

 

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