• Accueil

Réfléchir et voter

Editorial - Eglise d'Autun N° 11 - 9 juin 2017


VOTENous sommes à la veille des élections législatives qui déboucheront sur un nouveau parlement au service de la concorde et de la vie de notre pays. Je vous propose de réfléchir brièvement, entre autres, à deux questions.
La première : il va de soi que nous devrons exercer notre devoir de citoyens en participant à ce vote ; mais dans quel état d’esprit irons nous voter ?
Deuxièmement : qu’espérons-nous de l’exercice du pouvoir politique en France au cours des cinq prochaines années, et qu’espérons-nous au fond pour l’avenir de la France ?

« Dans quel état d’esprit irons-nous voter ? »

Le parlement, dans l’esprit de la cinquième République, n’a pas été conçu pour être un contre-pouvoir, mais l’espace du débat pour travailler à des lois justes. En ce sens, le débat parlementaire doit favoriser avec l’exécutif l’avancée du pays dans des domaines aussi importants que ceux de l’éducation, de la défense nationale, de la santé, de la solidarité, de la défense des petits, celui du dynamisme économique et, j’ajoute, la création artistique et bien d’autres domaines encore. En ce sens, notre état d’esprit en allant voter ne peut pas être celui de gens grincheux, toujours en train de se plaindre, mais un état d’esprit confiant, désireux de voir jouer au mieux les différents niveaux de la vie publique, en concertation et en débat constructif. Et peut-être pouvons-nous demander et espérer de nos futurs députés qu’ils soient eux-mêmes dans un état d’esprit ouvert à chercher les meilleurs consensus, et votons en conséquence.

« Qu’espérons-nous pour notre pays ? »

Cette question rejoint celle de notre attachement à la vie en société. Elle rejoint une question de confiance les uns envers les autres. Est-ce que nous pouvons regarder avec espoir et confiance les années qui viennent, en étant engagés humblement à notre place pour mener avec d’autres des actions qui feront du mieux aux autres. Nos institutions sont bonnes certes, et nous devons nous en réjouir. Pourtant, il ne va pas de soi d’accepter des mandats au service des autres. Il me semble qu’il faut toujours honorer ceux et celles qui, à tous les niveaux de la société, s’engagent et s’engageront pour plus qu’eux-mêmes, et pour plus que leurs intérêts de groupe. On dit parfois que « charité bien ordonnée commence par soi-même ». Je trouve que c’est un peu court ! Je pense plutôt que charité bien ordonnée commence par la sollicitude et la bienveillance envers autrui. On ne réfléchit jamais avec justice lorsqu’on ne se situe pas dans une relation bienveillante avec les autres et dans l’humilité.


+ Benoît RIVIERE