Recevez l'Evangile du Christ

Editorial - Eglise d'Autun N° 16 du 6 octobre 2017


L’Evangile, que l’Eglise doit annoncer partout et toujours, est un don qu’elle reçoit. Elle n’est pas propriétaire de la Révélation de Dieu en Jésus Christ. Elle en est, comme Marie, l’humble et joyeuse servante. Elle le reçoit sans cesse avec joie et empressement. Le samedi 21 octobre, dans le lieu si vénérable du martyre de saint Marcel près de Chalon, Tony MONTESIN reçoit l’imposition des mains qui fait de lui un homme consacré à la « diaconie » de l’Eglise. Et en prenant le livre des évangiles que lui tend l’Evêque, le nouveau diacre entend ceci : « recevez l’Evangile de Dieu, que vous avez la mission d’annoncer. Soyez attentif à croire à la Parole que vous lirez, à enseigner ce que vous avez cru, à vivre ce que vous aurez enseigné. »

Ces mots sont riches d’une profonde signification : le diacre n’est pas chargé de dire ce que les autres auraient à vivre ; le Christ lui-même n’est pas venu « faire la morale » au monde, encore moins le juger ; il est venu l’aimer jusqu’à donner sa vie, et le sauver par cet amour éternellement reçu du Père. Le diacre reçoit d’entrer dans cette attention amoureuse envers le Christ, la Parole vivante de Dieu ; il reçoit de croire, et d’enseigner ce qu’il croit, sans jamais oublier de se reprendre lui-même constamment pour vivre de cette Foi crue et enseignée.

Dans la prière qui suit la communion, l’Eglise prie ainsi pour le nouveau diacre : « Dieu qui viens de servir à tes enfants le pain et la coupe du Royaume, garde ce nouveau diacre toujours fidèle au service de l’Evangile, des sacrements et de la charité... »bible

Il apparaît ici clairement que nous ne servirons jamais si nous n’acceptons pas de recevoir de Dieu lui-même le don du salut, c'est-à-dire déjà les réalités du Royaume qui nous sont « servies » dans l’Eucharistie. Et il apparaît que le service de l’Evangile, des sacrements et de la charité sont inséparables.

Depuis quelques temps se développent heureusement des initiatives où la Parole de Dieu est partagée avec les pauvres et les affligés, dans des lieux fraternels. Notre synode diocésain a notamment relevé ceci comme faisant partie des belles réalités à encourager et à multiplier.

Il y a bien des manières de s’encourager mutuellement dans l’écoute et la pratique de l’Evangile. Je voudrais proposer une manière simple de faire à quelques-uns une lecture priante de l’Evangile. Quelqu’un invite d’autres à se réunir chez lui autour de la table de la salle à manger, pour une heure qui peut se dérouler ainsi : celui qui invite, ou un autre, guide un petit moment de prière, puis demande à quelqu’un de lire à haute voix le passage de la Bible qui a été choisi ; on reste ensuite trois à cinq minutes en silence.

Puis ceux qui le veulent disent à haute voix un ou deux versets, ou un ou deux mots du passage biblique. Ensuite, on relit une deuxième fois le même passage à haute voix, et on reste à nouveau en silence pendant trois à cinq minutes. Alors, il y a un nouveau « partage » qui se fait en écoutant ceux qui veulent exprimer en quoi le passage, ou ce verset particulier, les rejoint et les concerne personnellement. Enfin, on relit une troisième fois à haute voix le passage et, après un nouveau temps de silence, les participants qui le veulent expriment leur prière, de demande, ou d’action de grâce... Et celui qui « anime » conclut par un « Notre Père » ou une autre prière. Cette heure ou ces ¾ d’heure ou cette ½ heure est simple à vivre, et elle peut se poursuivre par un temps de goûter fraternel. C’est modeste. C’est simple. Et c’est réconfortant.

Cette écoute et ce partage en commun nous convertissent, nous remettent dans la lumière de la Foi et renforcent les liens de la fraternité. Je suis très frappé et interpellé par la parole des autres, notamment des humbles et des souffrants, dans ces moments de lecture priante de l’Evangile. Nous nous faisons alors les uns aux autres la charité de communier à l’Evangile, et, déjà, d’en recevoir l’énergie qui permet d’en vivre en toutes circonstances, dans les épreuves et dans les joies.

+ Benoît RIVIERE