Quelle résurrection espérons-nous ?

fleur dans croixEditorial d’Eglise d’Autun N° 19 - 17 novembre 2017

 

La joie de Toussaint n’est pas celle d’une béatitude privée et hors-monde, mais celle du Christ Jésus en communion profonde avec l’humanité entière. Et la foi en la résurrection du Christ entraîne dans un même mouvement la foi en la résurrection de nos défunts pour la vie éternelle, et la foi en notre propre résurrection. Nous avons reçu une espérance qui va chercher bien plus profond que celle d’une simple survie de notre âme et de l’âme de nos défunts. Nous avons la joyeuse espérance d’être ressuscités entièrement dans notre personne humaine transformée par l’Esprit Saint, comme Jésus lui-même est ressuscité des morts par la puissance de l’Esprit-Saint. « Je crois à la résurrection de la chair ».

Rappelons-nous que la « chair » n’est pas une enveloppe corporelle de notre âme ; elle désigne la personne humaine mortelle, en devenir dans son histoire avec Dieu, avec les autres et avec elle-même. La « chair », c’est l’être humain dans sa fragilité et dans son devenir. Et quand nous disons « je crois en l’Esprit- Saint, à la résurrection de la chair… », nous disons que notre mort corporelle n’est pas une sorte de libération d’un principe spirituel en nous, mais cette remise de tout notre être dans l’Esprit- Saint pour ressusciter avec le Christ, créature nouvelle. L’heure de cette transformation ne nous appartient pas, ni le comment de cette transformation qui nous fera voir Dieu avec nos yeux de chair, comme disait déjà l’Esprit- Saint dans la première alliance.

Pour mieux recevoir et vivre la foi de l’Eglise, il est bon de relier notre foi en la résurrection des morts avec le pardon des péchés et la vie en Dieu. En effet, nous faisons déjà l’expérience de la libération vitale qu’entraîne le pardon des péchés. Le sang sauveur de Jésus nous purifie de tout péché et de tout mal, nous infuse l’Esprit nouveau du Royaume de Dieu, nous fortifie dans le combat contre le mal et le péché. Et l’expérience de la vie selon l’Esprit, c’est-à-dire la vie évangélique, est bel et bien une réalité commencée dans notre marche sur la terre vers le Royaume de Dieu. Etre ou non dans la mouvance de l’Esprit-Saint qui éclaire, donne la force, produit des fruits de paix, de serviabilité et de joie, cela se voit déjà, grâce à Dieu ! Nous aimons prier pour les défunts, autant que nous aimons cette transformation en nous et entre nous que produit l’Esprit-Saint : la transformation baptismale.

+ Benoît RIVIERE