Qu’est-ce donc que le temps ?

Editorial d'Eglise d'Autun N° 01 - 10 janvier 2020


Au moment de nous tourner avec bienveillance les uns vers les autres au début d’une année nouvelle, et en échangeant nos vœux, cette question revient à l’esprit. Nous souhaitons du bien, du bonheur et la joie de la vérité à notre monde au cours du temps qui s’écoule. Le temps qui ne serait pas marqué par des bénédictions, ou l’attente sincère de bénédictions, deviendrait difficilement vivable.

Je constate que des personnes humbles, d’ailleurs dans l’épreuve ou non, demandent à être bénies. Elles demandent ainsi à être éclairées par la lumière de la vie que Dieu donne, et qu’Il entretient et ressuscite en chacun de nous par sa grâce. Elles demandent, nous demandons les uns pour les autres, que Dieu nous éclaire de la clarté de son visage d’amour et de paix.

Avec quelques évêques français, nous avons pris récemment une journée pour prier en pèlerinage sur le lieu du martyr de Saint Valérien, père de la Foi de notre diocèse. Et nous avons notamment médité à partir d’une réflexion de saint Augustin : le futur, ni le passé, en rigueur de terme n’existent ! Et cependant, continue saint Augustin, existent dans l’esprit humain « le présent du passé », qui est la mémoire, « le présent du présent », qui est l’attention actuelle, et « le présent de l’avenir », qui est son attente.
mages
J’aimerais que chaque jour qui s’écoule soit celui d’une avancée communautaire sur la route que les « mages venus d’orient » ont suivie : ils ont suivi résolument la lumière de la foi qui éclaire toute réalité passée, présente et à venir. Et ils n’ont rien préféré à cette lumière. Ils ont étudié les signes du temps, interrogé les Ecritures, offert le meilleur de ce qu’ils avaient au Fils de Dieu fait chair dans la toute humilité. Ils ont préféré la joie de la maison où se trouvent Marie et l’enfant, avec Joseph, plutôt que l’éclat dérisoire du palais d’un gouvernant peureux et jaloux de son pouvoir. Ils sont demeurés toujours en route, jamais déracinés de la vraie terre de la foi. Ils ont reconnu l’amour de Dieu manifesté parmi les hommes, et ils l’ont eux-mêmes manifesté par leur existence entière de chercheurs et de pèlerins.

Alors oui, que nous entrions dans la caravane des chercheurs de l’évangile ! Et, comme le dit saint Augustin, « cherchons avec le désir de trouver, et trouvons avec le désir de chercher encore. »


+ Benoît RIVIERE