Messages

La flamme de la résistance ne doit pas s’éteindre

Les mots de Monseigneur Rivière au Challenge Michelet 2017

Dans le cadre de la 45e édition du Challenge Michelet, organisée par la Direction interrégionale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun était invité vendredi 19 mai dernier à prononcer une allocution lors d’une cérémonie d’hommage au monument aux morts de Dijon. Plus de 300 jeunes étaient réunis, venus de la région Grand-Centre, à l’issue d’une semaine de compétions sportives et culturelles sur le thème de La Résistance. Le résistant que fut monsieur Edmond Michelet, grand-père de Monseigneur Rivière était à l’honneur.


Chers amis du Challenge Michelet,

Je suis très ému de prendre la parole maintenant devant vous, et je suis fier de me sentir avec vous dans le même esprit, l’esprit du Challenge Michelet. Vous m’avez merveilleusement accueilli mercredi matin au Stade Colette Besson, et je vous en remercie beaucoup.

Dans ce stade, vous les jeunes, vous étiez heureux d’être ensemble, dans une ambiance de respect les uns des autres, dans une sorte de « famille » fraternellement unie, dans une joie communicative, et dans l’effort sportif pour être au meilleur de vous-même. Vous vous souviendrez longtemps de ces journées à Dijon, et vous pourrez vous souvenir longtemps de l’esprit du Challenge Michelet.

Edmond Michelet était mon grand-père. Nous l’appelions affectueusement « Papamond ». Il aimait beaucoup sa famille. A vrai dire, il était un homme fait pour aimer, et pour vivre en fraternité avec les autres, même ceux qui ne partageaient pas ses idées. C’était cela son esprit : un esprit ouvert et généreux, qui refusait de se laisser vaincre par la haine et par le découragement.

Et Dieu sait si Edmond Michelet, comme beaucoup d’autres, ont eu à RESISTER contre la haine et le découragement dans les années du milieu du XXème siècle et plus tard encore. Quand le nazisme poussait à dénoncer les juifs comme des gens inférieurs, quand le nazisme poussait les français à se dénoncer les uns les autres, quand le nazisme pratiquait des expériences infâmes sur le corps des infirmes, des malades et des vieillards, quand il entraînait des millions d’innocents dans les camps de déportation et d’extermination, il fallait des hommes comme Michelet pour rester debout, pour choisir la VIE au lieu de l’esclavage que les nazis voulaient imposer au monde. Il fallait espérer et se battre toujours pour vivre et pour aimer. Choisir la VIE, c’est le secret de la victoire ! C’est le secret de l’acte sur lequel, cette année, vous avez voulu réfléchir : RESISTER.

Pour RESISTER, il faut un cœur enthousiaste, il faut un cœur qui batte pour de grandes choses, il faut un cœur qui accueille les autres comme des frères, il faut un cœur réconcilié...

Chers amis du Challenge Michelet, laissez-moi vous raconter juste deux exemples de ce que le mot RESISTER voulait dire pour mon grand-père. Vous savez qu’il était père de 7 enfants, qu’il avait été arrêté sur dénonciation à 7 heures moins 10 le 25 février 1943 dans sa maison de Brive et qu’il avait été emmené au camp de concentration de Dachau. Entre les deux, on l’a interrogé brutalement pour qu’il se dénonce comme résistant, et il a tenu bon en pensant à sa femme, Marie, et à ses enfants. Il a pu faire passer clandestinement des messages à sa femme. Je voudrais vous en lire un extrait : « Amour, je te demande d’abord de ne parler à personne des gens de Brive qui m’ont envoyé ici. Je leur pardonne de tout mon cœur et je te supplie d’en faire autant – et moi je vous dis aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous maltraitent -. N’oublions pas que c’est à un travail de RECONCILIATION que nous sommes appelés. N’élargissons pas les fossés. Je compte bien sur toi pour cela. »

Et quelques mois plus tard, dans l’horreur du camp de Dachau, étaient arrêtés avec lui et internés avec lui des résistants, mais aussi des hommes ayant commis de vols ou des meurtres. Et bien, aux yeux de mon grand-père, tous ces français conduits au camp de concentration par les nazis, devaient se montrer dignes de leur identité de français. Ils étaient soudés entre eux dans la même épreuve. Ils devaient se traiter tous comme des frères et manifester leur unité aux yeux des bourreaux. Edmond Michelet a réussi ce tour de force de faire de cette bande de pauvres bougres, une sorte de groupe de compagnons qui se serraient les coudes ensemble dans la misère, justement pour RESISTER ensemble, justement pour choisir ensemble de ne pas se laisser gagner par l’égoïsme et par la haine. REFUSER la haine, RESISTER à laisser la haine gagner notre cœur, c’est AIMER en profondeur le présent et l’avenir de l’humanité.

Chers amis du Challenge Michelet, choisissez chaque jour l’appel à la vie, qui est exigence, réconciliation et confiance.

Bonne route dans l’esprit du Challenge Michelet !

+ Benoît RIVIERE
Evêque d’Autun



Message de Pâques de Mgr Rivière

MGR 2017 04Choisir d’espérer et d’aimer !

En cette période de préparation à des élections importantes pour notre pays, le désir est grand de réussir à nous entendre les uns et les autres. Mais y-a-t’il en France un socle sur lequel nous appuyer tous ensemble ? La parole humaine est chargée d’unir, disait un humble curé, proche de chez nous. Elle n’est pas faite pour stigmatiser et pour opposer. Elle jaillit de la confiance et de la recherche de ce qui est vrai et bon. Nous savons, en effet, que la confiance dans la parole donnée permet de déployer la vie en société, à commencer par la vie familiale. La parole permet aux hommes de se dire les uns aux autres ce qui a du prix pour eux (Cf. le document du conseil permanent des évêques de France sur le sens du politique).

Les chrétiens ne sont pas en dehors de la société française bien évidemment. En ce temps de Pâques marqué par la mémoire heureuse de la mort et de la résurrection du Christ, ils veulent communiquer leur immense confiance dans le Christ, en qui la liberté de Dieu et la liberté de l’homme sont inséparablement et définitivement liées. Nous puisons dans les célébrations de Pâques la force de préférer le dialogue à la violence, l’espérance à la dérision systématique, l’humilité joyeuse à l’orgueil aveugle.

Tant de jeunes et d’enfants attendent non seulement une place dans le monde adulte, mais que leur soit montrée la vie qui a vaincu la mort ! Voilà cette vie que nous voulons sans cesse déployer et que nous voulons recevoir mieux nous-mêmes ! Je souhaite de tout cœur à ceux qui habitent dans notre belle Saône-et-Loire de se laisser entraîner par la joie de Pâques. Je leur souhaite de goûter la joie de la réconciliation profonde qui nous est offerte.

+ Benoît RIVIERE

 


Lettre de Mgr Rivière aux jeunes de Saône-et-Loire

 

JDJ2017

"A tous les jeunes de Saône-et-Loire

Bonjour,

C’est toujours important pour moi de vous rencontrer, vous les jeunes. Dans ma vie d’évêque, cela m’arrive de temps en temps ; vous avez beaucoup d’attentes et beaucoup de questions, et c’est cela qui fait que les rencontres avec vous sont passionnantes. Quand je vous rencontre, j’ai le sentiment que vous vous attendez à être regardés au meilleur de vous-mêmes. (...)"

Lire la lettre en entier

 


Communiqué de Monseigneur Benoît Rivière
Autun, le 2 avril 2017

Après l’accident de la route de Montcenis

Monseigneur Rivière, informé ce matin par les médias du drame qui s’est déroulé cette nuit en Saône-et-Loire, s’associe à la douleur des parents et grands-parents des victimes, de leurs frères et sœurs, des membres de leurs familles, de leurs proches, amis, camarades, collègues, enseignants et éducateurs, voisins. Il veut leur adresser une parole de réconfort et de soutien.

Il salue le travail des pompiers et des secouristes, des soignants qui ont agi dans le meilleur de leur professionnalisme durant de longues heures dans l’espoir de sauver ces jeunes vies.

Le décès de ces jeunes, la violence du choc, atteignent profondément non seulement les personnes qui les connaissaient, mais la population dans son ensemble. La mort d’un jeune sur la route est toujours une mort de trop.

Ceci nous rappelle à nos responsabilités quotidiennes sur la route. Notre département comporte des axes traversants extrêmement fréquentés. Cette configuration doit inciter chacun à la plus grande des vigilances et les pouvoirs publics à continuer sans relâche les travaux indispensables à l’amélioration de la sécurité.

Monseigneur Rivière encourage les catholiques à prier pour les victimes et leurs proches. Il souhaite que les personnes concernées ne restent pas isolées dans leur épreuve.

Que la figure de la Vierge Marie, si aimée par les croyants des religions monothéistes, puisse devenir celle de la consolation et de la douceur pour les mères et les pères aujourd’hui dans la peine.

+ Monseigneur Benoît Rivière
Evêque d’Autun









MESSAGE NOL 2016 MONSEIGNEUR RIVIERE


Paris, le 14 décembre 2016

DÉCLARATION DU CONSEIL PERMANENT de la conférence des Evêques de France

Alep : qui dira qu’il ne savait pas ?

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France exprime sa très vive inquiétude face à la situation que connait la population d’Alep aujourd’hui ; une situation que connaissent d’autres villes ou pays depuis des mois ou des années.

Alors que la communauté internationale en reste à des déclarations d’indignation, le jeu stratégique des puissances en présence ignore toute dimension humaine. Les personnes sont écrasées sous les bombes, poussées à l’exode, exécutées. Aujourd’hui, elles manquent de tout : la situation humanitaire est terrible.

Avec le pape François, la Conférence des évêques de France appelle « à s’engager de toutes ses forces pour la protection des civils... c’est une obligation impérative et urgente ! ».

Par ailleurs, cette situation nous remet tous, élus, responsables et citoyens, devant nos responsabilités vis-à-vis de l’accueil des migrants et des étrangers. Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur la situation des personnes réfugiées chez nous. Nous devons les accueillir et les accompagner dans la durée. Pour des milliers de personnes, cette situation est souvent indigne, en particulier en Ile-de-France où, sous couvert de les prendre en charge, on se contente de les déplacer de quelques kilomètres.

À l’approche de Noël, nous appelons tous nos concitoyens à ne pas baisser les bras et à se montrer solidaires de ceux qui souffrent, proches et lointains.


Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Cardinal André VINGT-TROIS, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre BATUT, Évêque de Blois
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise,
Mgr Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun
Mgr Pascal WINTZER, Archevêque de Poitiers


Toussaint 2016 porte


Il y a certaines choses auxquelles nous pensons assez rarement. Et même si nous savons que ce sont des choses essentielles, nous y pensons peu. Je me pose cette question : est-ce que je pense quelquefois un peu sérieusement à Dieu, et à la vie avec Dieu un jour pour toujours ?

Le ciel, c’est Dieu, disait un poète ! Et je crois que c’est cela auquel nous pourrions penser un petit peu, à la veille de penser à nos défunts. A la veille de faire mémoire des morts, si nous pensions un peu à notre propre destinée.

Où me conduit ma vie humaine en relation actuelle avec les autres ? Et qui me dira un peu sérieusement : tu n’es pas promis à la mort éternelle ? Qui me montrera une porte d’espérance sur la vie enfin entièrement bonne, enfin entièrement réconciliée, enfin entièrement dans un amour personnel et infini avec Dieu, et avec toutes les autres créatures humaines ?

Avec le Christ, la porte d’espérance peut s’ouvrir, ou s’entrouvrir, pour chacun qui ose une relation personnelle avec Dieu.

C’est simplement cette brèche de pure lumière dans la mi-clarté de ce monde, qui nous est montrée, et même qui nous réchauffe et nous réconforte, au jour de la Toussaint.

Bonne fête de la Toussaint ! Remplie d’espérance pour le monde !

+ Benoît RIVIERE


Autun, le 26 juillet 2016

Après l’attentat à Saint-Etienne-du-Rouvray

Pour Monseigneur Rivière,
Un acte qui choque profondément la conscience humaine

pere jacques hamel

Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun, est actuellement en Pologne où il participe aux JMJ avec les jeunes de Saône-et-Loire. C’est donc à Cracovie qu’il a appris cette terrible nouvelle de l’attentat à Saint-Etienne-du-Rouvray. Il adresse le message suivant aux habitants de Saône-et-Loire.

« Nous sommes atterrés par le caractère odieux d’un tel acte ; ainsi est porté atteinte à ce qu’il y a de plus sacré dans la vie humaine : cet attentat s’en prend violemment à la vie d’hommes et de femmes en train de poser un geste religieux et pacifique. C’est extrêmement grave, cela blesse vraiment toute l’humanité. J’appelle donc à ce grand sursaut de conscience que le bien est vainqueur du mal.

Nous sommes particulièrement invités à ne pas nous laisser aller au découragement et ne pas en rester au seul premier mouvement de la colère. C’est le bien qui aura le dernier mot, et en aucun cas, la vengeance. L’événement horrible de ce matin nous appelle à un profond ressaisissement, à témoigner par un acte de foi indéracinable que le Christ met en nos cœurs : on ne combat pas le mal par le mal. Ceci concerne chaque être humain : c’est uniquement par le bien que les œuvres mauvaises reculeront.

Chacun est invité à prier. Plus spécialement, je convie les personnes qui le veulent à rejoindre les messes du 15 août, en la fête de la Vierge Marie, afin d’adresser une prière de supplication pour que les cœurs s’ouvrent à la paix et à l’espérance du bien.

Toutes les célébrations du 15 août pourront être dédiées à ces intentions, en les élargissant à la prière pour toutes les victimes de tels actes dans le monde. Je serai moi-même en pèlerinage à l’oratoire de Notre Dame de Varange, au-dessus de Givry, où je présiderai la messe de l’Assomption ».


+ Benoît Rivière, avec les jeunes de Saône-et-Loire, réunis pour les JMJ depuis Cracovie, le 26 juillet 2016


 


logo petitAutun, le 2 juin 2016



Message de Monseigneur Benoît Rivière, évêque d’Autun,
aux Musulmans qui vivent en Saône-et-Loire

Le jeûne pour la pauvreté du cœur devant Dieu


A l’occasion de l’entrée en Ramadan, Monseigneur Rivière vient d’envoyer le message ci-dessous aux communautés musulmanes du département :

« Les relations de respect et d’amitié qui lient les humains entre eux sont si importantes, et aussi tellement fragiles ! En ces jours où vous entrez dans la période du Ramadan, je veux de tout mon cœur vous souhaiter la paix qui vient de Dieu, et je veux vous exprimer ma conviction : le jeûne a pour moi un but précis, c’est de retrouver la pauvreté du cœur devant Dieu et devant tous mes frères humains. C’est de connaître ce que Dieu aime et qui nous sera pleinement montré un jour au ciel.

Que la bénédiction divine vous procure la paix, et mette entre tous la douceur de l’amitié et du respect ! »


+ Benoît Rivière
Evêque d’Autun




MESSAGE DE PAIX A TOUS LES HABITANTS DE SAONE-ET-LOIRE

« La vie, la mort : quelle espérance ? »mazille1



Depuis 10 ans, les représentants des différentes religions présentes en Saône-et-Loire, bouddhistes, juifs, chrétiens et musulmans, se réunissent au Carmel de la Paix à Mazille. L'évolution de notre monde nous invite plus que jamais à poursuivre ensemble ce chemin de dialogue, de fraternité, d'amitié et de paix.
Pour la sixième rencontre, nous avons choisi d'échanger et de prier autour du thème : « La vie, la mort, quelle espérance ? »

La vie et la mort, ce sont les questions de tous les hommes et femmes de la terre.

Nous éprouvons chacun une précarité face à la mort. Nous sommes confrontés à la mort des autres, des vies sont brisées beaucoup trop tôt de manière brutale, violente, d'autres s'achèvent au bout d'une longue agonie dans la solitude d'une nuit d'hôpital... Nous expérimentons nous-mêmes les fluctuations de notre existence, la maladie, le vieillissement, les séparations, les deuils, comme des morsures de la mort au cœur de notre vie. La mort est pour nous tous un grand mystère : nos croyances et convictions nous relient à cette immense inquiétude de chaque être.

Et pourtant nous affirmons que la mort même peut être vécue, préparée, habitée d'une espérance forte. Car au cœur de notre vie aussi, nous faisons l'expérience d'instants qui sont comme des brèches ouvertes sur une réalité pressentie qui nous permet d'affirmer que la vie humaine conduit vers plus grand qu'elle. Expériences de beauté, de rencontre vraie, d’œuvre de paix... Et quand l'un de nos proches disparaît, nous savons l'entourer, l'honorer par des rites, divers selon nos religions, qui accompagnent sa dépouille et rassemblent autour de lui proches et amis, signifiant ainsi que ce « mort » demeure une personne à continuer à aimer, que son âme, ce qu'il y a d'unique en lui, est pour toujours vivante.

Notre message à tous les habitants de Saône-et-Loire est celui de chercheurs et de questionneurs de ces mystères de la vie et de la mort, qui affirmons avec force que l'existence humaine a un Sens, que notre finitude, reconnue et acceptée, n'est pas le dernier mot de notre condition : la mort est « un passage », notre vraie destinée est la plénitude de la Vie.

"La mort n'est plus la clôture sur laquelle vient buter toute espérance, mais le seuil d'une vie nouvelle, plus juste, plus forte, plus vraie". (Pierre Claverie)

Croyant cela, nous pouvons tracer ensemble des chemins pacifiés, illuminés d'espérance, vers tous nos frères et sœurs en humanité.

mazille0

 



tounesolsAutun, le 30 mai 2016


A monsieur Damien Lemière
Président des Jeunes Agriculteurs de Saône-et-Loire



Cher monsieur,

Le congrès des Jeunes Agriculteurs que vous accueillez cette année à Mâcon me donne l’occasion de vous exprimer ma solidarité avec tous ceux et toutes celles qui travaillent dans les métiers de l’agriculture. Je me sens solidaire de celles et ceux qui, respectueux de la nature, permettent aux autres et à eux-mêmes, de se nourrir chaque jour. Et quoi de plus beau que de se retrouver en famille et avec des amis pour un repas convivial.

L’avenir du bien-être des hommes en société est directement lié à l’avenir de l’agriculture et, plus généralement, à l’avenir des métiers attachés à l’alimentation et à l’entretien de l’environnement.

Permettez-moi de vous féliciter tout spécialement pour vos efforts favorisant une formation adaptée et un accompagnement des jeunes qui décident de se lancer dans les métiers de l’agriculture. Qu’ils soient sûrs de l’estime et du soutien de ceux qui ne veulent pas désespérer de l’avenir.

Je vous souhaite un très bon congrès ces jours-ci à Mâcon.


+ Benoît Rivière
Evêque d’Autun, Chalon, Mâcon


 

Message de Pâques de Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun, à tous les habitants de Saône-et-Loire : ici

 



Message de Mgr Benoît Rivière aux jeunes de Saône et Loire à l'occasion de la Journée Diocésaine de la Jeunesse : ici



Autun, le 22 décembre 2015

EVEQUE EVECHE


Message de Noël
de Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun,
aux habitants de Saône-et-Loire



Recevoir et partager la sérénité


Où faisons-nous le mieux l’expérience des joies les plus pures ? Où apprenons-nous le mieux à grandir dans le respect des autres, et à nous accueillir mutuellement sans en rester à ressasser les querelles du passé ? Je pense aux familles. C’est dans les familles que nous apprenons à aimer, à nous respecter avec nos différences, à prendre confiance en nous-mêmes, à goûter la patience du temps et le réconfort des pardons reçus et donnés. Aussi, je me tourne vers les familles qui vivent en Saône-et-Loire, de toutes tailles et de toutes origines, pour leur souhaiter du fond du coeur, et du fond du coeur de l’Eglise, un Noël de vraie sérénité !

En famille, nous apprenons à recevoir cette chose si essentielle : nous ne vivons jamais bien en nous isolant des autres, et nous perdons la joie quand nous piétinons les différences. Bref, nous apprenons le mieux dans les temps et les lieux familiaux la grâce de l’existence des frères, des soeurs et des parents plus âgés. Nous apprenons à écouter et à rire, à jouer et à travailler, à parler et à nous taire, à pleurer et à consoler, à nous reposer et à sortir au loin, à nous rendre service aux uns et aux autres, en protégeant les plus faibles... Et dans les familles où s’exprime en gestes et en paroles la foi au Dieu vivant et vrai, nous apprenons la paix de la prière familiale.

Noël est pour beaucoup un temps de retrouvailles familiales et d’échange de gestes gracieux. Je souhaite aux familles dans l’épreuve et le doute, je souhaite aux familles qui se divisent, et aux familles en paix, de risquer toujours à nouveau des pas de miséricorde, de risquer une confiance renouvelée, de risquer de se pardonner simplement les uns aux autres. Je souhaite à toute famille vivant en Saône-et-Loire de goûter une vraie sérénité, celle de la famille de Joseph, de Marie et de Jésus. Cette sérénité vient comme une surprenante et bienfaisante surprise, surtout lorsque nous osons regarder sans peur et avec amour le visage oublié de Dieu qui se laisse approcher dans le visage du frère.

Pour un pays qui ne doute pas de lui-même ni des autres


Notre pays de France est chahuté de tant de façons actuellement et nous voulons l’aimer aujourd’hui et demain. Nous l’aimerons en nous donnant davantage à l’accueil et au service du plus grand nombre ; et nous ne le défendrons pas seulement en le protégeant des peurs, mais en vivant davantage sa grâce propre de pays des droits de l’homme, de pays de la justice, et de pays éprouvé dans une histoire de sainteté et de service de l’humanité à partir de la vie et de l’exemple du Christ. Nous voulons un pays qui ne doute pas de lui-même ni des autres, ni de l’avenir, et qui innove de nouveaux chantiers pour le plus grand nombre, un pays qui ne se replie pas égoïstement sur lui-même. La foi chrétienne nous pousse à toujours repartir de l’avant, oubliant les offenses passées, reçues ou commises, appuyés sur la joie que Dieu a communiquée en premier aux humbles et aux petits.

Que ce Noël 2015, qui marque l’actualité profonde et humble de la naissance de Jésus sauveur, pauvre parmi les pauvres, apporte à tous un surcroît de sérénité !
Et que les personnes isolées ou malades, connaissent le réconfort de gestes de vraie compassion !

+ Benoît Rivière
Evêque d’Autun


Après les attentats à Paris 


Samedi 14 novembre 2015
Au tout début de l’Assemblée synodale



L’assemblée synodale que nous formons ensemble, et qui se réunit pour la première fois aujourd’hui, est profondément atteinte par ce qui s’est passé cette nuit à Paris.
Les attentats kamikazes, qui ont fait plus de 120 morts et de nombreux blessés, sont des actes qui manifestent l’horreur du mal. Nous pensons aux victimes et nous prions pour elles et pour leurs familles. Nous nous demandons : pourquoi ? Pourquoi ce mal dans son expression radicale de violence insensée, dirigée pour tuer au maximum et pour supprimer sauvagement la vie ?
Nous prenons un instant pour nous recueillir, debout, en silence, en demandant que soit cherchée et trouvée partout la paix, et en priant pour les personnes qui ont été tuées cette nuit


MGR BENOIT RIVIERE


Autun, le 30 octobre 2015

Message aux habitants de Saône-et-Loire
de Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun,
pour la Toussaint

 

POUR ECOUTER L’INVITATION AU BONHEUR


Quand nous pensons à nos morts, et quand nous prenons le temps de nous arrêter pour honorer la mémoire d’un défunt, par un moment de recueillement ou de visite sur sa tombe, quel amour nous anime ? Nous faisons ces gestes en raison de l’affection qui nous unit à nos proches défunts. Et nous les faisons aussi parce que nous nous sentons solidaires de tous. La vie humaine n’est-elle pas pour tous « blessée » par la cruauté de la mort ? Comment expliquer sinon notre solidarité et notre révolte, notamment face aux décès qui auraient pu être évités ?
La fragilité du monde et de notre propre corps sont justement, je pense, le lieu de la véritable aspiration au bonheur. J’aspire à la belle relation avec les autres et avec Dieu. J’aspire à la réconciliation des peuples et des familles. J’aspire à voir des jours où régneront la justice et la paix.
Nous ne rêvons pas à l’horizon d’un monde installé dans le simple confort. Les croyants ne rêvent pas d’un ciel style « club méd » amélioré. Nous aspirons au bonheur, et c’est tout autre chose ! Et nous osons même espérer le bonheur et la paix pour nos morts ! En ces jours de Toussaint et de mémoire, je souhaite à tous les habitants de Saône-et-Loire d’écouter la petite musique d’espérance qui n’a pas dit son dernier mot dans le coeur humain.
Belle fête de Toussaint à chacun et à chacune !

+ Benoît RIVIERE
Evêque d’Autun


Message de Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun,
aux Musulmans de Saône-et-Loire à l’occasion de l’entrée en Ramadan


Chers amis,

En ce début de Ramadan qui commence pour vos communautés de Saône-et-Loire, c’est avec beaucoup d’amitié et de respect que je vous écris aujourd’hui ce message d’encouragement et de prière.
Je souhaite que chaque musulman et chaque musulmane puissent vivre ce temps privilégié consacré à Dieu dans la sérénité personnelle et la joie de se retrouver ensemble.
Avec vous, frères musulmans, nous dialoguons régulièrement, sur les questions pressantes qui se posent à notre société. La violence, le racisme, nous les condamnons sans cesse, ensemble. La protection des faibles, le soutien aux plus démunis, l’accueil de l’étranger, nous les portons, ensemble.

Au lendemain de la parution de la Lettre encyclique du Pape François sur l’écologie, la solidarité universelle pour la protection de la terre constitue un appel urgent qui concerne l’humanité entière. Pour nous, croyants, nous voyons dans la nature ce surcroît de sens lié à sa création par Dieu. Cette préoccupation de « sauvegarde de la maison commune », nous la partageons donc aussi, ensemble.
Vous allez vivre un mois pour Dieu et pour votre communauté : que ces jours constituent, pour chacun de vous, ressourcement spirituel et approfondissement de foi.

Que la paix soit avec vous.
Je vous renouvelle mes salutations les plus fraternelles.

+ Benoît Rivière
Evêque d’Autun


Règlement préparatoire du synode diocésain 2015- 2017

"Ancrés dans la vie, à l'écoute du Seigneur, aller au coeur des frères"


Le réglement préparatoire du synode du diocèse d'Autun 2015-2017 a été promulgué par Monseigneur Rivière à Autun, en la fête de l’Ascension, le 14 mai 2015.


A Montceau une centaine de jeunes de 16 à 35 ans s'est rassemblée. AFFICHE JDJ15 213x300



Le Pape invite en effet chaque année tous les diocèses du monde à vivre une Journée Mondiale de la Jeunesse lors de la Fête des Rameaux. Elle est déclinée en alternance, soit en rassemblement mondial, comme l’an prochain en Pologne à Cracovie, soit au niveau diocésain, comme cette année. Les Pères Grégoire Drouot, délégué épiscopal à la Pastorale des Jeunes, Nicolas Berthier, vicaire à Macon et Christine Clerc, laïque en mission, sont récemment allés en « repérage » à Cracovie pour la préparation des JMJ de 2016 autour du pape François.


Ta vie, un projet d’amour !

Tu voudrais réussir quelque chose de bien dans ta vie ; plus encore, tu voudrais faire de toute ta vie quelque chose de beau, mais tu te demandes si c’est possible et comment t’y prendre. A l’approche de Pâques, je t’adresse ce message, pour te partager quelques repères que je trouve très utiles pour ne pas passer à côté de la joie. La question qui me semble la plus importante quand nous entrons dans l’âge adulte, c’est celle-ci : pourrai-je vraiment aimer toujours ? Et si je peux affirmer que c’est possible, alors la joie grandira.

Je commence donc ce message en empruntant une image écologique, celle de l’atmosphère que nous respirons. J’ai trouvé cette image dans une lettre que le pape François a écrite aux jeunes du monde entier pour le dimanche des Rameaux de cette année. Il se demande où nous pouvons trouver l’air pur du cœur, où nous pouvons respirer un air qui ne soit pas pollué. Et il répond ceci : « veille sur les choses les plus précieuses ». Quelles sont ces choses les plus précieuses ? « Le cœur et les relations », dit-il.

Je te propose de bien regarder ces deux choses, un peu comme un jardin secret à cultiver : le cœur et les relations. Si je me laisse aller à n’importe quoi, c’est comme si je disais à mon cœur : « tais-toi, je ne veux entendre et suivre que mon envie du moment ! » Mais mon cœur, sauf accident, ne s’arrête pas de battre et me dit, même dans les traversées de la nuit et des angoisses : tu es créé pour la liberté, pour faire vivre, pour aimer et être aimé. C’est si important d’écouter ton cœur ! Reviens à ton cœur ! Dieu le connaît et il en est le véritable ami, un ami qui ouvre à la liberté et qui donne d’être vraiment soi même et non pas une ombre de soi même.

Tu sais bien que tu ne peux pas être heureux, ni rendre les autres heureux si tu restes seul dans ton coin. Tu découvres le mieux qui tu es, et qui tu peux devenir, lorsque tu donnes ton temps et tes qualités pour aider et pour rendre service. Tu sais combien tes amis comptent sur toi, plus que tu ne le penses parfois, et que tu peux toujours offrir ton amitié et ta joie à ceux qui l’attendent. Tu sais que les peines et les angoisses qui font mal commencent à guérir sur le chemin qui passe par le cœur d’un ami, d’un père ou d’une mère.

Remercie Dieu pour les belles relations qu’il a rendues possibles dans ta vie. Prie pour tes amis et ceux que tu ne voudrais pas perdre. Prie aussi pour ceux avec qui les relations ont été abîmées, et ceux avec qui les relations ont été rompues pour diverses raisons. En entrant dans l’âge adulte, tu as déjà appris que la jalousie, l’amertume et la haine étaient des poisons qui polluent le cœur et empêchent les relations. Laisse tomber sans regret les moindres particules de jalousie, d’amertume et de haine ; et tu sentiras venir un air rajeuni à l’intérieur de ton cœur.

Veille chaque matin et chaque soir sur ton cœur, sois honnête et vrai avec lui, et soit reconnaissant pour les belles relations que tu connais dans ta vie. Alors tu respireras sans danger, tu aimeras de mieux en mieux, tu regarderas l’avenir avec confiance sans fuir le présent.

D’où vient cet air pur que tu peux respirer à plein poumon ? C’est encore dans la lettre du pape François aux jeunes, que j’ai trouvé la réponse. Il dit que l’air pur vient des choses belles, de l’amour vrai, et de la vie avec Dieu. Sur ce dernier point – la vie avec Dieu – le pape parle de la sainteté, et je pense que c’est plus facile de comprendre la sainteté en l’envisageant comme la vie avec Dieu ; c’est quelque chose de si important de vivre avec quelqu’un qu’on aime pour toujours. Les choses belles, tu les vois quand ton cœur est simple, c'est-à-dire unifié et ouvert. L’amour vrai, tu l’éprouves quand tu n’as plus besoin de prouver quelque chose, mais seulement d’être au meilleur de toi-même dans le regard de quelqu’un qui te laisse entièrement libre et qui t’aime. La vie avec Dieu, tu la goûtes déjà dans le pardon donné et reçu, dans le oui des engagements pour la justice, dans le tressaillement de joie devant la merveille de la vie humaine naissante, et dans la délicatesse de compassion face aux souffrances et même face à la mort. Ces sources de bon air, tu les trouveras toujours, et ne te manqueront jamais. Garde les yeux ouverts sur la beauté des amitiés et sur le projet de Dieu qui veut t’entraîner dans son amour.

Je te remercie d’avoir lu ce message, et je te souhaite, à l’approche des fêtes de Pâques, de vivre et d’aimer vraiment toujours.

+ Benoît Rivière

Evêque d’Autun


Le Message de Pâques de Monseigneur Benoît Rivière

En ces jours où les Chrétiens fêtent la résurrection du Christ, Monseigneur Benoît Rivière, Evêque d’Autun, s’adresse à tous les habitants de Saône-et-Loire.
A Pâques, la beauté d’un commencement
Des forces de mort laminent le monde et nos propres existences personnelles : enchaînements des conflits, épidémies diverses et variées, pollution qui ruine les santés et les équilibres naturels, mensonges, méfiance, haines, cruautés, vengeances, égoïsmes de tous ordres... La victoire de la mort, brutale ou insidieuse, inéluctable ou inattendue paraît plus évidente que sa défaite !
Les chrétiens savent cela fort bien, autant que les autres. Et pourtant, ils s’exclament : « le Christ est ressuscité, par sa mort, il a vaincu la mort ! » Quel paradoxe ! Quelle chose inimaginable ! Oui, nous l’affirmons : « Elle est finie ta victoire, ô mort ! »

Pour les quelques 3000 nouveaux adultes baptisés en France cette année, dont une dizaine en Saône-et-Loire, Pâques est le commencement à partir duquel désormais leur vie est neuve, enfin orientée. Ils ont une espérance certaine, et cela change en profondeur l’orientation de leur liberté. Désormais, ils connaissent l’amour de Dieu qui rend libre et qui tourne vers les autres un regard nouveau, jamais enfermant.

Ces adultes ont cheminé depuis plusieurs années dans le « catéchuménat », c'est-à-dire avec quelques membres de l’Eglise qui se rendent proches d’eux, en recevant leurs attentes, et en les aidant sur leur chemin. Les lettres qu’ils m’écrivent sont bouleversantes. Elles expriment comment Dieu travaille à l’intime de leur cœur.

Tout récemment, lors d’une marche à Montceau avec des jeunes de notre département, une lycéenne de 15 ans a fait part de son expérience d’un repas partagé à Mâcon, entre jeunes catholiques et jeunes musulmans. « Nous sentions avec joie » a-t-elle dit, « combien Dieu était présent à cette rencontre, et à quel point Il nous pousse au dialogue ».

Pour ma part, je crois dans les insondables possibilités de faire le bien, inscrites au creux des libertés de chacun. Je crois en la beauté des commencements et des recommencements pour dialoguer, pour construire à plusieurs de belles entreprises, et pour entraîner les jeunes vers un avenir ouvert. Pâques est ce commencement radical de la communion et du pardon entre tous les humains.

Bonne fête de Pâques à tous,

+ Benoît Rivière

Evêque d’Autun