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Les chemins de la vie

Editorial - Eglise d'Autun N° 9 - 12 mai 2017chemin soleil


Un psaume revient à la mémoire de Pierre lorsqu’il s’adresse à la foule des pèlerins et des habitants de Jérusalem le jour de la Pentecôte. C’est le psaume 15. Pierre ne peut parler de Jésus que dans la lumière de l’Esprit-Saint qui inspire de bout en bout l’Ecriture Sainte. Et le psaume qui éclaire la catéchèse de Pierre ce jour de Pentecôte contient le verset, qui a été prié par Jésus lui-même, et que nous prions dans son esprit aujourd’hui : « tu m’a appris les chemins de la vie. » C’est avec Jésus et en Jésus que nous comprenons jusqu’où va cette expérience de l’apprentissage de la vie avec Dieu.

Nous connaissons trop bien hélas les chemins de la mort, et nous ne pouvons pas de nous même sortir de la mort. Il y faut cette humble venue de Dieu dans nos histoires humaines blessées et tentées par la tristesse. Les deux disciples d’Emmaüs qui s’éloignaient de la communion de la foi en quittant Jérusalem tout tristes, c’est nous, bien souvent, quand nous bornons notre horizon à ce que nous comprenons et voyons avec nos sens humains : « nous espérons... » Mais cette espérance-là elle-même doit éclater, pour s’ouvrir à une rencontre dont Dieu seul a l’initiative, dans le temps et dans l’espace.

Nous pouvons admirer avec quelle humble délicatesse le Seigneur s’est fait proche de nous, sur nos routes à l’envers de la vie véritable. Nous pouvons admirer avec quelle divine façon de se faire en tout semblable à nous, le Seigneur a inscrit dans nos conversations l’ouverture au sens profond des Ecritures : de bout en bout, tout nous parle de Lui, le Christ, vraiment descendu jusque dans nos chemins de mort et jusqu’à la mort même, pour nous inonder du feu de la miséricorde et de la vérité de la vie.

Oui, nous pouvons témoigner de ce qui advient en nous quand Jésus se fait le compagnon de la route et de la table. « Tu m’a fait connaître le chemin de la vie ! Devant ta face, débordement de joie : » Alors vient au cœur un nouveau regard, une nouvelle volonté, un élan que l’on ne croyait plus possible... et c’est le retour d’allégresse vers les frères dans la communion de la foi, dans la Cité de la Paix, Jérusalem. C’est le retournement « eucharistique ». C’est la conversion pascale. C’est notre Pâque, celle que Jésus vient vivre en chacun de nous.

+ Benoît RIVIERE