Le programme parodien : vivre en pèlerin sur cette terre

Editorial d'Eglise d'Autun N° 9 et 10 - 31 mai 2020


La pandémie que le monde subit actuellement provoque des souffrances et des remises en question. Des festivals, des camps de jeunes, des pèlerinages, des sessions sont reportées, voire supprimées. Les sessions d’été organisées chaque année à Paray-le-Monial par la communauté de l’Emmanuel ne se dérouleront pas comme d’habitude évidemment.

Paray4 600pxJ’admire la souplesse des responsables qui adaptent en ce moment les propositions à trois niveaux :
- L’accueil des groupes ou des individuels à Paray en août et, peut-être, pour certaines animations, dès juillet.
- La proposition par internet de parcours à vivre chez soi, dans la famille ou seul pendant l’été.
- L’ouverture à des initiatives paroissiales locales de « temps forts », à vivre à échelle moins nombreuse qu’une grande session en lien avec des directs à Paray.

Paray n’est pas un endroit replié sur lui-même. Il est un lieu ouvert très largement aux chercheurs de Dieu. Et les sessions ouvrent un espace large à de nombreux chrétiens ou proches de l’Eglise, pour prier dans une grande assemblée, pour réfléchir au sens que prend leur vie concrète en plein monde, et pour éprouver la joie d’un temps familial dans lequel parents et enfants trouvent chacun leur place, et retrouvent les fondamentaux de leur engagement familial peut-être.

Nous fêtons cette année le centenaire de la canonisation de Sainte Marguerite-Marie. N’est-ce-pas une occasion de se poser les questions importantes de la vie, celles que la petite religieuse Visitandine née à Verosvres s’était elle-même posées ? Et chacun, dans cet après-confinement, ne se trouve-t-il pas confronté à de telles questions : où se trouvent les points essentiels de ma vie ? Quelles priorités j’entends donner à mes engagements maintenant ? Quelles découvertes ai-je faites touchant mon cœur profond dans sa relation avec le Christ, et avec les plus proches ?

La période dans laquelle nous entrons sera longue. Je pense que nous aurons plus que jamais à soigner la qualité des relations humaines, et la qualité de nos pensées sur les autres et sur nos dirigeants. Accepterons-nous de ne pas tout savoir ? Accepterons-nous d’être à l’écoute de ceux qui ne pensent pas comme nous ?

L’évangile est tellement actuel ; il nous met en route, et ne nous donne pas de fausses « sécurités ». Etre en pèlerinage, accueillir des pèlerins, vivre sur cette terre comme si elle ne nous appartenait pas, et donner à ceux qui viennent l’espace familial d’une maison ouverte à tous les peuples, voilà un peu le « programme » parodien !

+ Benoît RIVIERE