Laissez-vous attirer par ce qui est humble

Editorial d'Eglise d'Autun N° 7 et 8 - 30 avril 2020

La situation inédite et bouleversante que le monde éprouve en ce moment interroge notre conscience : Que pouvons-nous espérer ? Que penser ? Que devons-nous faire ? Quels changements radicaux devons-nous initier dans nos manières de faire, de juger et de travailler ?

Pour les croyants, Dieu n’est pas étranger à ces questions, Il en est le bienveillant partenaire. Je le crois, l’épreuve de ce temps-ci amène à mieux écouter le Christ, à mieux décider de prier dans le calme, à mieux habiter nos maisons, à mieux être en relation humble et chaste avec le prochain, et, pour le dire simplement, à aimer mieux.

J’écoutais l’autre jour, Monseigneur SEGUY retracer sur Radio Espérance le portrait de Saint-Anselme. Quel salutaire contraste entre cette mémoire stimulante de la sainteté, et le bavardage convenu et récriminant qui, lui, n’était pas confiné, hélas, sur d’autres ondes ! La mémoire de Saint Anselme, si bien évoquée par l’évêque émérite d’Autun, stimule la foi, oriente la pensée et encourage la volonté ; elle ouvre, ô combien, l’espérance des biens du Royaume de Dieu !

pere enfantJ’entends, plus souvent que d’habitude, des croyants dire à quel point la Parole de Dieu est pour eux nourriture réelle de guérison et de salut. Prier, étudier, servir, se reposer, ne sont pas seulement des activités se succédant les unes aux autres - bienheureuses activités si elles se succèdent effectivement ! - elles sont notre petite mais réelle participation à la réponse de l’Eglise quand elle entend le Christ dire aux disciples : « demeurez dans mon amour ! »

Et voici, parmi tant d’autres, deux petits « signes » de cette réponse, qui m’ont été envoyées ces dernières heures :

1- Celui d’un ancien écrivant dans une église ouverte près de chez lui ces mots d’une prière à la Sainte Vierge :
Notre Dame,
Préservez-moi des regrets inutiles, des souvenirs troublants, des angoisses du doute.
Notre Dame,
Obtenez-moi la certitude que ma vie a toujours du sens
Obtenez-moi cette confiance que le Seigneur m’attend comme un Père, pour me serrer sur son cœur et me faire entrer dans sa JOIE INFINIE.

2- Celui d’un père de famille écrivant à ses proches et amis, dont j’aurais aimé citer plus longuement son texte : « Tant de réalités s’effondrent. Et il nous appartient de construire. Maintenant. Avec tous ceux qui veulent. Sur des débris de vies bousculées, blessées parfois profondément : emploi et ressources perdus, disparition d’êtres chers à qui nous n’aurons pas pu dire au revoir, angoisses pour l’avenir, peur d’être ensemble… Nous connaissons bien ces trois sources de la violence – la prédation, la vengeance et l’idéologie – qui rôdent à travers le monde d’autant plus affermies qu’elles dorment chacune au fond de nous, attendant patiemment le bon moment pour nous dévaster par infection. »

Contre le vent aigre de la dévastation et de la colère, mendions le souffle créateur !

Je vous souhaite de recevoir bientôt, à nouveau vraiment, la grâce de Pentecôte !

+ Benoît RIVIERE