La Lumière des nations

Editorial d'Eglise d'Autun N° 3 - 7 février 2020PRESENTATION DE JESUS 02 02

Avec le 2 février, qui cette année tombait un dimanche, s’est achevé le cycle liturgique de Noël – Epiphanie. La fête de la Présentation du Seigneur est sûrement pour une large part insuffisamment connue et célébrée. L’expression populaire de « Chandeleur » indique qu’en ce jour, les croyants processionnent avec des cierges à la main.

Je me souviens qu’à Marseille, chaque année, à cette fête, une foule nombreuse de jeunes montent en procession avec des cierges, avant le lever du soleil, depuis le Vieux Port jusqu’à l’abbaye de Saint Victor. Quelle est la signification de ce geste ?

Nous trouvons dans une expression liturgique ancienne que cette fête est celle de « la Rencontre de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ, lorsque le juste Syméon le reçut dans ses bras ». Ce n’est pas la rencontre qui crée la lumière, mais c’est la venue humble et cachée de Jésus, Lui la lumière véritable éclairant dans notre propre chair tous ceux qui gisaient dans les ténèbres.

Le récit que Luc fait de cette Rencontre est lui-même marqué par l’expérience de la prière liturgique. Et l’hymne ancienne du « Nunc dimittis », que les premiers chrétiens ont appris comme ils ont appris le Magnificat, est celle que nous disons chaque soir avant de dormir : « Mes yeux ont vu le salut de Dieu ! » Quel paradoxe ! Parler de lumière des nations et de gloire du peuple de Dieu alors même qu’il s’agit d’un enfant de pauvres, et qu’il est rencontré par deux vieillards, Anne et Syméon. Le puissant empereur Auguste était désigné comme sauveur du monde et lumière des nations, et voilà que Syméon, poussé par l’Esprit-Saint, désigne Jésus comme salut de Dieu et lumière pour éclairer toutes les nations.

Le chemin de la foi, que nous voulons reprendre chaque jour, c’est de nous laisser éclairer, comme Joseph et Marie, par Lui seul, le Christ, qui apporte au monde le salut de Dieu.

+ Benoît RIVIERE