L'amitié du Seigneur Jésus

amitieEditorial d'Eglise d'Autun N° 12 - 22 juin 2018


Ce fil d’or a relié cette année toutes les activités des fêtes du Sacré Cœur à Paray-le-Monial. Avec la foule des pèlerins, dans une atmosphère clémente, nous avons réfléchi à cette amitié la plus belle qui soit. De quelle amitié le Seigneur parle-t-il en disant à ses apôtres, et à nous aujourd’hui, qu’Il nous appelle ses amis ?

La véritable amitié entre des personnes, disait Saint Augustin, est cette « douce et affectueuse conformité de sentiments sur les choses divines et humaines. » Et Saint François de Sales précisera les différentes formes d’amitié, distinguant aussi les véritables amitiés de celles qui n’en sont pas. Cette qualité dépend des biens spirituels échangés entre les amis. Des abeilles butinant sur certaines fleurs donneront un miel de qualité médiocre, au lieu qu’elles donneront un miel excellent si elles butinent sur d’autres fleurs.

Entre des personnes libres, l’amitié est un choix qui est fondé sur la simple et profonde confiance réciproque, toujours bienveillante. Quand il s’agit de l’amitié du Seigneur Jésus envers nous, elle est pure initiative de sa part, elle est « vocation » : « je vous appelle amis ». Comment entrer dans cette amitié ? C’est de garder la parole donnée par le Seigneur Jésus. Cette garde amoureuse de la parole de l’ami commence bien sûr par l’attention aux mouvements de notre cœur profond. Dieu est l’ami du cœur humain, disait Saint François de Sales.

Le Seigneur Jésus, faisant de nous ses amis, en nous partageant absolument tout ce qu’il a reçu lui-même du Père, nous presse intérieurement de garder sa Parole. L’attention à cette Parole et à notre manière de parler et d’agir dans le monde participe de notre belle complicité avec le Saint-Esprit. Il s’agit de nous recevoir comme amis du Seigneur, écoutant sa Parole, et travaillant à la libération que cette Parole opère dans le monde.

Des amis s’écoutent au meilleur d’eux-mêmes, et ils se nourrissent en quelque sorte du pain de la parole de l’ami. Le monde a tellement besoin de cet espace où la parole est échangée, où chacun peut se situer en conscience.

+ Benoît RIVIERE