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Nouveaux venus, nouveaux visages

saone et loire chemins septembre 2019Editorial d'Eglise d'Autun N° 14 - 06 sptembre 2019

Le mois de septembre est celui des vendanges, c’est aussi celui de la rentrée. Pour nos frères et sœurs du judaïsme, c’est le mois de Kippour, le grand Pardon, qui inscrit dans les cœurs la joie bouleversante de la rémission des péchés.
 
Ces jours-ci, dans les paroisses, les écoles, les clubs sportifs et les conservatoires de musique, les groupes de spiritualité et les communautés diverses, les aumôneries et les mouvements d’action catholique, les entreprises… se présentent des nouveaux venus, autant de nouveaux visages qui voient les réalités que nous vivons avec un regard de première découverte et de gratitude. C’est comme si à travers eux, nous entendions un appel : Est-ce que tu permets que j’augmente ta joie ? Est-ce que je peux avoir une place avec vous ? Est-ce que je peux compter sur vous ?
 
Prochainement, samedi 5 octobre à la Maison diocésaine de Saint Désert, les nouveaux baptisés du diocèse, et ceux qui ont reçu comme adultes le sacrement de confirmation à la Pentecôte, sont conviés pour une rencontre et un partage, avec la célébration de l’Eucharistie à 11h00. Nous élargirons ce groupe, en accueillant pour l’Eucharistie et pour le repas partagé tous les nouveaux arrivants en Saône-et-Loire qui le voudront.
 
La Maison Diocésaine a vocation d’être maison de l’amitié chrétienne et de l’hospitalité, comme Béthanie, maison où chacun peut se sentir un peu « chez lui » parce que le sourire de la Mère de Jésus est tangible. Nous ferons découvrir ce lieu aux participants, et nous écouterons ce qui les porte dans leur nouvelle existence en Saône-et-Loire.
 
Je souhaite que nous ayons à cœur d’inviter personnellement des nouveaux venus en Saône-et-Loire en leur disant : « vous êtes chaleureusement attendus le 5 octobre à Saint Désert pour l’Eucharistie de 11h00 (à l’église du village) et pour le repas partagé ensuite ! »
 
Aux lecteurs d’Eglise d’Autun, je dis ma gratitude pour leur fidèle confiance, et pour leurs prières. Que chacun ajoute à la joie des autres, et soulage aussi comme il est possible la peine des autres, pas sa simple présence et par son ouverture à l’inattendu que Dieu prépare.

+ Benoît RIVIERE

Un temps pour bénir

Editorial d'Eglise d'Autun N° 12 - 21 juin 2019 louange


Les rythmes de la nature nous apprennent, ou devraient nous apprendre, à nous réconcilier avec l’écoulement du temps.
Je veux dire que l’alternance du jour et de la nuit, des saisons, des pluies et des vents, du soleil et des nuages, et encore la lente croissance des arbres et des plantes, sont une indication silencieuse à demeurer avec sagesse dans le temps qui nous est offert. Le temps est comme un chemin ouvert pour goûter la grâce à l’œuvre partout.

On dit parfois que le présent seul nous est donné pour vivre réconciliés. Certes ! Mais à condition de ne pas comprendre le présent, l’aujourd’hui, comme simplement un instant. L’instant rime avec l’instantanéité. Et l’instantanéité ne dit rien de la vraie fidélité. C’est bien plus dans le fil de notre existence, dans les alternances de consolation et de désolation, dans l’humble acceptation des processus et de la durée, que peut s’opérer le discernement de l’action de l’Esprit-Saint dans le monde, et dans nos vies personnelles.

J’ai écouté il y a quelques jours avec bonheur quelques futurs prêtres et diacres dire à des journalistes combien c’était dans le temps long que Dieu agissait, et combien c’était important d’entrer dans cette humble écoute d’un Dieu qui se révèle partenaire du temps. La fameuse « heure » de Jésus est bien mieux qu’un instant qui vient et disparait, elle est la rencontre d’un amour offert et d’une initiative absolument gracieuse de Dieu qui a résolu de nous sauver. Elle est présence à Dieu et présence à nous-mêmes. Elle est le temps favorable, si nous regardons bien.
Voir notre époque comme celle où se manifestent les merveilles de Dieu est un acte qui résulte de la foi et de l’espérance. Sans la foi, sans l’espérance, nous ne voyons plus les fruits de la bénédiction. Or, c’est pour cela que nous somme créés, pour la louange et pour la bénédiction.
En ce proche début de l’été, puissions-nous bénir, et choisir la bénédiction comme attitude fondamentale !

+ Benoît RIVIERE


Les humbles sont pierres d'angle

Editorial d'Eglise d'Autun N° 13 - 5 juillet 2019VIERGE ENFANT 15 02


Quelqu’un a dit ce soir-là : « la solitude, ça tue ! ». Alors, quelqu’un d’autre a pris la parole. C’était une femme, digne, marquée aussi par la douleur, mais lumineuse de foi. Elle a parlé de son mari, et aussi de sa relation avec la Sainte Vierge. Cette femme d’humble condition aimait son mari, et lui-même se rendait souvent à l’église pour déposer devant la Sainte Vierge une petite bougie et une fleur blanche. Il est mort. Et à présent, c’est elle, sa femme, qui vient déposer dans cette église une petite bougie et une fleur blanche devant la Sainte Vierge, de la part de son mari. Un jour, elle y a joint un papier sur lequel elle avait écrit ceci : « Vierge-Marie, c’est B….., mon mari, qui te prie et qui te donne cette fleur ! » Alors est arrivée une personne efficace et rapide, chargée de mettre un peu d’ordre par-là, qui lui a dit : « la fleur et la bougie, oui, mais pas de papier ! » Alors la femme sans aucun mouvement de mépris, sans la moindre agressivité, a repris son papier écrit pour la Sainte Vierge et a dit dans son cœur : « Marie, toi, tu connais bien toute chose, et tu n’as pas besoin de lire mon petit billet pour savoir que mon mari t’aime beaucoup et que moi aussi je t’aime et te prie de protéger ma vie. »
Il y a encore autre chose que la solitude pour tuer, c’est l’invasion, que dis-je, le bombardement ininterrompu des « informations ». Il semble que nous soyons devenus des passoires mitraillées par les informations. En quelques jours, peut-être moins, nous sommes impactés en une seule journée par un volume d’informations que les cerveaux de nos ancêtres ruraux, voici quelques siècles à peine, ingurgitaient sur toute la durée d’une vie. On m’a dit qu’au cours de toute leur existence, les anciens dans le monde rural recevaient, en matière de données informatives, seulement ce qui correspondrait aujourd’hui au contenu de deux éditions journalières du journal « Le Monde » !
Morale de l’histoire : place urgente cet été à des rencontres simples et un peu prolongée avec quelques pierres d’angle ! Leurs propos parfois sont des pépites de vie pure. Vous avez compris que cet éditorial leur était dédié en profonde gratitude.

+ Benoît RIVIERE

" Seigneur, viens en aide à notre faiblesse "

Editorial d'Eglise d'Autun N° 11 - 07 juin 2019

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Comme pour la Parole de Dieu, nous ne finirons jamais de découvrir la richesse et la profondeur des rites de la liturgie chrétienne. Et c’est pourquoi, lorsque nous les célébrons, nous progressons dans la joie de la foi.

Dimanche 23 juin, en priant la liturgie d’ordination d’Hervé et de Bernard comme nouveaux « coopérateurs » des évêques, et celle de l’ordination de François comme nouveau « diacre » de l’Eglise, nous réaliserons mieux ceci : notre façon de voir a toujours besoin d’être déplacée et élargie par la foi de l’Eglise. Et la réception par les communautés chrétiennes de ceux qui leur sont envoyés par l’évêque (je pense aussi aux changements de curés dans des paroisses) est un signe très beau qui fait grandir les uns et les autres dans la foi. Oui, nous éprouvons à quel point le Seigneur vient en aide à notre faiblesse.

Prenons quelques éléments de la liturgie d’ordination des prêtres, à titre d’illustration. On prie pour que Dieu lui-même forme, à travers ses serviteurs, le peuple sacerdotal, c’est-à-dire un peuple habité par un amour rempli d’espérance envers l’humanité, un peuple capable de louange et d’intercession, capable de se donner vraiment. Et dans la prière d’ordination qui prolonge l’imposition des mains, on termine par ces mots suggestifs : « en communion avec nous, Seigneur, qu’ils implorent ta miséricorde sur le peuple qui leur est confié et pour l’humanité toute entière… »

On évoque dans les rites d’ordination ce que sera le travail des prêtres, ou plutôt leur capacité à intercéder et à servir la communion entre les divers membres. Il s’agit là encore d’une responsabilité qui se reçoit de Dieu dans son Eglise et qui met en relation avec Dieu, qui établit quelqu’un comme serviteur d’une communion fraternelle venant d’un amour divin, comme le Christ qui livre sa vie, jusque dans la souffrance de la Croix, pour rassembler les enfants de Dieu dispersés.

Je remarque aussi combien une juste perception de la mission des prêtres et des diacres, ne peut se faire sans une vision unitive de l’ancien et du nouveau Testament. Je veux dire que les « figures » de l’ancien Testament se réalisent lumineusement dans le nouveau, y compris celles des serviteurs de la bonne organisation du peuple appelé. Moïse et ses compagnons « deviennent » en quelque sorte les « collaborateurs, ou coopérateurs » des évêques.

Enfin, je voudrais souligner que pour toute consécration d’une liberté humaine au service de ce qui vient de Dieu, c’est l’Esprit-Saint qui en est le souffle et l’artisan. Sans lui, tout s’affaisse dans l’insignifiance, dans une morne tristesse et dans un aplatissement des perspectives. Les gestes d’une ordination de prêtres, je pense en particulier à la concélébration de l’imposition des mains par l’évêque et le presbyterium, je pense aussi à l’onction des mains, nous renvoient à une transformation de quelqu’un au plus profond de lui-même pour devenir à un titre particulier et pour toute son existence, ami de l’unique médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ. Il s’agit d’une transformation dans l’Esprit-Saint, qui pousse à une écoute jamais achevée de ce même Esprit qui fait l’unité de l’Eglise.

+ Benoît RIVIERE

Les dons du Saint-Esprit

Editorial d'Eglise d'Autun N° 10 - 24 mai 2019

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Une adolescente m’a posé cette question : « je n’ai pas bien compris ce qu’étaient les 7 « pouvoirs » du Saint-Esprit. Pouvez-vous m’éclairer là-dessus ? » Elle a utilisé le mot « pouvoir », parce que l’expression des « dons » du Saint-Esprit ne lui était pas familière !
Dieu ne nous donne pas en effet des choses comme on donne de l’argent à une association qu’on veut soutenir, ni même comme des parents donnent une éducation à leurs enfants. Quand Dieu donne, il ne donne pas moins que lui-même, dit admirablement Saint Thomas. Et la parole sacramentelle de la confirmation l’exprime bien : « sois marqué de l’Esprit-Saint, le don de Dieu. »

Ce que cette adolescente appelle les « pouvoirs » de l’Esprit de Dieu, sont une manière de comprendre comment Dieu agit pour nous en se donnant à nous tout entier. Oui, il veut nous communiquer ses « pouvoirs ». Et il n’agit jamais en nous sans nous ; il est le partenaire éternel de notre liberté créée. Il nous rend capables de vivre et d’aimer comme lui. Les fameux « dons » du Saint-Esprit sont comme ce souffle actif qui creuse en nous une capacité à nous émerveiller de la beauté et de la bonté de Dieu ; c’est le don de crainte (qui n’a rien à voir avec la peur). Si nécessaire, dans un contexte de zapping permanent, le Saint-Esprit creuse en nous la capacité de la fidélité, nourrie par les sacrements et par les frères qui nous aident ; c’est le don de force.

Par le don de la filialité, qui est inséparable de celui de la fraternité, (manière de dire le don de piété) nous bondissons de joie et de confiance pour nous porter vers Dieu notre Père et vivre en frère avec les autres.
Le don de conseil est comme celui d’une boussole intérieure qui indique où est la belle attraction de notre vie. La charité est la véritable nourriture de l’homme, et le don de conseil est comme cette faim salutaire de la charité.
Celui de la connaissance nous fait déchiffrer les traces du créateur ; c’est le don si nécessaire pour vivre réconciliés avec la création.
L’intelligence n’est pas ici le quotient intellectuel, mais ce regard intérieur venant de Dieu, et qui fait lire toute chose dans la lumière qui ne vient pas de nous. « Par ta lumière, dit le croyant, nous voyons la lumière. »
Enfin, le don, le pouvoir, de sagesse fait goûter Dieu lui-même. C’est l’esprit d’enfance évangélique.

Dieu, en définitive, nous donne de pouvoir donner et recevoir ce qui ne disparaitra jamais, c’est-à-dire l’amour dont Il aime. Et si ce don est permanent, c’est pour que notre existence blessée soit transformée au long des jours et que nous devenions réellement libres, comme Jésus est entièrement libre.

+ Benoît RIVIERE
Evêque d’Autun

Vivre de Dieu !

Editorial d'Eglise d'Autun N° 8 - 19 avril 20192019 PAQUES


De nombreuses personnes de bonne volonté sont actuellement profondément atteintes dans leur confiance envers l’Eglise. Elles se demandent si la Maison des chrétiens est encore une Maison sûre.

J’en suis vraiment convaincu, la purification de l’Eglise est déjà commencée. La situation actuelle est pour tous un encouragement à mieux faire, mieux agir, mieux aimer. Cette profonde transformation ne nous fera pas changer d’Eglise. Mais elle nous oblige à changer en Eglise. La gravité et l’étendue de ce qui est révélé conduit à des cheminements intérieurs pour chacun de nous.

Aujourd’hui, à Pâques, un Dieu bon, un Dieu qui aime, se montre à nous. Nous avons contemplé Jésus des Rameaux aux Jours Saints. Nous lui ouvrons nos cœurs : nous l’aimons et il nous parle aujourd’hui. Son Esprit Saint guide les hommes et les femmes en animant leurs âmes de la bonne volonté des amis de Dieu.

Le Pape émérite vient de publier un long texte théologique dans lequel il analyse le contexte actuel de l’Eglise. Il écrit que c’est seulement « s’il y a un Dieu créateur qui est bon et qui veut le bien », que « la vie humaine peut avoir un sens ». « Une société dans laquelle Dieu est absent » perd son orientation. Elle est condamnée à voir « la fin de sa liberté ».

Une certaine liberté intérieure et la conscience de l’action de Dieu dans les cœurs sont donc étroitement liées. Sans cette liberté, il ne peut exister d’éducation des consciences. Le « premier devoir » des chrétiens, poursuit Benoît XVI, est donc de recommencer « à vivre de Dieu ». C’est en se laissant transformer librement de l’intérieur que l’Eglise retournera à l’Evangile. J’invite chacun à goûter de façon nouvelle cette liberté intérieure venue du Christ ressuscité. Elle est déjà une jolie façon d’espérer !

Bonne vie en Dieu !

Belle fête de Pâques !

+ Benoît Rivière

Etre avec

Editorial d'Eglise d'Autun N° 7 - 5 avril 2019mains unies


Les prêtres du Conseil Presbytéral ont entendu le père Georges AUDUC dire, lors de sa conférence sur la mort et la résurrection du Seigneur, que la foi ne nous décrivait pas le ciel ; mais la foi nous assure que là où est Jésus, nous serons nous aussi avec lui.
Etre avec, c’est l’expression la plus lumineuse pour désigner l’amour. L’amour désire la présence de l’aimé, il désire être avec l’aimé. Cet « avec » a quelque chose de formidable : Dieu ne nous parle pas de loin, Il ne nous envoie pas seulement des bons conseils, Il nous désire avec lui toujours.
Oui, nous sommes aimés, Dieu veut demeurer avec nous, Il veut être toujours avec nous. Dieu n’est pas contre nous avec notre mal. Dieu est avec nous contre notre mal. Et le mal tue, il engendre la mort…
Jésus donne cet amour vivifiant de manière privilégiée à ceux et celles qui sont, je dirais, ses « préférés », c’est-à-dire les humbles et les pécheurs. Il mange avec eux, il partage jusqu’à la fin leur condition pour leur communiquer sa joie. Il affirme à un pauvre bougre : aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis. Et la vie, la joie, ne sont pas des choses que nous obtenons par nos efforts, elles sont purs cadeaux.
Souvenons-nous de cet amour unique entre tous dont Dieu aime, laissons-nous ressaisir par lui, croyons-le plus fortement au temps de l’épreuve, accueillons-le et offrons-le, en reconsidérant le prochain lui-même dans la réalité : le Christ Jésus a livré sa vie pour ce frère-là comme pour nous-mêmes, pour cette sœur-là en particulier, pour ce pauvre qui n’a rien, …
Il s’agit d’être avec Jésus, d’être avec Lui dans sa mission de salut, d’être avec Jésus parce que lui nous a appelés, comme les premiers disciples, à le suivre dans le plus concret et le plus humain. Il nous arrache aux mauvais isolements, pour nous faire habiter avec le prochain dans la vie véritable, celle de la charité.

+ Benoît RIVIERE

Message de Carême du Conseil Permanent de la C.E.F.

CEF
"Grandir dans la vérité, grandir dans l'espérance''


Chers frères et sœurs baptisés, fidèles de l’Église catholique présente en France,

Réunis comme tous les mois, évêques membres du Conseil permanent, nous souhaitons vous adresser un message au début de ce temps de carême qui est un temps de conversion. Le jour du mercredi des Cendres, en nous marquant le célébrant nous a dit : « Convertis-toi et crois à l’Évangile. »

Nous sommes, ensemble, très affectés et troublés par les révélations faites au sujet des actes parfois criminels commis par ministres ordonnés ou des consacrés sur des mineurs ou même des adultes dans l’Église universelle et chez nous aussi. Ces comportements immoraux nous scandalisent et atteignent notre confiance dans l’Église, dans ceux et celles qui pourtant ont consacré leur vie à Dieu. Des personnes victimes, souvent membres de nos communautés, ont révélé ce qu’elles ont subi et leur profonde blessure qu’elle soit psychologique, spirituelle ou corporelle. Nous les remercions d’avoir osé parler. Grâce à leur témoignage, une profonde prise de conscience s’est réalisée. Une grande opération-vérité s’est ouverte. Dans notre foi, la parole du Christ « La vérité vous rendra libres » (Jn 8,32) est à l’œuvre. C’est douloureux car le mal est profond. Avec le Pape François, nous disons qu’il s’agit d’abus de pouvoir, de conscience et d’abus sexuels.

Nous savions que l’Église est sainte de la sainteté de Dieu, mais qu’en elle se trouvent aussi des hommes et des femmes pécheurs, appelés pourtant par Dieu à être cette communauté qui, dans le temps de l’histoire, porte l’espérance des hommes et rend témoignage à sa bonté. Il est à l’origine de toute vie et par son Fils Jésus Il nous sauve du mensonge de nos vies et nous libère du poids du péché, de celui de la violence faite aux autres. Nous avons confiance en Lui et en son Église.

La fête de l’appel des catéchumènes, ce premier dimanche de carême, nous a fait vivre la fécondité de l’Église. Elle a accompagné l’œuvre de l’Esprit dans le cœur d’hommes et de femmes qui ont reconnu sa présence et se sont tournés vers elle pour être accompagnés dans leur expérience nouvelle. Les communautés chrétiennes les ont accueillis et guidés. De nombreux prêtres, des diacres, des consacrés, des fidèles laïcs leur ont donné le meilleur d’eux-mêmes, c’est-à-dire la Parole de Dieu, le témoignage sur Jésus, la vie en communauté, le souci des petits et des pauvres et encore la manière de trouver Dieu dans la prière du cœur et dans l’assemblée chrétienne !

Le message de Pâques déjà nous éclaire : « Ne craignez pas, c’est moi. La Paix soit avec vous ! ». Nous ne sommes pas abandonnés, nous sommes purifiés. Nous sommes remis devant notre vocation de baptisés !

Poursuivons notre mission de porteurs d’espérance. Nous allons continuer notre effort de conversion dans les domaines où certains ont péché. Nous allons poursuivre notre écoute des personnes victimes et travailler avec elles. Nous aurons besoin de chacun pour être des acteurs de vérité, pour apporter ses compétences pour rendre notre Église plus sainte dans la vie de tous ses membres et dans sa manière de vivre.

Oui, chers Frères et Sœurs, le Seigneur nous aime. Il nous renouvelle dans notre mission de baptisés. Entendons son appel : « Vous donc vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5, 48).

Bon Carême, bonne montée vers Pâques à la suite du Christ-Sauveur.

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Mgr Michel AUPETIT, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre BATUT, Évêque de Blois
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise
Mgr Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun
Mgr Pascal WINTZER, Archevêque de Poitiers



Changer d'attitude

Editorial d'Eglise d'Autun N° 5 - 8 mars 2019


Nous pouvons comprendre ainsi le chemin de conversion qu’est le temps favorable du Carême : « Jeûner, dit le pape François, c’est-à-dire changer d’attitude à l’égard des autres et des créateurs. »

Une plongée dans un autre univers culturel nous apprend que la beauté du cœur humain est infiniment respectable, et qu’elle se montre dans des coutumes et des visages si différents des nôtres. Avec quelques amis de Saône-et-Loire, j’ai eu la joie de me laisser accueillir récemment par les diocésains de Fénérive-Est (Madagascar), et par leur évêque, Mgr Marcellin RANDRIAMAMONJY, en plein été… près de l’équateur ! C’est dire la chaleur… mais je veux surtout insister sur la chaleur des dialogues vécus ! Les catholiques de Fénérive-Est concluaient leur synode diocésain durant quelques jours de fête autour du 18 février, date anniversaire de la création du diocèse, il y a 18 ans, et date également du 18ème anniversaire de la consécration épiscopale du 1er évêque de ce diocèse, Mgr Désiré TSARAHAZANA, devenu cardinal archevêque de Tamatave.

chemin02De ce choc salutaire avec ce que j’appellerai l’expression singulière de la beauté du cœur humain dans la culture malgache, je retiendrais trois ondes qui peuvent accompagner un « chemin de conversion », ou un « jeûne » si l’on préfère :
- Quand tant de repères sécuritaires ne sont pas là, quand l’existence au quotidien est un véritable combat contre le fatalisme, quand tant de fléaux récurrents pourraient miner la confiance et la joie, la simple relation humaine, sans autre chose que la délicatesse de l’écoute, de la parole calme et de l’humble présence, devient le pain quotidien nécessaire et essentiel. J’ai été frappé par la capacité du peuple malgache à manifester cette humble et belle qualité relationnelle.
- La patience devant l’adversité et les désillusions, la patience quand les conditions techniques sont défaillantes, la patience à refaire chaque jour les humbles gestes nécessaires à la vie des siens, voilà encore une qualité rayonnante de ce peuple si attachant.
- Enfin, je parlerais brièvement de l’humour si répandu dans les relations dont nous avons été témoins durant 8 jours, cet humour entretenu qui permet de tenir bon et de garder le sourire. Il me semble que c’est par charité les uns envers les autres, pour être mutuellement encouragés à marcher sans découragement, que les malgaches entretiennent finalement le sens de l’humour. L’humour se fait l’expression d’une espérance qui ne chancellera pas.

Je reviens au Carême dans lequel nous venons d’entrer. Qu’il rayonne de la bonne odeur du Christ, le frère universel, l’aimé de Dieu en qui le monde est sauvé ! Que nous « sortions » plus joyeusement à la rencontre des autres, dans l’humble respect de leur beauté propre, et dans le don généreux de notre temps ! Que nous sachions recevoir dans le visage et la patience des plus humbles l’appel du Christ lui-même !

+ Benoît RIVIERE