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Méditation de Mgr RIVIERE pour le dimanche des Rameaux



Parole de Dieu
Mt 26, 36a.39

Jésus parvient avec les disciples à un domaine appelé Gethsémani. Allant un peu plus loin, il tomba face contre terre en priant, et il disait : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux. »

Retrouvez la méditation de Monseigneur Rivière dans « Le Compagnon de Carême », Hors-série de MAGNIFICAT.

Le mot de l'évêque du 23 mars

2020 03 23 slide

Monseigneur Benoît RIVIERE
s’adresse aux catholiques de Saône-et-Loire
et, plus spécialement, aux catéchumènes



Autun, le 23 mars 2020

Bonjour à chacun et à chacune, au lendemain du 4e dimanche de Carême, porté par l’élan de joie du Christ, je suis heureux de m’adresser à vous. Pouvez-vous avec moi prier pour les catéchumènes ? C’est à eux que je veux parler directement maintenant.

Bonjour Cécile, Stéphanie, Camille, Sylvie, Yannick, Sarah, Caroline, Andrea, Lucas, Julie, Xy, Léa, Muriel, Elody, Laetitia, Abraham Koke, Fatima. Il y a trois semaines, souvenez-vous, c’était le premier dimanche de Carême ; et vous étiez ensemble réunis à l’église du Sacré-Cœur de Chalon, pour la célébration de l’appel décisif. Je continue de prier avec vous, et je demande pour vous en ce temps d’épreuves, la grâce de demeurer dans l’écoute du Seigneur tous les jours et de servir les autres là où vous êtes.

Le 1er dimanche de Carême donc, vous avez entendu ceci : « L’Eglise, au nom du Christ, vous appelle aux sacrements de Pâques ». Je vous le répète avec joie aujourd’hui : « L’Eglise vous appelle aux sacrements du baptême, de la confirmation et de l’Eucharistie. » Vous avez ensuite donné votre futur nom de baptême qui a été inscrit dans un livre. Et au terme de cette liturgie de l’appel et de l’inscription, vous avez encore entendu ceci : « frères et sœurs catéchumènes, vous avez pris avec nous la route vers Pâques ; le Christ sera pour vous le chemin, la vérité et la vie, tandis que vous approchez des « scrutins » où vous retrouverez la communauté. »

Vous savez que ces scrutins n’ont évidemment rien à voir avec ceux des élections politiques ! Ils sont un réconfort spirituel qui vous est donné, à vous en tout premier lieu ; et ils sont en même temps un réconfort pour toute l’Eglise avec vous. Ils rendent présentes en nous ces paroles du psaume : « Tu me scrutes Seigneur et tu me connais… » Certains parmi vous ont déjà reçu les premiers scrutins et goûté le réconfort qu’ils apportent. Vous le savez, ces rites proches du baptême ont un double but : faire apparaître en nous ce qui doit être guéri, et rendre plus fort en nous ce qui est bien, ce qui est bon, ce qui est saint.

En m’adressant à vous au début de cette 4e semaine de Carême, je voulais aussi vous dire que dans les circonstances de confinement que nous connaissons, selon toute vraisemblance, la célébration de votre baptême sera reportée de quelques semaines. Et seront donc aussi reportés les scrutins que vous n’avez pas encore reçus. J’espère naturellement que nous serons sortis du confinement avant l’Ascension ; cela permettra, dans chacune de vos paroisses, la célébration des sacrements de l’initiation chrétienne le samedi 30 mai, veille de la Pentecôte. Retenez déjà cette date ! Et les derniers scrutins pourront avoir lieu, ou bien lors des dimanches du temps pascal ou bien dans les jours entre l’Ascension et la Pentecôte. Vos accompagnateurs, j’en suis sûr, sont en relation avec vous et poursuivent, par internet ou le téléphone, les rencontres de préparation.

Chers catéchumènes et vous tous, ce temps de Carême est un temps de purification et de renouvellement profond. Je veux le vivre très spécialement uni avec vous.
Retrouvons-nous par exemple chaque jour dans la prière de l’Angelus.
Que le Seigneur vous réconforte et vous sauve, qu’il réconforte les malades et les soignants, qu’il ouvre vos cœurs à son esprit bon et vivifiant !
Merci !




Le mot de l'évêque du 27 mars

2020 03 27

Méditation de Monseigneur Benoît RIVIERE
Evangile selon Saint Jean 11, 1 - 45

 



Autun, pour le dimanche 29 mars 2020

En ce 5e dimanche de Carême, nous lisons l’Evangile de la résurrection de Lazare.

Notre diocèse, vous le savez, est heureux de se trouver sous la protection de Saint Lazare.

Depuis plus de 1000 ans, des croyants et des incroyants montent à Autun pour se recueillir auprès des reliques de Saint Lazare ; il est le frère de Marthe et de Marie, celui que l’Evangile appelle « l’ami du Christ ».

Rappelons-nous que Lazare veut dire : « Dieu porte secours » et que la maison de Lazare appartient au village de Béthanie, qui veut dire maison de grâce.

Ces mots sont riches de significations : Béthanie, Maison où la grâce agit, maison où la grâce est présente, maison embaumée par l’Esprit Saint, parfum de l’amour de Dieu.

Lazare, celui qui ne prononce pas une seule parole dans l’Evangile, un peu comme Saint Joseph, l’époux de Marie. Lazare, du fond de l’enfermement mortifère où il se trouve, entend l’ami divin s’approcher.

Il a entendu, par-delà les portes de la mort, ce mot si personnel, si empreint d’amour : Lazare, viens dehors !

C’est un peu curieux, et c’est pourtant si important, d’écouter l’Evangile d’aujourd’hui nous dire à nous aussi : toi, mon ami, sors ! viens dehors ! Sors de ta peur ! Sors de ton remords ! Sors de ton silence ! Viens au jour ! Viens à la table du jour de Dieu !

Une prière autunoise chante ceci :

« O Christ, heureux est ton ami Lazare
Chez qui tu viens à Béthanie,
Goûter la paix de sa maison offerte !
Fais que la porte de nos cœurs
Soit toujours ouverte pour t’accueillir.
Lorsque Lazare dormait dans sa tombe,
Tu as montré ta puissance infinie
Envers cet homme que tu aimais.
Dans ta miséricorde,
Réveille nos cœurs qui dorment dans la mort :
Qu’ils reçoivent de toi la vie ! »

Bon dimanche !



ÉVANGILE DU DIMANCHE 29 MARS 2020

En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur.
Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux.
C’était son frère Lazare qui était malade.
Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu,
afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.

Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.
Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. »
Les disciples lui dirent :
« Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? »
Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ?
Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ;
mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. »
Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. »
Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. »
Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil.
Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous,
pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! »
Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples :
« Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »

À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
Comme Béthanie était tout près de Jérusalem
– à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –,
beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère.
Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre,
tandis que Marie restait assise à la maison.
Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.
Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »
Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »
Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. »
Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie.
Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moine mourra jamais.
Crois-tu cela ? »
Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu,
tu es celui qui vient dans le monde. »

Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas :
« Le Maître est là, il t’appelle. »
Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus.
Il n’était pas encore entré dans le village,
mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré.
Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient,
la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ;
ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.
Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus.
Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit :
« Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. »

Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi,
Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda :
« Où l’avez-vous déposé ? »
Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. »
Alors Jésus se mit à pleurer.
Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! »
Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle,
ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau.
C’était une grotte fermée par une pierre.
Jésus dit : « Enlevez la pierre. »
Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. »
Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
On enleva donc la pierre.
Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit :
« Père, je te rends grâceparce que tu m’as exaucé.
Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ;
mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »
Après cela, il cria d’une voix forte :« Lazare, viens dehors ! »
Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire.
Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »

Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie
et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

 

Le mot de l'évêque du 25 mars

2020 03 25

La Vierge Marie est notre Mère Spirituelle
par Monseigneur Benoît RIVIERE

 

 

Autun, le 25 mars 2020, fête de l’Annonciation

Bonjour à chacun et à chacune, aujourd’hui, vous entendrez sonner les cloches des églises à 19h30. Vous entendrez que la vie est espérance. Qu’est-ce que la vie, sinon espérer être en relation vraie et pure avec les autres, et laisser jaillir la vie ?

Beaucoup éprouvent, en ces temps-ci plus particulièrement, la soif de relations vraies et respectueuses avec les autres. Beaucoup pressentent qu’en Dieu est la source de la vie. Et beaucoup se demandent : « Qui nous fera connaître le bonheur ? »

Grâce au « oui » de Marie, femme de Nazareth, Dieu vient nous offrir le bonheur. Il devient l’un de nous, pour nous réapprendre la vie qu’il nous a donnée à l’origine. Et cette rencontre de l’ange avec Marie, dans l’humble maison familiale, n’est pas loin de nous. Elle nous est offerte dans la foi aujourd’hui, dans nos maisons.

C’est aujourd’hui l’Annonciation ! Pour nous donner la vie véritable, pour la transfuser en nous et entre nous, Dieu vient prendre chair de notre chair, il devient homme, il s’unit à nous pour toujours, au point de faire chez nous sa demeure. Et la Vierge Marie est, dans ce sens véritablement, notre mère spirituelle.

Il nous est demandé de rester chez nous en ce temps éprouvant, mais nous voulons que ce temps soit celui d’un renouveau intérieur profond pour notre pays tout entier. Nous voulons apprécier la vie bonne, plus forte que les découragements et plus forte que les condamnations. Nous voulons prier dans le calme, et accomplir aussi nos tâches quotidiennes dans le calme.

Ce 25 mars est jour d’Annonciation. Pour cela je vous demande de prendre votre chapelet et de rejoindre l’immense humanité priante.
Lisez le récit de l’Annonciation, dans votre Bible au chapitre premier de l’évangile selon saint Luc.
Prenez le temps d’écouter ce que Dieu dit à l’intime du cœur humain disponible, parce que Dieu est l’ami du cœur humain.
Et au moment où vient le soir, en entendant les cloches sonner, disposez à vos fenêtres des bougies allumées. Elles diront votre foi en la lumière du Christ, plus forte que les ténèbres. Elles diront votre désir d’entrer tous dans la paix de Dieu, avec Marie.


La prière du chapelet

Nous prierons en communion par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie en nous unissant au chapelet récité, à Lourdes, chaque jour. Nous demanderons à Marie de nous protéger et de nous aider à mieux accueillir Jésus dans nos maisons, dans nos coeurs, dans nos vies comme elle l’a fait elle-même pour nous: «Que tout m’advienne selon ta parole» (Lc 1, 38) – [1re dizaine].

Nous confierons à Marie qui devient Mère du Sauveur et qui deviendra notre Mère, nos frères et soeurs malades, nos frères et soeurs soignants, notre communauté humaine éprouvée. Nous lui dirons que nous voulons les aimer comme nous aimons Jésus, «le fruit béni de ses entrailles» (cf. Lc 1, 42), Lui qui a pris sur lui nos souffrances et nos péchés [2e dizaine].

Nous pourrons aussi confier nos craintes et nos doutes à celle qui fut toute bouleversée et s’interrogea: «Comment cela va-t-il se faire?» (Lc 1, 34). La peur d’une vie remise à Dieu, différente de celle dont nous rêvons, rejoint la peur de la mort. Marie la connaît de l’intérieur et nous pouvons lui dire sans cesse: «Prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort», comme l’Église nous l’a appris [3e dizaine].

Enfin, poussés par l’Esprit, nous pourrons dire à Jésus: «Guéris-nous!» Nous ne savons pas quelle sera la réponse sinon que, dans quelques jours, nous fêterons la passion, la mort et la résurrection de Jésus, le premier-né d’une multitude de frères qu’il fait entrer dans la vie de Dieu [4e dizaine.]

[5e dizaine avec intentions particulières].



La prière du chapelet à la Grotte de Lourdes

 

Nous tissons des récits

Editorial d'Eglise d'Autun N° 5 du 06 mars 2020BIBLE 2


Le tissage est affaire de fils entrecroisés, dans un ordre ayant en vue un bel assemblage final. Avez-vous déjà visité une usine de textile, avec ses métiers à tisser aujourd’hui ultra perfectionnés ? Quelle finesse et quelle précision ! Les bobines de fils se déroulent à toute allure ; sur la trame se forme peu à peu le tissu qui servira à la confection de vêtements, de couvertures, de nappes…

Dans un remarquable message écrit pour la prochaine journée mondiale des communications sociales, le pape explique que l’homme est capable de tisser des vêtements et aussi de tisser des récits. Il est « un être narrateur » qui se nourrit de récits dès sa tendre enfance. Et la bible s’offre à nous comme le récit des récits. Je me rappelle un prêtre de Bordeaux nous disant que les premiers chapitres de la bible étaient l’esquisse de notre propre histoire aujourd’hui. Il nous serait impossible d’élaborer de manière toujours ouverte le récit de la vie sans la mémoire amoureuse de récits qui nous ont été transmis.

Quels récits tissons-nous à partir de ce que nous voyons, entendons et comprenons ? Et quels sont les récits qui construisent, qui permettent de fortifier les bonnes racines, au contraire des récits qui détruisent ? Nous sentons combien ces questions sont actuelles.

La fête de saint Joseph, suivie quelques jours plus tard de celle de l’annonciation à Marie, sont une invitation à ne pas arrêter notre mémoire à des récits entièrement clos et figés, mais à l’ouvrir à l’action de l’Esprit-Saint qui fait toute chose nouvelle et ouvre toujours à de nouveaux récits pour la vie.

La mère de Jésus, nous dit saint Luc, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Elle est pour nous la mère qui tisse en elle dans l’Esprit-Saint l’humanité de Dieu. Elle est pour nous une merveilleuse éducatrice de l’écoute, de la contemplation et aussi de la narration. Je veux dire qu’elle a « raconté » par toute sa vie, en parole et en acte, le mystère de l’alliance rédemptrice entre Dieu et les hommes. Elle a apporté Jésus au monde.

+ Benoît RIVIERE

Carême : où est l’urgence ?

Editorial d'Eglise d'Autun N° 4 - 21 février 2020

« Aujourd’hui, n’endurcissez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur ! »

Cette antienne du temps du Carême ne doit pas rester seulement « liturgique ». L’illusion de nous croire nous-même les maîtres de tout, jusqu’à croire que nous sommes les auteurs de notre vie et de notre conversion à Dieu et à l’amour de nos frères, cette illusion est heureusement brisée quand nous refusons de suivre l’envoûtement du « Père du mensonge » et que nous commençons à entendre la voix du Seigneur, le véritable « époux de l’humanité »

Prire MainsLa prière devient alors l’urgence des urgences ; elle développe en nous et entre nous l’esprit d’ouverture à l’actualité du Mystère pascal, c’est-à-dire la foi dans le présent de l’amour rédempteur. Quand nous prions, nous sommes rendus ouverts à la réalité d’un Dieu qui parle au cœur de l’homme pour l’arracher à la mort, dans le mystère de la Croix du Fils unique. Notre cœur commence à devenir un cœur écoutant la voix de l’époux et non plus celle du menteur !

Quand nous prions et que nous nous dépossédons des inutiles et fausses richesses d’apparat, nous sommes rendus disponibles à la relation avec les autres, comme enfants du même Père, à commencer par les souffrants.

Il y a hélas tant de façons de nous dérober à la seule urgence qui vaille, celle de nous convertir ! Laissons dernière nous l’égoïsme et la tristesse ! Courrons chaque jour dans les bras de la miséricorde gratuite de Dieu, donnée et redonnée inlassablement !

+ Benoît RIVIERE

La Lumière des nations

Editorial d'Eglise d'Autun N° 3 - 7 février 2020PRESENTATION DE JESUS 02 02

Avec le 2 février, qui cette année tombait un dimanche, s’est achevé le cycle liturgique de Noël – Epiphanie. La fête de la Présentation du Seigneur est sûrement pour une large part insuffisamment connue et célébrée. L’expression populaire de « Chandeleur » indique qu’en ce jour, les croyants processionnent avec des cierges à la main.

Je me souviens qu’à Marseille, chaque année, à cette fête, une foule nombreuse de jeunes montent en procession avec des cierges, avant le lever du soleil, depuis le Vieux Port jusqu’à l’abbaye de Saint Victor. Quelle est la signification de ce geste ?

Nous trouvons dans une expression liturgique ancienne que cette fête est celle de « la Rencontre de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ, lorsque le juste Syméon le reçut dans ses bras ». Ce n’est pas la rencontre qui crée la lumière, mais c’est la venue humble et cachée de Jésus, Lui la lumière véritable éclairant dans notre propre chair tous ceux qui gisaient dans les ténèbres.

Le récit que Luc fait de cette Rencontre est lui-même marqué par l’expérience de la prière liturgique. Et l’hymne ancienne du « Nunc dimittis », que les premiers chrétiens ont appris comme ils ont appris le Magnificat, est celle que nous disons chaque soir avant de dormir : « Mes yeux ont vu le salut de Dieu ! » Quel paradoxe ! Parler de lumière des nations et de gloire du peuple de Dieu alors même qu’il s’agit d’un enfant de pauvres, et qu’il est rencontré par deux vieillards, Anne et Syméon. Le puissant empereur Auguste était désigné comme sauveur du monde et lumière des nations, et voilà que Syméon, poussé par l’Esprit-Saint, désigne Jésus comme salut de Dieu et lumière pour éclairer toutes les nations.

Le chemin de la foi, que nous voulons reprendre chaque jour, c’est de nous laisser éclairer, comme Joseph et Marie, par Lui seul, le Christ, qui apporte au monde le salut de Dieu.

+ Benoît RIVIERE