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Message de Carême du Conseil Permanent de la C.E.F.

CEF
"Grandir dans la vérité, grandir dans l'espérance''


Chers frères et sœurs baptisés, fidèles de l’Église catholique présente en France,

Réunis comme tous les mois, évêques membres du Conseil permanent, nous souhaitons vous adresser un message au début de ce temps de carême qui est un temps de conversion. Le jour du mercredi des Cendres, en nous marquant le célébrant nous a dit : « Convertis-toi et crois à l’Évangile. »

Nous sommes, ensemble, très affectés et troublés par les révélations faites au sujet des actes parfois criminels commis par ministres ordonnés ou des consacrés sur des mineurs ou même des adultes dans l’Église universelle et chez nous aussi. Ces comportements immoraux nous scandalisent et atteignent notre confiance dans l’Église, dans ceux et celles qui pourtant ont consacré leur vie à Dieu. Des personnes victimes, souvent membres de nos communautés, ont révélé ce qu’elles ont subi et leur profonde blessure qu’elle soit psychologique, spirituelle ou corporelle. Nous les remercions d’avoir osé parler. Grâce à leur témoignage, une profonde prise de conscience s’est réalisée. Une grande opération-vérité s’est ouverte. Dans notre foi, la parole du Christ « La vérité vous rendra libres » (Jn 8,32) est à l’œuvre. C’est douloureux car le mal est profond. Avec le Pape François, nous disons qu’il s’agit d’abus de pouvoir, de conscience et d’abus sexuels.

Nous savions que l’Église est sainte de la sainteté de Dieu, mais qu’en elle se trouvent aussi des hommes et des femmes pécheurs, appelés pourtant par Dieu à être cette communauté qui, dans le temps de l’histoire, porte l’espérance des hommes et rend témoignage à sa bonté. Il est à l’origine de toute vie et par son Fils Jésus Il nous sauve du mensonge de nos vies et nous libère du poids du péché, de celui de la violence faite aux autres. Nous avons confiance en Lui et en son Église.

La fête de l’appel des catéchumènes, ce premier dimanche de carême, nous a fait vivre la fécondité de l’Église. Elle a accompagné l’œuvre de l’Esprit dans le cœur d’hommes et de femmes qui ont reconnu sa présence et se sont tournés vers elle pour être accompagnés dans leur expérience nouvelle. Les communautés chrétiennes les ont accueillis et guidés. De nombreux prêtres, des diacres, des consacrés, des fidèles laïcs leur ont donné le meilleur d’eux-mêmes, c’est-à-dire la Parole de Dieu, le témoignage sur Jésus, la vie en communauté, le souci des petits et des pauvres et encore la manière de trouver Dieu dans la prière du cœur et dans l’assemblée chrétienne !

Le message de Pâques déjà nous éclaire : « Ne craignez pas, c’est moi. La Paix soit avec vous ! ». Nous ne sommes pas abandonnés, nous sommes purifiés. Nous sommes remis devant notre vocation de baptisés !

Poursuivons notre mission de porteurs d’espérance. Nous allons continuer notre effort de conversion dans les domaines où certains ont péché. Nous allons poursuivre notre écoute des personnes victimes et travailler avec elles. Nous aurons besoin de chacun pour être des acteurs de vérité, pour apporter ses compétences pour rendre notre Église plus sainte dans la vie de tous ses membres et dans sa manière de vivre.

Oui, chers Frères et Sœurs, le Seigneur nous aime. Il nous renouvelle dans notre mission de baptisés. Entendons son appel : « Vous donc vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5, 48).

Bon Carême, bonne montée vers Pâques à la suite du Christ-Sauveur.

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Mgr Michel AUPETIT, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre BATUT, Évêque de Blois
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise
Mgr Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun
Mgr Pascal WINTZER, Archevêque de Poitiers



Changer d'attitude

Editorial d'Eglise d'Autun N° 5 - 8 mars 2019


Nous pouvons comprendre ainsi le chemin de conversion qu’est le temps favorable du Carême : « Jeûner, dit le pape François, c’est-à-dire changer d’attitude à l’égard des autres et des créateurs. »

Une plongée dans un autre univers culturel nous apprend que la beauté du cœur humain est infiniment respectable, et qu’elle se montre dans des coutumes et des visages si différents des nôtres. Avec quelques amis de Saône-et-Loire, j’ai eu la joie de me laisser accueillir récemment par les diocésains de Fénérive-Est (Madagascar), et par leur évêque, Mgr Marcellin RANDRIAMAMONJY, en plein été… près de l’équateur ! C’est dire la chaleur… mais je veux surtout insister sur la chaleur des dialogues vécus ! Les catholiques de Fénérive-Est concluaient leur synode diocésain durant quelques jours de fête autour du 18 février, date anniversaire de la création du diocèse, il y a 18 ans, et date également du 18ème anniversaire de la consécration épiscopale du 1er évêque de ce diocèse, Mgr Désiré TSARAHAZANA, devenu cardinal archevêque de Tamatave.

chemin02De ce choc salutaire avec ce que j’appellerai l’expression singulière de la beauté du cœur humain dans la culture malgache, je retiendrais trois ondes qui peuvent accompagner un « chemin de conversion », ou un « jeûne » si l’on préfère :
- Quand tant de repères sécuritaires ne sont pas là, quand l’existence au quotidien est un véritable combat contre le fatalisme, quand tant de fléaux récurrents pourraient miner la confiance et la joie, la simple relation humaine, sans autre chose que la délicatesse de l’écoute, de la parole calme et de l’humble présence, devient le pain quotidien nécessaire et essentiel. J’ai été frappé par la capacité du peuple malgache à manifester cette humble et belle qualité relationnelle.
- La patience devant l’adversité et les désillusions, la patience quand les conditions techniques sont défaillantes, la patience à refaire chaque jour les humbles gestes nécessaires à la vie des siens, voilà encore une qualité rayonnante de ce peuple si attachant.
- Enfin, je parlerais brièvement de l’humour si répandu dans les relations dont nous avons été témoins durant 8 jours, cet humour entretenu qui permet de tenir bon et de garder le sourire. Il me semble que c’est par charité les uns envers les autres, pour être mutuellement encouragés à marcher sans découragement, que les malgaches entretiennent finalement le sens de l’humour. L’humour se fait l’expression d’une espérance qui ne chancellera pas.

Je reviens au Carême dans lequel nous venons d’entrer. Qu’il rayonne de la bonne odeur du Christ, le frère universel, l’aimé de Dieu en qui le monde est sauvé ! Que nous « sortions » plus joyeusement à la rencontre des autres, dans l’humble respect de leur beauté propre, et dans le don généreux de notre temps ! Que nous sachions recevoir dans le visage et la patience des plus humbles l’appel du Christ lui-même !

+ Benoît RIVIERE

Fait divers d'un jour

Editorial d'Eglise d'Autun N° 4 - 22 février 2019taxi parisien

C’était à Paris, un mardi, à la pause de midi du Conseil Permanent des évêques, et j’attrapais en vitesse un taxi pour me rendre à un déjeuner.

Mourad, le chauffeur, m’a poliment accueilli, et j’ai vite réalisé qu’il était en conversation téléphonique avec un autre musulman sur la question de la mort de Marie, Mère de Jésus.
Voyant mon col romain, il me demande :
- Mon père, comment Marie est-elle morte ?
Et à son interlocuteur téléphonique, avec humour :
- Tu vois ! Tu ne parviens pas à m’expliquer comment l’âme de Marie est montée au ciel avec son corps, comme Jésus, et voilà qu’un père arrive à point nommé pour en parler avec nous.

Le trajet n’était pas bien long (6,70 euros !) et nous voilà lancés dans un bel échange sur la réalité de l’assomption de la Sainte Vierge, et sur la part de souffrance en toute vie humaine.
En nous quittant, il me souhaite en arabe une bonne journée, et je lui réponds en lui souhaitant, dans sa langue, une bénédiction. Alors, il me dit : « c’est cela le plus important : voir tous les événements sous le regard de Dieu. Il nous bénit toujours quand nous cherchons sa volonté. »

Mon chauffeur d’un quart d’heure avait aussi parlé des trois femmes les plus saintes dans la tradition musulmane, c’est-à-dire la femme du pharaon, Sarah et Marie. Elles ont été bénies d’avoir été obéissantes à la volonté de Dieu. Elles nous entraînent par leur liberté à marcher nous aussi sur le chemin de la vie véritable.

Et il y a tant d’innombrables autres femmes semblables à ces trois-là. Ce même jour, j’ai croisé par exemple ces trois-là : cette mère de famille qui se nourrit régulièrement en semaine de l’Eucharistie, et qui ouvre généreusement avec son mari la table familiale ; et encore cette moniale rayonnante de paix et de vérité de retour d’une retraite de discernement ; et enfin cette responsable de communauté religieuse m’offrant son dernier livre dont la préface commence par ces mots : « il est des instants où l’on va de façon fulgurante au cœur de la foi. » Et le début du second paragraphe dit que « la foi s’éprouve dans la rencontre ».

Oh oui ! Mille fois oui !

+ Benoît RIVIERE

Venir

Editorial d'Eglise d'Autun N° 2 - 25 janvier 2019ecoute



Dans la prière chrétienne, nous disons notre confiance joyeuse et entière en « Dieu qui est, qui était et qui vient ». Venir est la caractéristique d’un désir d’entrer en alliance. Venir est le fait d’être en mouvement et d’être porté vers les autres. Dieu entre en communion avec nous. Il veut cette alliance avec nous. Jésus accomplit parfaitement cette alliance. En entrant dans le monde, il dit : « Tu m’as façonné un corps, alors j’ai dit « voici, je viens, pour faire, ô Dieu, ta volonté. » (Hébreux 10, 9).

Le psaume 94 commence par cette invitation : « venez, crions de joie pour le Seigneur ! » Il continue en nous pressant d’écouter la voix du Seigneur, faute de quoi nous serions maintenus hors de la paix de Dieu. Où donc venir ? Et où trouver ce lieu de l’écoute joyeuse du Seigneur ? L’assemblée liturgique et le frère ou la sœur vers qui nous porte la charité concrète chaque jour, constituent ce lieu. Là nous apprenons à tourner notre cœur vers Celui qui vient.

Notre vie est une grande aspiration au bonheur

Le père Denis HUERRE, ancien père abbé de l’abbaye de la Pierre qui Vire, disait que notre vie était au fond une grande aspiration au bonheur. Nous venons au monde pour chercher Dieu qui est bonheur infini, Dieu qui vient remplir de sa douce présence la vie de chacun et de tous.

Particulièrement aidés par l’évangile Saint Luc cette année (nous lisons l’évangile selon St Luc tous les dimanches du temps ordinaire de cette année C), laissons-nous toucher vraiment par Jésus, jusque dans notre intelligence, notre mémoire et notre volonté. Il supprime les murs de séparation et il vient, brisant les portes de la mort et brisant les cercles fermés de nos citadelles intérieures.

Une attente au plus secret du cœur humain

Au plus secret du cœur humain palpite une attente d’être appelé pour vivre dans la vérité et l’amour, une attente d’être en alliance toujours avec Dieu et les autres, une attente d’entrer chaque jour davantage dans la grâce de la vie fraternelle. Et quand nous nous prêtons à la prière, quand nous venons joyeusement dans l’assemblée eucharistique, quand nous considérons le faible et le pauvre, alors nous éprouvons la réalité de la présence de Dieu qui vient lui-même nous sauver. Qu’Il nous réconforte par le don de l’Esprit-Saint consolateur et donateur de la vie !


+ Benoît RIVIERE

L'amour espère

Editorial d'Eglise d'Autun N° 3 - 8 février 2019


plante rocherEtait-ce que le printemps va venir ? Ou bien un simple penchant indéracinable à voir ce qui germe plutôt que ce qui pourrit ? En tout cas, ces jours-ci, je suis surpris chaque jour par des signes humbles et beaux de résurrection. C’est la belle intelligence d’un chercheur universitaire dialoguant et priant avec ses collaborateurs ! C’est un enfant qui rend service spontanément ! C’est une moniale donnée entièrement à la vie contemplative et à la joie fraternelle ! Ce sont des grands adolescents questionnant un intervenant pour se confronter avec la réalité ! C’est une ancienne qui dit chaque jour son chapelet pour d’autres, et qui croit en la puissance de la prière ! C’est un témoin parlant avec bonheur de la disponibilité de Marie et qui nous pose cette simple question : à qui voulons-nous vraiment plaire ? A Dieu ? C’est un frère heureux de montrer le meilleur de son cœur !

Etre surpris par ce qui est beau, peut paraître surprenant en ces temps moroses. Surprenant ? Oui, au sens de ce qui saisit pour élever, pour faire voir les êtres dans ce qu’ils portent de promesse. Je vous le demande : du meilleur de lui-même, chacun n’inspire-t-il pas à aimer, à trouver ou à retrouver une existence en relation ouverte et bonne avec le prochain ?

Je pense à la parole de l’apôtre Paul disant que l’amour espère tout. Quelle audace, et quelle vérité ! Ecoutez calmement, regardez paisiblement, pesez avec le cœur… et vous entendrez, vous verrez, vous gouterez, des réalités que l’Esprit-Saint met au jour. Vous entendrez que le cœur d’un jeune comme celui d’un vieillard ou d’un enfant espère toujours qu’il peut recevoir et donner de l’amour dans la relation au prochain. Vous verrez des couleurs là où vous pensiez un moment qu’il n’y avait plus que du gris. Vous pèserez le poids de grâce de chaque personne humaine…

Certains diront peut-être : « vous rêvez ! vous n’y êtes pas du tout ! » Parce que la croix fait briller sur le monde la lumière de l’amour qui espère, alors, non, je ne rêve pas, je suis ancré plutôt au cœur du monde. Car, sans émerveillement, l’homme, disait Jean-Paul II, devient incapable d’une existence vraiment personnelle. Et qu’est-ce qu’une existence vraiment personnelle sinon celle qui accorde confiance aux autres, qui se fie entièrement à Dieu… dans une ouverture continuelle.

+ Benoît RIVIERE

Consentir à la vie

Editorial d'Eglise d'Autun N° 1 - 11 janvier 2019


joie
Nous avons tellement tendance à résister spontanément à ce qui nous est imposé (comme si notre liberté s’en trouvait blessée !), que nous oublions que les choses les plus essentielles sont justement celles que nous n’avons aucunement choisies ! A commencer par ce que nous sommes. « Être », plutôt que « n’être pas », ce n’est tout de même pas rien ! C’est bon et c’est beau ! La vie n’a pas été proposée à notre choix ; nous y avons été plongés sans préalable et sans discussion ! Nous nous sommes retrouvés vivants un beau matin… sans l’avoir décidé ! Personne n’a décidé de naître, ni décidé des conditions de son propre surgissement dans l’existence.


La joie, ou l’absence de joie, vient justement du fait que nous consentons ou non à la vie comme un don reçu, et un don gracieux, heureux. Je ne parle pas seulement de la vie des autres, mais déjà de notre propre vie :
Consentons-nous à recevoir de Dieu ce que nous sommes ?
Consentons-nous à bénir Dieu de nous avoir fait naître de presque rien, que dis-je, de nous avoir tirés du néant à l’être ?
Y compris dans les âpretés de l’existence, goûtons-nous la joie d’être, et d’être quelque part où nous n’avons pas choisi ?

J’ai lu en ce début d’année un petit livre qui explique bien ces choses , et je rentre d’un pèlerinage d’un jour auprès de Sainte Bernadette à Nevers, elle qui ne voulait pas passer un seul instant de sa vie sans aimer. De ce livre et de ce pèlerinage, je respire un parfum que je voudrais vous faire aussi sentir, en guise de vœux. C’est un parfum de joie, comme la joie d’un enfant qui sourit à la vie, comme celle qui est avant même l’effort, avant même les projets, la joie du oui à la vie et à la vie de chacun, sans exception. C’est un parfum qui se respire dans la relation avec le Père de nous tous, et devant le visage d’un tout petit comme devant le visage d’un ancien, parfum d’une joie qui n’a d’autre raison que le fait même de vivre en relation, et d’exister sans l’avoir aucunement, grâce à Dieu, décidé !

Alors, oui, avec vous, lecteurs d’Eglise d’Autun, je bénis Dieu de nous avoir appelés à la vie… et de venir sans cesse nous donner la joie !
Belle et sainte année 2019 !

+ Benoît RIVIERE

Plus que jamais, fêter Noël !

Editorial d'Eglise d'Autun N° 21 - 21 décembre 2018CRECHE4


Voici qu’à l’aurore calme du matin de Noël, un tout petit enfant se fait entendre. Blotti contre sa tendre maman, couvé du regard par son papa charpentier, ce nourrisson, né il y a plus de 20 siècles, nous étonnera toujours. C’est le Sauveur de l’univers, le Seigneur du ciel et de la terre. « Voici que le Seigneur se fait entendre jusqu’aux extrémités de la terre » (Is 62, 11-12). C’est Jésus, c’est notre Dieu qui vient. Joie pour les cœurs : Espérance pour tout homme et toute femme du monde entier !

Il pourrait cependant sembler étonnant, voire incongru ou décalé, de rappeler aujourd’hui cette histoire. Dans notre pays, une France en mal d’écoute, de dialogue, de vision d’un bien commun qui s’effriterait pour les uns, tarderait à venir pour les autres, dans notre société où les échanges se cherchent jusqu’au bord des routes, où violence et colère revêtent de multiples formes, la venue de Dieu en notre monde est plus que jamais d’actualité. Là où les hommes peinent à vivre, à survivre parfois, là où des populations se sentent exclues, oubliées, c’est bien ici que le Christ s’invite et pousse les portes.

Les évêques du Conseil Permanent ont tout récemment publié un texte proposant aux catholiques de vivre leurs paroisses comme des lieux propices aux échanges, à la réflexion sereine et aux débats en vue du bien commun recherché par tous. Nous rappelions, relisant la grande Constitution du Concile sur l’Eglise Lumen Gentium que la « famille de Dieu » est une « fraternité qui a une âme ». La fraternité est le troisième des mots de notre devise républicaine. Son sens chrétien est donné à Noël par la venue de Jésus dans une histoire humaine qui se poursuit jour après jour. A Noël, il triomphe de la vie et ose toute tendresse. A Pâques, il triomphera de la mort et du mal.

Que cette espérance de Noël porte chacune et chacune de vous !

Que ces souhaits de dialogue et d’écoute aident chacun à mieux vivre avec ses proches et les personnes vers qui il est envoyé !

Bon et saint Noël !

+ Benoît RIVIERE
Evêque d’Autun

Vienne la rosée sur la terre !

Editorial d'Eglise d'Autun N° 20 - 07 décembre 2018
ROSEE

Nous approchons de Noël, et l’Eglise nous fait entrer dans le désir profond de voir germer de la terre ce que Dieu veut nous donner. Noël n’est pas une commémoration de plus dans les calendriers religieux ou profanes des anniversaires. Mais nous y attendons que Dieu lui-même, dans la liberté du « oui » d’une femme juive, fasse connaître son avenir et le nôtre intimement liés. Nous y attendons que le monde renaisse transformé en droiture, en justice et en vérité, dans la naissance de Jésus.

J’ai pensé ces jours-ci que trois « perles » de cette rosée nécessaire à la vie pourraient s’appeler, l’une « silence », l’autre « joie » et la troisième « confiance ».

Tant de bruits, tant de mots jetés en pâture sans amour, tant de murmures plus ou moins honnêtes… et voici que du profond silence de Dieu, le Verbe fait chair est donné à contempler par des humbles bergers.

Tant d’aspirations au bonheur déçues, tant de promesses éteintes, tant de tristesses installées… et voici qu’un chant de joie est entendu par des gens aux marges, un chant imprévisible, « source » de toutes les plus belles musiques de la terre.

Tant d’amitiés et d’amour bafoués, tant de méfiances alimentées, tant d’abandons, tant de solitudes… et voici qu’avec cette femme bénie entre toutes les femmes, avec son époux, une lumineuse et bienfaisante confiance devient plus resplendissante que jamais dans les tâtonnements du monde. Voici que la foi enfante celui qui doit venir. « Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, dit Jésus, une sœur, une mère. »

Bon accomplissement de l’Avent !
Joie de la Nativité !

+ Benoît RIVIERE

Chaque jour suffit.... à peine !

Editorial d'Eglise d'Autun N° 19 - 16 novembre 2018


eveques assemblee pleniere nov 2018

Les choses à traiter et les personnes à rencontrer au cours de la dernière assemblée plénière des évêques à Lourdes étaient bien prenantes et passionnantes ! Un évêque, après un temps de lectio divina, le matin, en petit groupe, nous a montré cette parole écrite d’une personne de l’Arche, pleine de bon sens et d’humour : « chaque jour suffit… à peine ! »


Comme c’est de coutume depuis quelques années, je pourrai donner à ceux qui le voudront un « bilan » de cette assemblée, lors d’une rencontre d’échanges, qui sera cette année ouverte à tous. Elle se tiendra le vendredi 23 novembre, de 15h à 17h, dans la grande salle paroissiale de Notre-Dame à Montceau-les-Mines.

Pour aujourd’hui, je souhaite seulement me réjouir du message que nous a communiqué un autre frère évêque, Mgr Paul DESFARGES, franco-algérien, et archevêque d’Alger. Il ne parle pas fort ; il écoute, et quand il lui est donné de parler, il le fait avec une belle et simple clarté, empreinte à la fois d’humilité et de netteté. Il nous a dit que le choix du lieu de la béatification des 19 martyrs d’Algérie s’était fait en accord avec le gouvernement algérien. Ce dernier aurait volontiers mis à disposition un vaste endroit en plein air pour ce faire, mais il a été préféré une église de taille modeste, celle de Santa Cruz à Oran. C’est là que sera prononcée la béatification, le 8 décembre prochain.

Ces martyrs ne doivent pas être admirés seuls. Ils ont scellé une fraternité dans le sang versé par amour, avec tant d’autres, dont 114 imans morts au cours de la période tragique des années 1995 pour avoir refusé de cautionner la violence. Et nous pensons à Mohamed, l’ami de Monseigneur Pierre CLAVERIE, qui est mort en même temps que lui, et qui avait écrit dans un carnet que pour aider un homme comme Monseigneur CLAVERIE, cela valait bien la peine de risquer sa propre vie. Ce frère algérien, Mohamed, figurera sur l’icône de la béatification.

Nous-mêmes dans le diocèse, nous aurons à cœur de rendre grâce pour l’amour héroïque de ces témoins humbles du Christ en terre algérienne, et j’invite ceux qui le pourront à participer à la messe le 8 décembre dans leur paroisse.

Ce sera aussi pour nous le jour où seront admis trois futurs diacres permanents, à 18h30, dans l’Eucharistie à Notre-Dame à Montceau-les-Mines. Quelle heureuse coïncidence ! Et quel appel pour notre diocèse tout entier à servir dans un plus grand amour !

+ Benoît RIVIERE

Centenaire de l'armistice du 11 novembre 1918

armistice
Editorial d'Eglise d'Autun N° 18 - 2 novembre 2018



Le 11 novembre 1918, à 5h15 du matin, les combats cessent entre les puissances en guerre dans l’Europe et l’Empire Ottoman. A 11h, le cessez-le-feu est effectif. Les cloches sonnent partout, dans les villes et les villages, avec les clairons. Immense vague de soulagement. Enfin le bruit des canons s’arrête… durablement. Enfin la paix ! Le traité de Versailles est signé le 28 juin 1919 qui met fin réellement à l’état de guerre.

Cet effroyable conflit aura tué 18 millions de personnes, dont presque la moitié sont des civils. En 1914, qui aurait imaginé une guerre si longue et si sanglante ? On pensait qu’elle ne durerait qu’un temps bref… et que les choses allaient rentrer dans l’ordre après une rapide victoire militaire dont personne ne doutait en France.

Nous voulons garder mémoire du jour de cette armistice, et mémoire de toutes les victimes, provenant des nombreux pays alliés à l’une des deux « alliances » qui se faisaient la guerre. Et pour commémorer le centenaire de cette armistice avec toute la France et l’ensemble des pays jadis impliqués dans cette guerre affreusement sanglante, je prie les curés de bien vouloir faire sonner les cloches des églises paroissiales et des oratoires ; et je prie les monastères de faire aussi ce geste, qui nous rappelle que la communauté de destin entre les hommes exige la paix et la justice pour tous.

Concrètement, les sonneries de cloches se feront le dimanche 11 novembre à 11h, si possible durant 11 minutes. Il est évident que cette sonnerie pourra être avancée ou reculée un peu pour des raisons pratiques.

Nous demanderons la grâce de la réconciliation et de la charité, partout où des conflits graves divisent et opposent violemment des groupes, des pays, des familles, ou des individus entre eux. Nous voulons être des serviteurs de la paix qui est un don de Dieu. Elle se reçoit toujours dans l’exercice libre et éclairé de notre volonté et de nos forces.

+ Benoît RIVIERE