Fait divers d'un jour

Editorial d'Eglise d'Autun N° 4 - 22 février 2019taxi parisien

C’était à Paris, un mardi, à la pause de midi du Conseil Permanent des évêques, et j’attrapais en vitesse un taxi pour me rendre à un déjeuner.

Mourad, le chauffeur, m’a poliment accueilli, et j’ai vite réalisé qu’il était en conversation téléphonique avec un autre musulman sur la question de la mort de Marie, Mère de Jésus.
Voyant mon col romain, il me demande :
- Mon père, comment Marie est-elle morte ?
Et à son interlocuteur téléphonique, avec humour :
- Tu vois ! Tu ne parviens pas à m’expliquer comment l’âme de Marie est montée au ciel avec son corps, comme Jésus, et voilà qu’un père arrive à point nommé pour en parler avec nous.

Le trajet n’était pas bien long (6,70 euros !) et nous voilà lancés dans un bel échange sur la réalité de l’assomption de la Sainte Vierge, et sur la part de souffrance en toute vie humaine.
En nous quittant, il me souhaite en arabe une bonne journée, et je lui réponds en lui souhaitant, dans sa langue, une bénédiction. Alors, il me dit : « c’est cela le plus important : voir tous les événements sous le regard de Dieu. Il nous bénit toujours quand nous cherchons sa volonté. »

Mon chauffeur d’un quart d’heure avait aussi parlé des trois femmes les plus saintes dans la tradition musulmane, c’est-à-dire la femme du pharaon, Sarah et Marie. Elles ont été bénies d’avoir été obéissantes à la volonté de Dieu. Elles nous entraînent par leur liberté à marcher nous aussi sur le chemin de la vie véritable.

Et il y a tant d’innombrables autres femmes semblables à ces trois-là. Ce même jour, j’ai croisé par exemple ces trois-là : cette mère de famille qui se nourrit régulièrement en semaine de l’Eucharistie, et qui ouvre généreusement avec son mari la table familiale ; et encore cette moniale rayonnante de paix et de vérité de retour d’une retraite de discernement ; et enfin cette responsable de communauté religieuse m’offrant son dernier livre dont la préface commence par ces mots : « il est des instants où l’on va de façon fulgurante au cœur de la foi. » Et le début du second paragraphe dit que « la foi s’éprouve dans la rencontre ».

Oh oui ! Mille fois oui !

+ Benoît RIVIERE