Dîner dans le Morvan, un soir d'hiver

Editorial d’Eglise d’Autun N° 21- 22 décembre 2017


C’était il y a juste quelques jours, et il faisait froid. On ne voyait pas grand monde le long de la route et au bord des maisons… à vrai dire, on ne voyait personne ! Et puis, à 19h, la nuit était déjà bien installée, un brouillard humide et glaçant vous piquetait le visage, deux sapins éclairés sur le bord de l’église de Lucenay-l’Evêque vous ouvraient le chemin menant à la salle paroissiale.COUVERTS

Celle-ci était franchement transformée grâce à une décoration joyeuse et à une grande table soigneusement dressée. Les invités se trouvaient réunis. Ils étaient environ soixante. Ils venaient des villages alentours et chacun avait été invité personnellement par le père Michel en reconnaissance des services rendus à l’Eglise en ce lieu. A l’approche de Noël, la paroisse de Notre Dame du Morvan voulait simplement réchauffer les cœurs de ceux et celles qui sont autant de « petites mains » pour la marche de la paroisse.

Après le vin chaud fort apprécié, nous étions conviés à tirer au sort notre place à table ; cela donnait toute sa chance à la providence. Nous étions donc placés entre deux autres personnes que nous n’avions pas choisies. Régal et surprise de la rencontre fraternelle ! Entrer en dialogue devenait simple, surtout après le chant des vêpres soigneusement et entièrement célébrées autour de la table. Quel bonheur de prier et chanter ainsi ! Les mets avaient été apportés par les uns et les autres, et notre frère prêtre Michel avait lui aussi fortement contribué à la qualité des plats en amenant du riz cantonais et un excellent ragoût de gibier offert par un paroissien voisin, tout cela préparé par ses soins. Le charisme de notre père Michel en la matière servait la joie du corps entier. Nous avons fini la soirée en chantant à nouveau, et en nous saluant joyeusement. C’était simple ! C’était authentiquement et sincèrement une belle soirée de frères et sœurs d’une paroisse ordinaire. J’ai goûté la ferveur et la joie de me trouver avec des frères unis autour d’une table. Je repense aux nombreux repas d’évangile, où Jésus a goûté ces joies-là ! Je repense à l’action de grâce que disent les frères de Taizé à l’issue de chaque repas : « En tout la paix du cœur ! La joie, la simplicité, la miséricorde ! »

+ Benoît RIVIERE