Consentir à la vie

Editorial d'Eglise d'Autun N° 1 - 11 janvier 2019


joie
Nous avons tellement tendance à résister spontanément à ce qui nous est imposé (comme si notre liberté s’en trouvait blessée !), que nous oublions que les choses les plus essentielles sont justement celles que nous n’avons aucunement choisies ! A commencer par ce que nous sommes. « Être », plutôt que « n’être pas », ce n’est tout de même pas rien ! C’est bon et c’est beau ! La vie n’a pas été proposée à notre choix ; nous y avons été plongés sans préalable et sans discussion ! Nous nous sommes retrouvés vivants un beau matin… sans l’avoir décidé ! Personne n’a décidé de naître, ni décidé des conditions de son propre surgissement dans l’existence.


La joie, ou l’absence de joie, vient justement du fait que nous consentons ou non à la vie comme un don reçu, et un don gracieux, heureux. Je ne parle pas seulement de la vie des autres, mais déjà de notre propre vie :
Consentons-nous à recevoir de Dieu ce que nous sommes ?
Consentons-nous à bénir Dieu de nous avoir fait naître de presque rien, que dis-je, de nous avoir tirés du néant à l’être ?
Y compris dans les âpretés de l’existence, goûtons-nous la joie d’être, et d’être quelque part où nous n’avons pas choisi ?

J’ai lu en ce début d’année un petit livre qui explique bien ces choses , et je rentre d’un pèlerinage d’un jour auprès de Sainte Bernadette à Nevers, elle qui ne voulait pas passer un seul instant de sa vie sans aimer. De ce livre et de ce pèlerinage, je respire un parfum que je voudrais vous faire aussi sentir, en guise de vœux. C’est un parfum de joie, comme la joie d’un enfant qui sourit à la vie, comme celle qui est avant même l’effort, avant même les projets, la joie du oui à la vie et à la vie de chacun, sans exception. C’est un parfum qui se respire dans la relation avec le Père de nous tous, et devant le visage d’un tout petit comme devant le visage d’un ancien, parfum d’une joie qui n’a d’autre raison que le fait même de vivre en relation, et d’exister sans l’avoir aucunement, grâce à Dieu, décidé !

Alors, oui, avec vous, lecteurs d’Eglise d’Autun, je bénis Dieu de nous avoir appelés à la vie… et de venir sans cesse nous donner la joie !
Belle et sainte année 2019 !

+ Benoît RIVIERE