Au sujet de la "crémation"

Editorial d’Eglise d’Autun N°18 - 3 novembre 2017

CIMETIERE

Au sujet de la pratique de la crémation, qui s’étend actuellement dans nos sociétés occidentales, plusieurs questions se posent. L’Eglise encourage-t-elle ou non ce geste pour les fidèles ? De quelle manière accompagne-t-elle les familles en deuil qui se rendent dans un crematorium ?

Il est bien connu que la forme d’ensevelissement des défunts par mise en terre dans un tombeau, correspond davantage à la symbolique évangélique du grain de blé tombé en terre ; et la liturgie des funérailles chrétiennes n’encourage donc pas le geste de la crémation.

Il serait éclairant de connaître les motivations qui prévalent au choix de ceux qui demandent à être incinérés après leur mort. Elles sont diverses, depuis le désir de « disparaître » complètement et en un bref instant, jusqu’à celui de ne pas imposer à la famille un « passage » à l’église et au cimetière. Je signale seulement que le geste de la crémation n’est pas en lui-même, en tous cas en France, un geste « liturgique » ou « religieux », mais un acte d’ordre pratique, ce qui n’empêche pas, au contraire, que l’Eglise puisse se tenir auprès de ceux qui accompagnent leur défunt au funérarium.

Sans faire l’analyse développée des motivations des personnes en la matière, je voulais simplement proposer une recommandation, à l’adresse de ceux qui ont fait par avance le choix d’être incinéré. Parlez-en avec votre entourage familial. Ne les laissez pas découvrir votre volonté après votre mort. Ne laissez pas votre famille se voir imposer après votre décès votre choix particulier. Il est important que ces choses-là puissent venir à la parole avant. Ne pensez pas obligatoirement que vous « simplifierez » la vie des vôtres en abandonnant votre corps aux professionnels du crématorium, alors qu’il s’agit d’abord de permettre aux vôtres de remplir leur devoir de conduire eux-mêmes votre corps en sa dernière demeure.

Cette recommandation participe de cette conviction que notre mort concerne aussi les autres, qu’elle n’est pas seulement une affaire « individuelle », et touche au caractère social de notre vie. La mort, les rites qui l’entourent (plus ou moins, et souvent actuellement moins que plus !) sont de nature sociale et communautaire.


+ Benoît RIVIERE