Le curé
d’Ars
nous est donné en exemple d’idéal sacerdotal. Pourquoi ? Je
vois en lui un
prêtre accessible, un prêtre passionné pour la paroisse qui lui a été
confiée,
un prêtre qui n’est que prêtre.
Oh, si nous
pouvions nous entraîner ensemble dans l’Eglise à aimer les
prêtres ! Si
nous pouvions les aimer au point qu’ils ne cherchent pas ailleurs que
dans leur
sacerdoce la raison d’être de leur présence au monde ! Si nous
désirions
ces prêtres vivants, vraiment humains et simples, pour nous communiquer
le goût
unique et merveilleux de la relation avec Dieu, alors nous les verrions
naître
et persévérer… Nous verrions des jeunes d’aujourd’hui oser se lever et
répondre
à ce désir intérieur, le désir de faire de leur vie une grande chose
pour les
autres, par amour pour Dieu.
Si
le curé d’Ars
est donné en modèle de prêtre à toute l’Eglise et à la face du monde,
c’est
précisément pour des raisons qui ne tiennent pas à ses diplômes, ni au
fait
qu’il ait été plébiscité tout de suite par l’ensemble d’une population.
Mais le
curé d’Ars aimait Dieu par-dessus tout, et il aimait donner, si j’ose
dire,
Dieu au monde. Il aimait tellement le bon Dieu, comme il disait, qu’il
en était
devenu profondément humble et serviteur de tous. Peu d’êtres ont été
autant
livrés sans mesure aux autres, parce que le vrai besoin intime de tout
homme,
c’est d’être réconcilié avec Dieu, et d’être ainsi rendu à la vie bonne
et constructive
avec les autres dans le quotidien des jours.
Voilà
Jésus qui
est annoncé, voilà le sacerdoce qui est reçu, aimé, espéré, attendu par
les
petits et par les pauvres ! Par un homme ayant reçu de Dieu
dans l’Eglise
son ministère, agissant dans l’Eglise au nom du Christ, la conscience
de chacun
est libérée de ce qui l’entrave dans sa réponse confiante à l’amour de
Dieu : « Tu es créé et envoyé dans le monde pour y
découvrir Dieu en
son Fils unique Jésus Christ dans l’Esprit Saint répandu sur toute
chair. Tu es
né pour ce bonheur du ciel avec toute l’humanité ! Tu as faim
et soif de
ce qui vient du cœur de Dieu bon et ami des hommes et qui rassasie le
désir
infini de vivre et d’aimer ! » Voilà ce que le
prêtre, les prêtres
ensembles avec l’évêque, complètement solidaires de l’humanité,
expriment par
leur vie et par leur ministère.